Evenepoel prêt pour la revanche
CHAMPIONNATS D’EUROPE
Une semaine après son rendez-vous manqué des Mondiaux (12e à Montréal), le Belge s’avance à nouveau comme le grand favori de la course en ligne des Championnats d’Europe.
«Je suis encore motivé, ça c’est sûr.
C’est un des objectifs de l’année»
- REMCO EVENEPOEL
4 Oct 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS
LJUBLJANA - Tout juste arrivé à son hôtel, vendredi soir, après avoir décalé de quelques heures son vol pour absorber au mieux le décalage horaire avec le Canada, dont il est revenu mardi matin, Remco Evenepoel avouait n’avoir pas encore étudié la startlist des Championnats d’Europe. Le Belge pointait toutefois la « grande forme » de l’Italien Giulio Ciccone (9e des Mondiaux), confiait sa méfiance éternelle envers le Danois Mads Pedersen (6e), qui « peut toujours surprendre », et mentionnait le collectif de l’équipe de France, curieux de voir par quelle « folle stratégie » celle-ci viendra pimenter la course slovène.
Il a constaté aussi « un bon Roglic à Montréal », et s’attend à le voir « très motivé devant son public », donc redoutable, en l’absence de l’icône slovène Tadej Pogacar. Forfait pour ces Championnats qui lui étaient dédiés, avec la traversée de son village, Komenda, sur la partie en ligne préalable à l’entrée sur le circuit, le quintuple vainqueur du Tour laisse vacant son titre européen et donc la pression du favori sur les épaules d’Evenepoel, en position de signer un exploit inédit.
En cas de succès cet après-midi, le Belge deviendra le premier coureur à remporter chacun des six grands titres que comptent les grands Championnats, à savoir l’épreuve en ligne et le contre-la-montre des Mondiaux, des Championnats d’Europe et des Jeux Olympiques. Une donnée historique qui le « motive », mais reléguée au second plan derrière cette sourde rage qui doit l’animer après son rendez-vous manqué des Mondiaux.
« De toute façon, il est revanchard à chaque course, se marre Thomas Voeckler, le sélectionneur des Bleus. Il va l’être, il a fini loin au Canada et il va vouloir finir loin devant, mettre une volée à tout le monde pour démontrer que c’était un accident. Il faut faire très attention à lui car il peut filer à tout moment, surtout quand on ne l’attend pas. Et une fois qu’il a pris dix mètres, même sur un Kévin Vauquelin qui roule admirablement bien, c’est le type de circuit où vous ne le revoyez plus. Il est capable de faire du Remco, de partir de loin, de faire 40 bornes tout seul. »
L’intéressé, lui, refuse de parler de revanche : « Non, mais j’étais quand même déçu de ne pas avoir été présent sur la course, de ne pas avoir été en bonne forme. C’est quelque chose qui a joué dans la tête ces derniers jours. »
S’il a semblé jouer à Mario Kart sur le circuit canadien, peaux de bananes et étoiles jalonnant sa course erratique (12e), ce ne serait pas en raison d’un virus venu l’affaiblir, une rumeur qui l’a exaspéré et qu’il dément formellement. « Je ne me sens pas malade », balaie-t-il. « Il n’avait simplement pas les jambes, appuie Serge Pauwels. La semaine d’avant, il était super. Sur le chrono, après cinq virages, il disait déjà qu’il était sûr qu’il allait gagner. Ce n’est donc pas une question de forme. »
Le sélectionneur belge confirme que son équipe, dépourvue cette fois de Wout VanAert, lui restera dédiée. Mais Pauwels aborde la course avec « prudence », évoquant cette expression flamande qui pourrait se traduire par : « On se base toujours sur la dernière impression. » Qui n’est donc
pas folichonne. « Dimanche, je n’étais pas dans un bon jour, rebondit Evenepoel. Mais il y a une nouvelle occasion qui est là. Je suis encore motivé, ça c’est sûr. C’est un des objectifs de l’année. »
Il n’a jamais été question pour lui de manquer la chasse aux étoiles : « Si j’ai le choix et que le parcours est bon pour moi, je serai toujours au départ d’un Championnat, assure Evenepoel, très attaché au maillot belge. J’aime rouler pour ma nation et pour essayer de gagner. Dès que le parcours est sorti, je savais que j’allais être au départ. »
Le circuit semble d’ailleurs lui aller comme un gant, avec ce plateau de toboggans qui prolonge la bosse de Mozjanca (2,1 km à 10,2 %), à avaler cinq fois. Avant de partir le reconnaître, hier midi, entre les courses juniors hommes et Élite femmes, il jugeait son profil « assez dur » : « La bosse, elle ne ment pas. C’est le coureur avec le plus de jambes qui va gagner. »
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