PRÉFACE par Bernard Hinault


Une fois sur le vélo, on découvre que le cyclisme peut être un sport ingrat. Tout en le regardant avec des étoiles dans les yeux. C'était mon cas, dans les années 1960 et 1970. À l'époque, certaines courses étaient en partie diffusées. Mais pour tout savoir du vélo, il fallait acheter et ouvrir Miroir du cyclisme. C'était la Bible.

À l'adolescence, j'ai découvert mes idoles Jacques Anquetil et Eddy Merckx dans les pages du Miroir. J'y ai scruté leurs résultats au fil des mois, j'y ai attendu des reportages sur leurs terres, en Normandie ou en Belgique, pour apprendre à les connaître. J'avais 12 ans quand Merckx a fait pour la première fois la une du magazine, après avoir décroché le maillot arc-en-ciel à Heerlen. J'ai longtemps gardé ce numéro comme une relique.

Quelques années plus tard, en avril 1975, mon nom est apparu pour la première fois dans le Miroir. C'était à l'occasion de Paris-Nice. Je n'étais qu'un jeune coureur en devenir, je n'avais pas encore gagné chez les professionnels - cela viendrait quelques semaines plus tard, lors du Circuit de la Sarthe. Mais être cité dans les pages du magazine, c'était le signe que j'entrais dans la cour des grands.

Beaucoup d'autres articles ont suivi. Beaucoup de unes aussi, à partir de 1977. Le Miroir a accompagné ma carrière, mes plus grandes victoires sur le Tour de France, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Roubaix et aux cham- pionnats du monde. Mes batailles également, face à mes plus grands adversaires, mes moments de doute, le travail de l'ombre.

Dans mon histoire cycliste, le Miroir a toujours été là. Pour raconter ce que le public voyait, et les coulisses. Ce livre n'est pas qu'un recueil de souvenirs, c'est aussi un hommage à une presse qui savait prendre le temps. Une presse qui aimait conter l'Histoire, dont je suis heureux d'avoir pu écrire quelques chapitres.
Bernard Hinault

***

PREFAZIONE

Una volta in sella, ci si rende conto che il ciclismo può essere uno sport ingrato. Pur guardandolo con gli occhi pieni di meraviglia. Era il mio caso, negli anni ’60 e ’70. All’epoca, alcune gare venivano trasmesse in parte. Ma per sapere tutto sul ciclismo, bisognava comprare e sfogliare Miroir du cyclisme. Era la Bibbia.

Da adolescente, ho scoperto i miei idoli Jacques Anquetil e Eddy Merckx tra le pagine di Miroir. Ne ho seguiti attentamente i risultati mese dopo mese, ho atteso con ansia i servizi sulle loro terre natie, in Normandia o in Belgio, per imparare a conoscerli meglio. Avevo 12 anni quando Merckx apparve per la prima volta in copertina, dopo aver conquistato la maglia iridata a Heerlen. Ho conservato a lungo quel numero come un cimelio.

Qualche anno dopo, nell’aprile del 1975, il mio nome apparve per la prima volta sul Miroir. Fu in occasione della Parigi-Nizza. Ero solo un giovane corridore in erba, non avevo ancora vinto tra i professionisti – ci sarei riuscito poche settimane dopo, al Circuit de la Sarthe. Ma essere citato sulle pagine della rivista era il segno che stavo entrando nella cerchia dei grandi.

Sono seguiti molti altri articoli. E anche molte prime pagine, a partire dal 1977. Le Miroir ha accompagnato la mia carriera, le mie più grandi vittorie al Tour de France, alla Liegi-Bastogne-Liegi, alla Parigi-Roubaix e ai campionati del mondo. Ma anche le mie battaglie contro i miei più grandi avversari, i miei momenti di dubbio, il lavoro dietro le quinte.

Nella mia storia ciclistica, il Miroir è sempre stato presente. Per raccontare ciò che il pubblico vedeva, ma anche ciò che accadeva dietro le quinte. Questo libro non è solo una raccolta di ricordi, è anche un omaggio a una stampa che sapeva prendersi il tempo necessario. Una stampa che amava raccontare la Storia, di cui sono felice di aver potuto scrivere alcuni capitoli.

Bernard Hinault

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