Manchester CITY-PSG : un premier choc sur fond de scandale


Erling Haaland face aux Parisiens Marquinhos et Warren Zaïre-Emery lors du match de 
Ligue des champions entre le PSG et Manchester City, le 22 janvier 2025, au Parc des Princes.

Reconnus coupables de 114 infractions financières, les Skyblues accueillent les Parisiens dans un climat pour le moins spécial, ce mercredi, en Ligue des champions.

14 Oct 2026 - Le Figaro
Christophe Remise Envoyé spécial à Manchester

Un test grandeur nature. Encore loin de sa meilleure forme, le PSG s’est contenté de donner le change jusqu’ici. Ayant déjà la seconde partie de la saison en tête, Luis Enrique préfère soigner le physique de ses joueurs et prendre le temps d’inculquer ses préceptes si particuliers aux recrues plutôt que d’aligner régulièrement le même 11 pour créer une dynamique.

La preuve avec la gestion (très) précautionneuse d’ousmane Dembélé, au repos fin août et encore la semaine passée. Face à Manchester City, à l’etihad Stadium, ce mercredi (21 h, Canal+), lors de la 2e journée de Ligue des champions, il ne sera toutefois pas question de turnover, d’en garder sous le pied ou de penser au match suivant.

Piste aux étoiles

Après une balade inaugurale contre une faible équipe du Slovan Bratislava (6-1), les Parisiens entrent dans le coeur du sujet avec leur premier choc européen de la saison. Une équipe de City qui a bien changé depuis la victoire 4-2 en janvier 2025, au Parc des Princes. Exit Kevin De Bruyne, Bernardo Silva, Ederson et bien sûr Pep Guardiola. Bienvenue Enzo Fernandez, Ayyoub Bouaddi ou Rayan Cherki, sans oublier Enzo Maresca sur le banc. Plus de 500 millions d’euros dépensés l’été dernier pour des Sky Blues qui ont fait peau neuve après la fin de l’ère-Guardiola.

Les mauvaises langues diront que City, reconnu coupable de 114 infractions aux règlements financiers de la Premier League, a fait sauter la banque cet été pour devancer d’éventuelles sanctions. « Toutes vos étoiles sont en train de s’éteindre », « Tricheurs », « Une génération de supporteurs a été flouée » : à Liverpool, dimanche, les Citizens ont eu droit à un avant-goût de ce qui les attend pour le reste de la saison en Angleterre. Un match qu’ils ont néanmoins remporté 3-0, tendant à démontrer qu’ils ne sont pas plus perturbés que cela.

Victorieux à Porto pour lancer leur campagne en C1, les hommes de Maresca, sous pavillon émirien, aborderont ce « Golfico » contre le « Qatar-sg » en tant que leaders au classement anglais, tandis que les Parisiens, eux, sont sixièmes de L1, mais à seulement 3 points du leader monégasque. L’état de santé des deux équipes en championnat n’aura toutefois pas d’impact sur cette affiche en forme de piste aux étoiles, avec Erling Haaland de nouveau sur la route d’un PSG qui retrouvera aussi un certain Gigio Donnarumma.

Lauréat de la C1 avec Paris en 2025, après une deuxième partie de saison exceptionnelle, le portier italien avait été exfiltré à City. Il mettra sans doute un point d’honneur à se rappeler au bon souvenir de Luis Enrique, qui cherchait un« profil de gardien différent » et avait préféré miser sur… Lucas Chevalier, avant de se rabattre sur Matvey Safonov. On peut dire ce que l’on veut de son jeu au pied, mais, sur sa ligne, l’italien reste le numéro 1 mondial.

Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia, Désiré Doué, Ferran Torres et consorts devront se lever de bonne heure pour le prendre à défaut. Mais le PSG sait y faire en Angleterre : sous Luis Enrique, les Rouge et Bleu sont devenus la bête noire de la Premier League : Arsenal, Chelsea, Liverpool… ont tous subi la loi des doubles champions d’europe. Et c’est justement face à City que le Paris SG a définitivement changé de braquet, début 2025. Soirée magique, moment suspendu et vraie bascule pour les hommes de Luis Enrique, qui n’ont toutefois jamais gagné à l’etihad. Paris en première ?

