POSTFACE (par Bernard Chambaz)


Les couvertures des numéros 475 et 476. 
Le Miroir revit...

Le copertine dei numeri 475 e 476.
Il Miroir rinasce...

Bernard Chambaz
Miroir du Cyclisme - L'histoire d'un magazine mythique

J'ai beau chercher, le mot « postambule », qui m'aurait plu par esprit de symétrie, n'existe pas dans les dictionnaires. C'est dommage. Il eût convenu au vélo.

Ces trente années de Miroir du cyclisme firent resplendir à notre attention l'actualité et nous transmirent en même temps tout un siècle d'histoires d'une richesse incomparable. Les revoir aujourd'hui démontre leur fonds inépuisable. Mais sans doute était-il temps que le magazine s'arrêtât. Le dernier numéro parut donc un printemps, ce qui n'est pas une saison pour disparaître, l'été non plus il est vrai. Le cyclisme entrait dans une ère plus turbulente que jamais.

Certes, le roi Indurain emportait son quatrième puis son cinquième Tour, mais Casartelli se tuait dans la descente d'un col pyrénéen, la tête sans casque heurtant une borne en béton au bord de la route. Le lendemain, les commentaires de la télévision osant reprocher aux coureurs, sur un ton badin, leur attitude de recueillement, notifiaient le déshonneur d'une certaine presse. Trois jours plus tard, c'était Armstrong qui gagnait l'étape, levait les bras au ciel sur la ligne d'arrivée afin de lui rendre hommage, prononçant cette phrase magnifique qu'on ne peut pas lui enlever je roulais « comme si j'étais dans deux corps ». Un jour, il torpillera la légende en usurpant sept Tours de France à la suite qui lui seront, dieu merci, retirés. 

Michéa et Blondin avaient déjà tiré leur révérence, Abel après la dernière victoire d'Hinault, Antoine avant la première d'Indurain, et ils partageaient là-haut un suprême de volaille et une tarte aux fraises, le tout arrosé d'une bouteille de sauternes. Blondin, le Miroir ne lui avait pas demandé un article, même sous pseudonyme, mais dans son numéro 268 il avait publié de brefs extraits de son livre, Sur le Tour de France, qui serait justement couronné par le Grand Prix de l'Académie française, une récompense saluée deux mois plus tard pour sa passion, sa lucidité et son style « étincelant ». Et c'est peut-être dans un article sur la démolition du Vel d'Hiv qu'il s'était approché au plus près du cœur de la littérature : « Je ne me suis pas vu arriver, comme d'autres ne se voient pas partir, et devant le pupitre qui m'est imparti, une enfance se meurt sous les applaudissements. »

Il y a dans l'existence, parfois, quelques petits miracles. Ainsi aurai-je eu la chance inouïe de courir un Tour de France, un Giro, une Vuelta, un Bordeaux-Paris, un Liège, trois Milan-San Remo, puis la chance d'assister à la réapparition de Miroir du cyclisme, venant confirmer que des vieux rêves entêtants peuvent se réaliser. Oui, l'été 2025, « la mythique revue revient dans les kiosques »>, sous la houlette d'un de ses anciens rédacteurs, Jean-Emmanuel Ducoin, assez jeune pour en raviver la flamme trente ans après. Elle se présente comme le 475 numéro et, si elle ne prétend pas repartir pour trente ans, elle ne prétend pas non plus le contraire. Rejouant comme son aïeule la partition des trois temps emmêlés, elle envisage le futur sous le titre provoquant « Le Tour de France va-t-il disparaître ? », qui repose à neuf la vieille question des dérives financières susceptibles de le menacer, le présent avec le bon vieux poster des cartes du Tour masculin et féminin - même si ce tour ressemble de plus en plus à un assemblage de tronçons dénaturés, le passé, jamais passéiste, à travers l'histoire-géographie du mont Ventoux ou un portrait de Marshall Taylor, le premier champion du monde sur piste américain. surnommé Major parce qu'il multipliait les cascades à vélo. vêtu d'une vieille veste d'officier à épaulettes, comme les jeunes d'Aubervilliers sur leurs BMX d'aujourd'hui.

La route est grande ouverte. Par vocation, le Miroir s'est de tout temps adressé à tous les amateurs et à tous les pratiquants de vélo, cyclistes, cyclotouristes, garçons livreurs. Peut-être même s'adresse-t-il à celles et ceux qui montent sur cet engin vaguement étrange qu'on nomme bicyclette, je ne saurais le jurer. En tout cas, il est l'heure de rappeler l'essentiel, dans la roue avenante de l'écrivain helvète Cingria: « Il fait froid, mais le vent est avec nous. Moi, je ne regarde plus rien, je pédale. C'est si agréable ! » On a compris que la sérénité ou, pour être réaliste, la quête de sérénité reste la meilleure raison de pédaler. 


