UN BIJOU ET UNE BÉVUE
Grâce une nouvelle fois à MICHAEL OLISE, auteur d’un splendide coup franc, les Bleus avaient réussi à concrétiser leur domination. Mais profitant d’une perte de balle de Lucas Da Cunha, les Italiens ont calmé le Stade de France, emballé par ses retrouvailles avec Zinédine Zidane.
Après une première période assez pauvre, les Bleus ont terni le retour de Zinédine Zidane au Stade de France en concédant un match nul évitable face à l’Italie. Offensivement, le feu d’artifice attendra.
3 Oct 2026 - L'Équipe
VINCENT DULUC
Il ne suffit pas de revenir au Stade de France pour que ressuscite la magie d’anciennes nuits, ni de rapatrier les titulaires présumés pour imposer une force, ni de donner toute liberté aux attaquants pour qu’ils en fassent quelque chose, et encore moins de chanter « Et ils sont où les Italiens » , à 1-0, juste avant qu’ils égalisent, comme si l’on avait oublié l’histoire des France-Italie, des renversements et des cruautés réciproques. Le sélectionneur Zinédine Zidane a concédé le premier match nul de sa nouvelle carrière (1-1), face à la nation qui avait été le dernier adversaire de sa vie de joueur, et bien qu’il faille applaudir à une esquisse de renaissance italienne, traversée par le retour d’une certaine culture avec la complicité laxiste de M. Gil Manzano, il y avait assez largement mieux à faire.
L’équipe de France vient de disputer trois matches d’affilée sans inscrire plus d’un but, ce qui ne correspond pas exactement à cette génération, ni à ses habitudes, mais qui correspond un peu plus à l’absence de Kylian Mbappé et au constat qu’Ousmane Dembélé, jusque-là, est un avant-centre banal sous ce maillot (lire aussi page3). La manière dont Zidane aura amendé le onze vainqueur en Turquie (1-0, le 25 septembre), remplaçant Mbappé par Désiré Doué, Manu Koné par Lucas Da Cunha, Maxence Lacroix par Jérémy Jacquet et Jules Koundé par Pierre Kalulu, a laissé planer une ambiguïté sur la part du roulement et d’une hiérarchie nouvelle, à ses yeux. Dans ses principes, il ne s’est pas écarté de son 4-3-3 avec un créateur en relayeur (Rayan Cherki), au départ, mais l’a abandonné dans le dernier quart d’heure en le remplaçant par Eduardo Camavinga, pour un milieu à trois infiniment plus classique, même si le Madrilène a beaucoup plus pesé offensivement que la plupart de ses coéquipiers.
Mais les Bleus n’ont d’abord pas joué, ou pas assez, ou pas assez bien, au fil d’une première période brouillonne, qui les a vus beaucoup presser, c’est vrai, mais pas toujours bien défendre, considérable nuance. Avec une circulation de balle trop lente, des joueurs offensifs réclamant trop le ballon dans les pieds et consentant trop peu de courses, et des milieux de peu d’influence, ils ont tourné en rond et laissé les occasions nettes aux Italiens, sauvés par Mike Maignan revenant sur Moise Kean (9e), puis par Jacquet devant Davide Frattesi sur une touche longue (41e), avant que le but de Keane ne soit refusé pour hors-jeu après un corner dangereux (42e). Pour les Bleus? Un centre dévié de Michael Olise sur le haut de la barre (23e), un contrôle raté de Dembélé sur une offrande de Cherki (27e), et basta, comme on dit dans le camp d’en face.
Ensuite, cela s’est très sensiblement arrangé, avec une intensité supérieure, et après un coup franc obtenu par Cherki et joué en deux temps par le même, Olise a envoyé le ballon sous la barre de Gianluigi Donnarumma (55e), suggérant une soirée zidanienne qui aurait ressemblé aux deux premières, en Turquie et en Belgique (1-0, lundi). Puisque les Bleus auront encore marqué en seconde période, ils ont étiré dans le temps le reproche d’arriver en retard dans leur match, ce qui n’aurait pas été si grave s’ils avaient su ne pas en sortir si tôt.
Battre la Belgique pour éviter une lutte à trois
L’égalisation italienne doit plus à des défaillances individuelles que structurelles, et notamment à deux mauvaises décisions d’Adrien Rabiot, déviant dangereusement le ballon de la tête en arrière, puis, après un sauvetage de Dayot Upamecano, plaçant Da Cunha dans l’embarras avec une relance qui le mettait sous pression, quand Adrien Truffert offrait une solution plus sécurisée. Mais Da Cunha reste coupable d’avoir manqué son contrôle sur ce ballon axial, dans une zone interdite, et c’est ainsi que Mike Maignan a encaissé, via Alessandro Bastoni, le premier but de l’ère Zidane (68e).
Malgré tout, les Bleus auront été bien meilleurs qu’en première période, ce qui n’était pas très difficile, et ils s’en seraient mieux sortis sans un grand Donnarumma, qui connaît la région, et qui a magnifiquement sauvé l’Italie sur des tentatives d’Olise (50e), Rabiot (70e) et Camavinga (84e et 90e+ 2). Hommage inutile au retour de Zidane avec les Bleus au Stade de France, l’expulsion d’Upamecano pour un deuxième jaune (85e) a même mis le match nul en péril, ce que ni le nouveau sélectionneur ni ses joueurs n’auraient mérité.
Avec sept points en trois journées de Ligue des nations, à mi-chemin de la première phase, il n’y a pas de mal, mais la faiblesse de la Turquie, à ce jour, suggère qu’il serait utile de battre la Belgique, lundi soir, pour éviter une course à trois qui ferait un déçu pour un détail, au bout du chemin. Il serait utile, aussi, de retrouver un élan, dans le jeu et l’efficacité, qui soit à la hauteur de la ferveur populaire à l’égard de ce grand ancien qui parvient à la fois à susciter la nostalgie et à incarner la nouveauté, deux sentiments qui s’atténueront avec le temps. Mais qui seront toujours là, lundi, même endroit, même heure.