***


Rayan Cherki, le goût du spectacle avec City et l’équipe de France

14 Oct 2026 - Le Figaro
C. R.

Aseptisé, robotisé, uniformisé… On peut reprocher bien des choses au football moderne. Un jeu dans lequel les artistes s’effacent trop souvent au profit des athlètes et des joueurs les plus efficaces. Rayan Cherki ne s’inscrit pas dans cette ligne. C’est tout l’inverse. À l’image de son but spectaculaire à Liverpool (victoire 3-0) dimanche dernier, le meneur de Manchester City fait partie de ces joueurs qui donnent envie d’allumer son poste de télévision ou de prendre place dans un stade. «Il fait des choses que tout le monde ne peut pas faire, que d’autres ont même du mal à imaginer ! Et lui, il le fait avec tellement de légèreté», souffle Sidney Govou, consultant pour Canal+.

Avec le ballon, l’ex-lyonnais sait tout faire. On ne l’a d’ailleurs pas découvert à Anfield. Depuis ses débuts avec les Gones, à 16 ans, l’international tricolore (18 sélections, 3 buts) de 23 ans a toujours été vu comme un prodige. « C’est l’un des joueurs les plus talentueux que j’ai eu l’occasion de voir dans ma carrière», disait Pep Guardiola la saison dernière, évoquant un garçon qui a «quelque chose de spécial », « un joueur de rue » qui « ne ressent pas la pression ».

Avec Cherki, il se passe toujours quelque chose. C’est vrai sur le terrain, mais aussi en dehors, devant les micros et les caméras, le natif de Lyon étant ce que l’on appelle dans le jargon un bon client. C’était si vrai lors de la Coupe du monde 2026… «Il y a toujours ces petites phrases, il est très franc du collier, parfois un peu moqueur, y compris envers ses coéquipiers. Ça change dans un football aseptisé où les mecs ont des réponses quasiment toutes faites, savoure Govou. Après, il faut toujours faire attention à la façon dont c’est vécu dans un groupe. Mais on n’a pas envie qu’il perde son naturel, c’est si rare. »

Et c’est exactement la même chose pour ce qui est du jeu. Le beau, c’est bien. Ça fait lever les foules, ça fait rêver. Mais il y a aussi le résultat, le fait de se montrer décisif, de ne pas déséquilibrer son équipe. «Il ne faut pas toujours chercher à faire quelque chose d’extraordinaire, il faut simplement jouer au football », lui rappelait Guardiola l’an passé. Pierre Sage s’est montré encore plus ferme avec lui à Lyon. L’apprentissage a parfois été difficile. « Je l’ai poussé très loin dans la frustration. Rayan, il ne faut pas trop le caresser dans le sens du poil, il préfère se faire secouer», a raconté l’ex-coach de L’OL dans L'Équipe. Travail qui a porté ses fruits, amenant Cherki au sein de l’un des meilleurs clubs du monde, Manchester City, en 2025 (36,50 M€), et en équipe de France.

Frustrant, clivant, parfois arrogant, Rayan Cherki ne laisse personne indifférent. Remplaçant de luxe lors de la dernière Coupe du monde, sous Didier Deschamps, il est devenu un élément moteur sous Zinédine Zidane, qui l’a replacé dans le trio du milieu.