...et ouvre un nouveau chapitre: 
les années Pogačar

...e si apre un nuovo capitolo: 
gli anni di Pogačar

***

POSTFAZIONE

Per quanto cerchi, la parola "postambolo" – che mi sarebbe piaciuta per puro spirito di simmetria – nei dizionari non esiste. Un vero peccato. Sarebbe stata la definizione perfetta per lo sport della bicicletta.

Questi trent’anni di Le Miroir du Cyclisme hanno portato alla nostra attenzione l’attualità e ci hanno trasmesso allo stesso tempo un intero secolo di storie di una ricchezza incomparabile. Rileggerle oggi dimostra quanto il loro patrimonio sia inesauribile. Ma era giunto il momento che la rivista chiudesse i battenti. L’ultimo numero uscì quindi in primavera, che non è certo una stagione per scomparire, né lo è l’estate, a dire il vero. Il ciclismo stava entrando in un’èra più turbolenta che mai.

Certo, il re (Miguel) Indurain conquistò il suo quarto e poi il quinto Tour, ma (Fabio) Casartelli perse la vita nella discesa da un passo dei Pirenei (il Col de Portet-d'Aspet al Tour 1995, ndr), quando con la testa, priva di casco, andò a sbattere contro un paletto di cemento a bordo strada. L'indomani, i commenti televisivi, che osavano rimproverare ai corridori, con tono inopportuno e superficiale, il loro atteggiamento di raccoglimento, sancivano il disonore di una certa stampa. Tre giorni dopo, era (Lance) Armstrong a vincere la tappa, alzando le braccia al cielo sulla linea d'arrivo per rendergli omaggio, pronunciando quella magnifica frase che non gli si può togliere: correvo «come se fossi in due corpi». Un giorno, avrebbe distrutto la leggenda usurpando sette Tour de France consecutivi che, grazie a Dio, gli sono stati ritirati.

Michéa e Blondin si erano già congedati: Abel dopo l’ultima vittoria di (Bernard) Hinault, Antoine prima della prima di Indurain, e lassù condividevano un suprême di pollo e una crostata di fragole, il tutto accompagnato da una bottiglia di Sauternes. A Blondin, il Miroir non aveva chiesto un articolo, nemmeno sotto pseudonimo, ma nel numero 268 aveva pubblicato brevi estratti del suo libro, Sur le Tour de France, che sarebbe stato insignito del Grand Prix dell’Académie française, un premio lodato due mesi dopo per la passione, la lucidità e lo stile «scintillante». Ed è forse in un pezzo sulla demolizione del Vel d'Hiv che Blondin si era più avvicinato al cuore della letteratura: «Non mi sono visto arrivare, così come altri non si vedono partire, e davanti al leggìo che mi è stato assegnato, un’infanzia muore tra gli applausi».

A volte, nella vita, accadono piccoli miracoli. Così ho avuto l’incredibile fortuna di correre un Tour de France, un Giro, una Vuelta, una Bordeaux-Parigi, una Liegi, tre Milano-Sanremo, e poi la fortuna di assistere alla rinascita di Miroir du cyclisme, a conferma che i vecchi sogni ostinati possono avverarsi. Sì, nell’estate del 2025, «la mitica rivista torna in edicola», sotto la guida di uno dei suoi ex redattori, Jean-Emmanuel Ducoin, abbastanza giovane da riaccenderne la fiamma trent’anni dopo. Si presenta come l’edizione numero 475 e, pur non pretendendo di ripartire per altri trent’anni, nemmeno nega il contrario. Riproponendo, come la sua antenata, la partitura dei tre tempi intrecciati, guarda al futuro con un titolo provocatorio, «Il Tour de France scomparirà?», che ripropone in una nuova chiave l'antica questione delle derive finanziarie che potrebbero minacciarlo; il presente con il buon vecchio poster delle mappe del Tour maschile e femminile – anche se questo Tour assomiglia sempre più a un insieme di tappe snaturate; il passato, mai nostalgico, attraverso la storia-geografia del Mont Ventoux o un ritratto di Marshall Taylor, il primo campione del mondo americano su pista. soprannominato «Major» perché moltiplicava le acrobazie in bicicletta. Vestito con una vecchia giacca da ufficiale con spalline a frangia, proprio come i giovani di Aubervilliers sulle loro BMX di oggi.

La strada è tutta da percorrere. Per vocazione, il Miroir si è sempre rivolto a tutti gli appassionati e a tutti coloro che praticano il ciclismo: ciclisti, cicloturisti, ragazzi che fanno le consegne. Forse si rivolge anche a chi sale su quel mezzo vagamente strano che chiamiamo bicicletta, non saprei dirlo con certezza. In ogni caso, è ora di ricordare l’essenziale, sulla scia dello scrittore svizzero (Charles-Albert) Cingria: «Fa freddo, ma il vento è con noi. Io non guardo più nulla, pedalo. È così piacevole!» Abbiamo capito che la serenità o, per essere realistici, la ricerca della serenità rimane il motivo migliore per andare in bicicletta.

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