Un peu de Québec chez les Bleus
Le Savoyard Alex Baudin, sélectionné pour ses premiers Mondiaux, a des attaches depuis de très longues années au Québec, où il est notamment venu travailler deux hivers avec ses oncles installés dans la région.
«J’aime l’atmosphère, il y a la nature très rapidement,
ce n’est pas les Bauges, mais on peut marcher,
skier, aller au bord du fleuve»
22 Sep 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
MONTRÉAL (CAN) – Passer trois heures assis dans un car à côté d’Alex Baudin, c’est l’assurance de baliser son périple à venir et être sûr de ne rien louper. C’est devoir noter, dans un petit carnet, toutes les choses à faire dans la région de Québec, les cafés sympas, les restaurants qui valent le détour, la cabane à sucre à visiter pour goûter le sirop d’érable, Tadoussac et ses baleines, les parcs où la grande nature est reine…
Le guide est français, originaire de Savoie, amoureux de son massif des Bauges, mais aussi véritable connaisseur du Québec. Une caution locale sur un autre continent. « En fait, j’ai deux oncles qui se sont installés il y a quinze ans à Québec et dans la région de Québec, raconte-t-il. J’étais aussi venu deux fois petit, en 2010 et 2012, j’avais visité avec mes parents une grande partie de la région. »
Le coureur d’EF Education-EasyPost, 25 ans, sélectionné par Thomas Voeckler pour la deuxième fois de sa carrière après les Championnats d’Europe l’an der-nier, est surtout revenu au Québec, il y a quatre ans, pour une plus longue aventure. « En 2022 puis en 2023, je suis venu faire ma coupure après la saison de vélo. J’ai travaillé avec mes oncles, ils ont une entreprise dans le bâtiment et je tenais à passer du temps avec eux » , retrace Baudin. Une destination comme une évidence.
« C’était la période où je sortais de l’amateurisme, je n’avais pas forcément beaucoup d’argent, donc le seul moyen de me faire des vacances pas trop chères, c’était d’aller dans la famille, ne pas avoir de logement à payer, donc je me suis dit que Québec, ça valait le coup » , sourit Baudin, qui y a découvert la dureté de l’hiver et les contraintes locales.
« Bosser en extérieur, en novembre, ce n’était pas très drôle, mais ça m’a fait découvrir le vrai travail et j’ai adoré passer du temps avec eux. C’était une sacrée expérience. Il fallait se réveiller à 5 heures pour partir et ne pas être dans le trafic à Québec. On a fait différents types de chantiers » , se souvient le natif d’Albertville. Il ne se fait pas prier pour décrire son occupation sur le terrain, en souriant: « La première année, on a fait un parquet en bois d’érable massif dans une grande pièce, c’était impressionnant. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais en gros, ce n’était pas du stratifié, il fallait être très méticuleux en le posant. Le bois d’érable, il ne faut pas faire de la merde avec. J’ai appris à faire ça et j’ai adoré. L’année d’après, on avait refait toute une terrasse et sa structure. »
Après avoir travaillé en 2022 et 2023, Baudin est venu disputer à partir de 2024 les Grands Prix de Québec et de Montréal début septembre. Il en profitait pour voir la famille et visiter, se baladant notamment sur la rive sud à Québec en prenant le ferry.
« Je me sens vraiment à la maison quand je viens ici. J’ai même de la famille qui vient sur le bord de la route alors que je suis sur un autre continent, très loin de la France! C’est quand même rare » , constate celui qui a terminé 14e du Grand Prix de Québec le 11 septembre puis 11e de celui de Montréal deux jours plus tard.
Le soir même, il investissait un chalet avec Nicolas Prodhomme et Paul Seixas, à une heure de Montréal, pour préparer les Championnats du monde avec l’équipe de France. « Il y a encore une grosse influence française à Québec, peut-être un peu moins à Montréal, où c’est plus “américain”, dit-il à propos de la région. Le mix des deux est intéressant. On s’y sent bien. J’aime l’atmosphère, il y a la nature très rapidement, ce n’est pas les Bauges, mais on peut marcher, skier, aller au bord du fleuve. » Son intégration dans le collectif français s’est déroulée facilement. « Je crois qu’on est quatre à avoir couru ensemble au Chambéry Cyclisme Formation, c’est quand même énorme et assez marrant (Baudin, Valentin Paret-Peintre, Nicolas Prodhomme, Jordan Labrosse), remarque le Français. On sait qu’il n’y aura aucun problème de cohésion, on sait courir ensemble. Le maillot arc-en-ciel, c’est le plus attirant du cyclisme. On sait qu’on peut aller chercher de grandes choses avec cette équipe et un leader comme Paul. Rien que d’y penser, ça me fout les frissons. »
Une émotion non feinte et déjà une impatience d’être à dimanche, jour de la course en ligne avec le reste des Bleus.
« C’est une grande fierté, faire un Mondial pour mon pays était un objectif au fond de moi, glisse Baudin. C’est un honneur. J’avais été sélectionné pour les Championnats d’Europe, j’étais très content, et là, c’est une étape de plus. Je m’étais mis en tête cette course des Mondiaux à Montréal. J’espérais être sélectionné et aider l’équipe. J’aurai de la famille sur le bord de la route, c’est quelque part disputer un Mondial à domicile. »
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Les Français veulent l’or
22 Sep 2026 - L'Équipe
A. Ro., à Montréal.
Médaillé d’argent en 2023 et en 2025, le relais mixte français visera la marche au-dessus aujourd’hui à Montréal, sur une boucle de 20,3 km à parcourir deux fois, une première par le trio masculin – Bruno Armirail, Jordan Labrosse et Rémi Cavagna pour les Bleus –, une autre par celui féminin – Juliette Berthet, Cédrine Kerbaol, Marion Borras. « On veut gagner, on a une très belle équipe, on va tout faire pour » , annonce Bruno Armirail. Le relais australien, double champion du monde en titre, ainsi que ceux de l’Italie et de la Suisse seront parmi les principaux rivaux des Français, qui voudront confirmer la jolie dynamique enclenchée par le bronze de Paul Seixas sur le contrela-montre individuel dimanche.
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