Un rôle qui était celui du sélectionneur lors du Mondial 2006 d’ailleurs, quand « ZZ » se muait en vrai 10 dans l’animation. « Il a été bon avec le ballon, mais on sait ce qu’il est capable de faire. Sans le ballon aussi, il a été bon », expliquait Zidane après Turquie-France (0-1). Sous Pep Guardiola, il devait souvent faire banquette pour les grands matchs en fin de saison passée. Nouvel entraîneur des Skyblues, Enzo Maresca semble décidé à s’appuyer sur lui en tant que numéro 10. «Rayan est quelqu’un d’assez agréable et de direct. S’il n’est pas content, il veut le montrer», glissait le technicien italien, après un match contre Bournemouth que l’international tricolore avait commencé sur le banc. « C’est moi qui prends les décisions », avaitil ajouté. Contre le PSG, ce mercredi (21h, Canal+), Maresca ne devrait toutefois pas se priver de Cherki au coup d’envoi. Un PSG avec lequel l’intéressé a d’ailleurs longtemps flirté en 2024… avant d’agacer les dirigeants parisiens (et ceux de Dortmund) et de prolonger à Lyon pour une dernière danse, après un passage douloureux par le loft local. Pour Sidney Govou, pas doute : «Il va devenir de un joueur très décisif, en club ou en sélection. » Tout dépend de savoir ce qu’on entend par là : « Pour un joueur comme ça, il ne s’agit pas forcément de marquer ni même de faire marquer. Il faut que ses gestes apportent un plus à la progression de l’action, qu’il enclenche le début de l’action », décrypte le septuple champion de France, qui sera d’ailleurs aux commentaires de ce Manchester City-PSG.

En ce moment, Cherki allie tous les aspects, se montrant toujours aussi spectaculaire, décisif en termes de construction mais aussi dans les chiffres, avec 5 buts et 2 passes décisives en 9 matchs (532 minutes) cette saison, en club. Il faut aussi le créditer d’un but et de 2 passes décisives lors de la dernière séquence internationale avec l’équipe de France. Tout bon.

Talent brut

«C’est toujours un équilibre à trouver entre ce que ça apporte et comment ça desserre. Tant qu’il sera décisif et qu’il fera gagner son équipe, on ne peut pas le lui reprocher. Et, de toute façon, c’est son jeu, juge Sidney Govou. Je le connais depuis qu’il est gamin, il a toujours été comme ça. Mais, à un certain niveau, le résultat prime souvent sur le jeu. Personnellement, ce genre de joueur, je pense qu’il faut le laisser faire. Si vous le bridez, ce sera contre-productif. Tant que ça reste positif pour le collectif, il n’y a pas de souci », constate-t-il, soulignant en outre un aspect essentiel de la palette de Rayan Cherki : « Il est capable d’imposer son propre rythme au match. »

Quelle marge de progression? « Il aime tellement le ballon qu’il a parfois du mal à accepter de ne pas l’avoir et de courir un peu pour l’autre. Il doit aussi avoir plus de régularité dans un match ou d’un match à l’autre, car, de temps en temps, il est capable de disparaître», analyse Govou. À 23 ans, c’est bien normal d’avoir des points à travailler.

D’ailleurs, Enzo Maresca est très à cheval sur le travail sans ballon. Et Rayan Cherki donne satisfaction : « Il est très bon avec le ballon, on le sait, mais en ce moment il est très bon sans le ballon également. Il travaille très bien. C’est important pour lui et pour moi », jugeait le nouveau coach des Citizens, mardi, en conférence de presse, décrivant une «très bonne personne», un « joueur important », et se disant « très content » de pouvoir compter sur lui.

Dans tous les cas, le garçon n’est pas du genre à se reposer sur ses acquis. Un artiste, oui. On prendra toujours du plaisir à le voir évoluer. Mais c’est un gros travailleur, aussi. Ses anciens coachs sont unanimes. Pierre Sage en tête. « S’il continue sur cette lancée, en réussissant à s’adapter aux exigences du haut niveau en club comme en sélection, je ne vois pas ce qui pourrait l’empêcher d’intégrer très vite le cercle fermé des meilleurs joueurs du monde », disait l’actuel coach de Crystal Palace en 2025, au Parisien. Le talent brut de Cherki se polit de semaine en semaine, de saison en saison, pour le plus grand plaisir des amateurs de beau jeu. Pour le reste, il passe un test important face à Paris.

Commenti

Post popolari in questo blog

'SONO LORO I MIEI CARCERIERI SEI ANNI FA RAPIRONO ANCHE ME'

I 100 cattivi del calcio

L'origine de Maghnes Akliouche : Histoire et Racines