LA DOYENNE
20 avril 1980 : dans des condiotions dantesques, Bernard Hinault remporte Liège-Bastogne-Liège au terme d'un raid solitaire de 80 kilomètres et signe l'un des plus grands exploits de sa carrière.
20 aprile 1980: in condizioni infernali, Bernard Hinault vince la Liegi-Bastogne-Liegi al termine di una fuga in solitaria di 80 chilometri, una delle più grandi imprese della sua carriera.
Bernard Chambaz
Miroir du Cyclisme - L'histoire d'un magazine mythique,
Les hasards du calendrier, de la météo et de la programmation d'un magazine, la focalisation sur le Tour de France à venir contribuent à expliquer que le numéro du mois de mai 1980 n'ait pas prévu de s'attarder sur Liège-Bastogne-Liège. L'histoire, la légende, les lecteurs connaissaient, elles leur avaient souvent été racontées dans les chroniques rétrospectives. Il y avait la création en 1892 qui en fait justement la doyenne, il y avait le doublé de Kübler, la tempête de neige et de grêle de 1957 où cent trente-cinq coureurs avaient préféré ne pas prendre le départ et où vingt-sept seulement avaient franchi la ligne d'arrivée, le triplé de De Bruyne, la magnifique victoire d'Anquetil, le quintuplé de Merckx et, trois ans plus tôt, la victoire d'Hinault dont on ne pouvait deviner qu'elle serait la première. On pouvait voir venir.
Les ardenaises n'ont pas tout à fait le prestige des flamandes. Ce n'en sont pas moins trois pages sur la Flèche Wallonne gagnée par Saronni, 22 ans, dont le Miroir s'est entiché parce qu'il espère toujours un successeur à Gimondi voire à Coppi. Ce sont quatre pages pour le Liège, quatre seulement, malgré des conditions climatiques « épouvantables », cent cinquante-trois abandons, des photographies où on voit les flocons tomber, malgré les 80 kilomètres de chevauchée solitaire d'Hinault et ses dix minutes d'avance sur la ligne, malgré les engelures, malgré tout ce que les vingt et un coureurs qui en terminent auront enduré.
Et quand on tourne la page, on découvre une réclame pour le boîtier de pédalier Stronglight en alliage léger et totalement étanche et pour le compteur Huret qu'on nommait encore cyclomètre, « le seul vraiment silencieux ». Même dans son carnet de route, quelques pages plus loin, Abel Michéa reste assez laconique, du moins sur les conditions concrètes de course, les sensations des coureurs, etc.; en revanche, on y apprend qu'au départ « Bernard, accoudé à la portière de la voiture bavarda », qu'il signa beaucoup d'autographes avec « gentillesse, le plus souvent », une incise qui en dit long sans y tou- cher, et enfin que le soir, à la réception, Merckx lui confia (à Hinault mais on peut supposer que Michéa était assez proche pour l'entendre): « Tu m'as rajeuni de dix ans. »
Ce mois d'avril 1980, le Miroir fête ses 20 ans. Vidal, qui a des lettres et a grandi dans un monde sportif où les mousquetaires ne manquaient pas, intitule son article « Vingt ans après » ; il s'y félicite de la vitalité du magazine, il glisse un mot sur le Ronde et ce lieu commun imparable souvent repris, photos à l'appui, coureurs parfois à pied, « c'est dans le Koppenberg que se forge la victoire ».
La doyenne permet aussi d'aborder ce qu'on pourrait appeler le cas Moreno Argentin. Si le Miroir lui consacre au moins une couverture, son nom ne semble pas être entré dans la légende. Sa troisième victoire consécutive à Liège en 1987 ne fait pas les titres. Elle semble même passer inaperçue au bénéfice de l'anecdote inoubliable du premier vainqueur qui n'était jamais monté sur une bicyclette quatre mois avant de se lancer dans la course et, en prime, d'une leçon de géographie sur la Wallonie et ses forêts de mélèzes, puis d'une leçon d'histoire sur l'empire de Charlemagne, le déroulement de la course tombé aux oubliettes. Une quatrième victoire quatre ans plus tard lui apporte enfin une certaine reconnaissance. Il l'avait déjà obtenue pour la Flèche wallonne gagnée à la suite d'un long raid solitaire contre le vent et dans des giboulées de neige. Avec la doyenne, il « force l'admiration ». Mieux vaut tard que jamais. À son crédit, il compte la bagatelle de neuf « monuments », un titre de champion du monde totalement éclipsé par le dernier jour de course d'Hinault, à Colorado Springs. Toutefois, à l'évidence, l'homme n'était pas à la hauteur du cycliste et le déficit ne pardonne pas.
