MAURICE, ABEL, ÉMILE ET LES AUTRES


Pierre Chany l'une des grandes plumes 
du Miroir et de L'Équipe, entre autres

Bernard Chambaz
Miroir du Cyclisme - L'histoire d'un magazine mythique

Ils auraient pu apparaître dans un film de Claude Sautet qui avait à peu près leur âge, d'autant que l'aventure du Miroir est aussi la trace d'une génération, la rencontre d'hommes nés dans les années 1920, jeunes hommes pendant la guerre, plein d'espérances dans ses lendemains, l'horizon que leur ouvraient les sports en général, le cyclisme en particulier. Ils aimaient la table et la conversation, ils étaient curieux du monde et ils étaient pétris de talent. Ils aimaient bien l'image des quatre mousquetaires, qui les renvoyaient autant à Alexandre Dumas qu'au quatuor Leducq-Speicher-Magne-Vietto de leur enfance et qu'ils reproduisirent à l'envi, tant qu'ils en eurent la possibi- lité, c'est-à-dire tant que Bobet fut là.

Maurice Vidal, né en 1919, père mort à la guerre, orphelin à 8 ans, résistant, journaliste sportif dans la presse du Parti communiste, à la tête de Miroir-Sprint à partir de 1949, une année Coppi comme on sait, syndicaliste, adepte des bretelles et du col roulé plutôt que de la chemise, brillant, ouvert, l'âme d'un passeur, navré par « ce penchant vulgaire et - disait-il - irrationnel pour la profusion du fric » et par la dissolution des valeurs.

Abel Michéa, né en 1920, résistant, journaliste sportif, chef de la rubrique sportive de L'Humanité et grand reporter, ce qui lui allait très bien, passé par Miroir-Sprint, plume facile et talentueuse mise au service du Miroir, anquetiliste et gastronome notoire.

Émile Besson, né en 1925, « tout en bas, le plus bel endroit pour regarder vers le haut », maquisard, livreur à bicyclette puis coursier, journaliste sur le tas qui commence par de brefs papiers timides, chantre du Tour et ami des coureurs, apôtre de la Course de la Paix, poulidorien en chef, flanqué de deux frères photographes pour le Miroir. 

Pierre Chany, alias Jacques Périllat, né en 1922, coureur amateur, maquisard, journaliste sportif, se partageant entre L'Équipe et le Miroir, qui avait innové en roulant avec les coureurs pendant la nuit d'un Bordeaux-Paris pour en faire le récit, tapé sur sa Japy portative et inspiré par le brasillement d'une cigarette, continua toute sa vie à sentir les courses de l'intérieur et à en percevoir l'âme avec un lyrisme retenu. 

Les autres membres du comité de rédaction avaient tous des qualités amplement démontrées. Les deux chevilles ouvrières en furent Claude Parmentier, rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef, plus jeune, qui n'a que 30 ans au début du magazine, et Robert Descamps, né en 1920, le maître de la documentation rigoureuse et systématique. Miroir du cyclisme s'attacha nombre d'autres collaborateurs, François Terbeen, Roland Passevant, plus tard Jacques Augendre, Jacques Marchand, ou encore le féru Jean-Paul Ollivier qui acquerra la notoriété par la télévision. Ceci dit, on peut être impressionné par la trace profonde qu'a laissée un petit nombre d'hommes passionnés par leur métier, par ce sport et par ce qu'il révèle du monde et des individus.

***

Pierre Chany, uno dei grandi giornalisti
del Miroir e de L'Équipe, tra gli altri

MAURICE, ABEL, ÉMILE E GLI ALTRI

Avrebbero potuto apparire in un film di Claude Sautet, che aveva più o meno la loro età, tanto più che l’avventura del Miroir è anche la traccia di una generazione, l’incontro di uomini nati negli anni Venti, giovani durante la guerra, pieni di speranze per il futuro, l’orizzonte che lo sport in generale, e il ciclismo in particolare, apriva loro. Amavano la tavola e la conversazione, erano curiosi del mondo e pieni di talento. Amavano molto l’immagine dei quattro moschettieri, che li rimandava tanto ad Alexandre Dumas quanto al quartetto Leducq-Speicher-Magne-Vietto della loro infanzia e che riprodussero a più non posso, finché ne ebbero la possibilità, cioè finché Bobet fu tra loro.

Maurice Vidal, nato nel 1919, padre morto in guerra, orfano a 8 anni, partigiano, giornalista sportivo per la stampa del Partito Comunista, alla guida di Miroir-Sprint dal 1949, l'anno di Coppi, come si sa, sindacalista, amante delle bretelle e del dolcevita piuttosto che della camicia, brillante, aperto, con l’animo del mediatore, addolorato da «quella volgare e – diceva lui – irrazionale propensione per la profusione di soldi» e dalla dissoluzione dei valori.

Abel Michéa, nato nel 1920, partigiano, giornalista sportivo, caporedattore della rubrica sportiva di L'Humanité e grande reporter – ruolo che gli calzava a pennello –, ex collaboratore di Miroir-Sprint, scrittore disinvolto e di talento al servizio del Miroir, noto ammiratore di Anquetil e buongustaio.

Émile Besson, nato nel 1925, «in fondo, il posto più bello per guardare verso l’alto», partigiano, fattorino in bicicletta e poi corriere, giornalista sul campo che esordì con brevi e timidi articoli, cantore del Tour e amico dei corridori, apostolo della Corsa della Pace, sostenitore numero uno di Poulidor, affiancato da due fratelli fotografi per il Miroir.

Pierre Chany, alias Jacques Périllat, nato nel 1922, corridore dilettante, partigiano, giornalista sportivo, diviso tra L’Équipe e il Miroir, che aveva innovato pedalando con i corridori durante la notte di una Bordeaux-Parigi per raccontarla, battuta a macchina sulla sua Japy portatile e ispirata dal bagliore di una sigaretta, continuò per tutta la vita a vivere le gare dall’interno e a percepirne l’anima con un sobrio lirismo.

Gli altri membri del comitato di redazione possedevano tutti qualità ampiamente dimostrate. I due pilastri della redazione erano Claude Parmentier, vicedirettore e poi direttore – il più giovane, con soli 30 anni all’esordio della rivista – e Robert Descamps, nato nel 1920, maestro della documentazione rigorosa e sistematica. Il Miroir du cyclisme si avvalse della collaborazione di numerosi altri collaboratori, tra cui François Terbeen, Roland Passevant, e più tardi Jacques Augendre, Jacques Marchand, o ancora l’appassionato Jean-Paul Ollivier, che avrebbe poi acquisito notorietà grazie alla televisione. Detto questo, non si può non rimanere colpiti dalla profonda impronta lasciata da un manipolo di uomini appassionati del proprio mestiere, di questo sport e di ciò che esso rivela del mondo e delle persone.

Commenti

Post popolari in questo blog

'SONO LORO I MIEI CARCERIERI SEI ANNI FA RAPIRONO ANCHE ME'

I 100 cattivi del calcio

L'origine de Maghnes Akliouche : Histoire et Racines