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LA "DECANA"
Le circostanze legate al calendario, alle condizioni meteorologiche e alla programmazione di una rivista, nonché l’attenzione rivolta all'imminente Tour de France, contribuiscono a spiegare perché il numero di maggio 1980 non abbia previsto di soffermarsi sulla Liegi-Bastogne-Liegi. La storia, la leggenda, i lettori le conoscevano bene, poiché erano state spesso raccontate nelle cronache retrospettive. C’era la sua fondazione nel 1892, che ne fa proprio la più antica, c’era la doppietta di (Ferdi) Kübler, la tempesta di neve e grandine del 1957 in cui centotrentacinque corridori avevano preferito non prendere il via e in cui solo ventisette avevano tagliato il traguardo, la tripletta di De Bruyne, la magnifica vittoria di Anquetil, la quinta di Merckx e, tre anni prima, la vittoria di Hinault, di cui non si poteva che immaginare sarebbe stata la prima. Si vedeva già arrivare.
Le gare delle Ardenne non godono proprio dello stesso prestigio di quelle fiamminghe. Si tratta comunque di tre pagine dedicate alla Freccia Vallone vinta da (Giuseppe) Saronni, 22 anni, di cui il Miroir si è invaghito perché spera ancora in un successore di (Felice) Gimondi o addirittura di (Fausto) Coppi. Sono quattro le pagine dedicate alla Liegi, solo quattro, nonostante le condizioni meteorologiche «spaventose», centocinquantatré ritiri, fotografie in cui si vedono cadere i fiocchi di neve, nonostante gli 80 chilometri di fuga in solitaria di Bernard Hinault e i suoi dieci minuti di vantaggio all'arrivo, nonostante i geloni, nonostante tutto ciò che i ventuno corridori che hanno portato a termine la gara avranno dovuto sopportare.
E quando si volta pagina, si scopre una pubblicità per il movimento centrale Stronglight in lega leggera e completamente impermeabile e per il tachimetro Huret, che all’epoca veniva ancora chiamato “ciclometro”, «l’unico veramente silenzioso». Anche nel suo diario di viaggio, qualche pagina più avanti, Abel Michéa rimane piuttosto laconico, almeno riguardo alle condizioni concrete della gara, alle sensazioni dei corridori eccetera; d’altra parte, vi si apprende che alla partenza «Bernard, appoggiato al finestrino dell’auto, chiacchierava», che firmò molti autografi con «gentilezza, il più delle volte», una digressione che la dice lunga senza entrare nei dettagli, e infine che la sera, al ricevimento, (Eddy) Merckx confidò (a Hinault, ma si può supporre che Michéa fosse abbastanza vicino da sentirlo): «Mi hai ringiovanito di dieci anni».
In quel mese, l'aprile del 1980, Le Miroir festeggiava i vent’anni. Vidal, uomo di lettere cresciuto in un mondo sportivo in cui certo non mancavano i moschettieri, intitola il suo articolo «Venti anni dopo»; e si rallegra della vitalità della rivista, accenna alla Ronde e a quel luogo comune inarrestabile spesso riproposto, foto alla mano, corridori a volte a piedi: «È sul Koppenberg che si forgia la vittoria».
La Doyenne permette anche di affrontare quello che potremmo definire il “caso Moreno Argentin”. Sebbene il Miroir gli dedichi almeno una copertina, il suo nome non sembra essere entrato nella leggenda. La sua terza vittoria consecutiva alla Liegi, nel 1987, non fa notizia. Sembra addirittura passare inosservata a vantaggio dell’indimenticabile aneddoto del primo vincitore che non era mai salito su una bicicletta quattro mesi prima di partecipare alla gara e, per di più, di una lezione di geografia sulla Vallonia e le sue foreste di larici, seguita da una di storia sull’impero di Carlo Magno, mentre lo svolgimento della gara è caduto nell’oblio. Una quarta vittoria, quattro anni dopo, gli porta finalmente un certo riconoscimento. Lo aveva già ottenuto per la Freccia Vallone, vinta al termine di una lunga fuga in solitaria controvento e sotto raffiche di neve. Con la «Decana», «suscita ammirazione». Meglio tardi che mai. Al suo attivo conta la modica cifra di nove classiche «monumento», un titolo di campione del mondo completamente oscurato dall’ultima giornata di gara di Hinault, a Colorado Springs. Tuttavia, evidentemente, il personaggio non era all’altezza del corridore e il divario non perdona.

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