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Dembélé, tout faux 9
Le Ballon d’Or 2025 ne parvient toujours pas à se montrer aussi performant en sélection qu’en club dans une position qu’il dit pourtant affectionner.
«Je l’ai trouvé bon sur les deux matches qu’il a débutés»
- ZINÉDINE ZIDANE, SÉLECTIONNEUR DES BLEUS
3 Oct 2026 - L'Équipe
Damien Degorre
Ousmane Dembélé a beau dire qu’il aime cette position de faux avant-centre, qu’elle lui offre une liberté quasi fondamentale à l’expression de ses qualités et que cette équipe de France, dirigée par Zinédine Zidane, ressemble fort au PSG de Luis Enrique, lui n’est pas le même joueur en bleu qu’en club pour l’instant, quand bien même évolue-t-il dans l’axe.
Hier encore, face à l’Italie, il a étalé un déchet étonnant et diffusé l’impression tenace que le costume n’est pas taillé de la même façon en sélection. Son influence fut limitée et son efficacité encore plus. Il a pourtant eu une occasion énorme, à la 48e minute, seul face au but, mais Gianluigi Donnarumma a détourné sa reprise.
Un but aurait sans doute sauvé des eaux une prestation d’ensemble trop terne pour un attaquant de son envergure. Si seulement elle était isolée au milieu de performances d’éclat, elle passerait par pertes et profits, mais le problème, depuis le début de cette Ligue des nations, porte sur le fait qu’il y a beaucoup trop de pertes (de ballons notamment) et très peu de profits à le voir aligné en pointe de l’attaque française. Sa rentrée en Belgique (1-0, lundi), en seconde période, était du même acabit alors que son match en Turquie (1-0, le 25 septembre) n’avait pas dessiné les prémices d’une montée en puissance.
Brassard au bras hier pour la première fois de sa carrière au coup d’envoi d’un match de l’équipe de France, Dembélé n’a pas paru croulé sous le poids de cette nouvelle responsabilité. Il n’a pas cherché à surjouer ou à trop en faire. Mais il n’a pas fait assez bien. Il a décroché quand il aurait fallu qu’il soit peut-être plus une solution dans la profondeur, comme lorsque Michael Olise a initié un contre et que son capitaine s’est retrouvé derrière lui (71e ) . Sur l’ensemble du match, hier, il n’a touché que cinq ballons dans la surface adverse, deux fois moins qu’Adrien Rabiot par exemple. Ses choix n’ont pas non plus été toujours très bien sentis, à l’image de cette passe interceptée (11e) ou de cette frappe qu’il a tardé à déclencher (23e).
Il ne faut sans doute pas condamner le Parisien dans ce rôle en équipe de France, et son sélectionneur s’est très vite mué en avocat de son vice-capitaine: « Je l’ai trouvé bon sur les deux matches qu’il a débutés. Je suis content de ce qu’il fait sur le terrain car il bouge beaucoup, il sort souvent de sa position et c’est ce qui m’intéresse. » Mais il ne doit pas non plus laisser filer les occasions de s’illustrer.
Au coup d’envoi de ce rassemblement, Zidane a choisi d’exiler Kylian Mbappé à gauche au moins autant parce qu’il aime voir le Madrilène partir de ce côté que parce qu’il voulait placer Dembélé au poste qui lui a permis de devenir Ballon d’Or en 2025. D’une certaine manière, cette décision du nouveau sélectionneur sacrifie autant Mbappé, pourtant auteur d’une Coupe du monde impressionnante comme avantcentre, qu’elle consacre le joueur du PSG. « Je sais qu’il faut que je marque et que je fasse des passes» , déclarait ce dernier, jeudi, à la veille du match contre l’Italie. Pour l’heure, il ne marque ni n’offre de passe décisive, et sa complicité technique avec Michael Olise ne saute pas encore aux yeux. Tant que Mbappé est absent, le débat d’une redistribution des cartes ne se pose pas mais, en novembre, pour les deux derniers matches de cette Ligue des nations, Zidane et son staff seront peut-être amenés à reconsidérer la question. À moins que, d’ici là, Dembélé ne dégaine le match qui éteint toutes les critiques. Pour l’heure, cette saison, il ne l’a pas encore sorti. Pas même avec le PSG.
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7 - La France n’a pas marqué en première période lors de ses sept derniers matches, sa plus longue série du genre depuis novembre 2009-octobre 2010 (13).
13 - L'équipe de France n'avait plus réalisé de résultat nul depuis le 13 octobre 2025 (0-0 contre l'Islande), soit la fin d'une série de 16 rencontres (13 victoires, 3 défaites), sa plus longue depuis novembre
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Dayot Upamecano au marquage d’Antonio Vergara,
l’attaquant de l’Italie et de Naples.
Derrière, l’audace assumée
Zinédine Zidane avait opté pour une animation défensive risquée. Avec des un-contre-un et un pressing très haut. Un choix à moitié payant.
3 Oct 2026 - L'Équipe
HUGO DELOM
Cinq ans sont passés depuis son départ du Real Madrid. Et sur cette période, Zinédine Zidane donne le sentiment d’avoir pensé et développé des principes tactiques nouveaux. Oui, le technicien (54 ans) reste sur son 4-3-3 madrilène, mais la manière dont il l’anime a vraiment changé. Le Zidane pragmatique des années 2015-2020 semble avoir disparu. Il y avait quelque chose de presque « bielsesque » dans ses choix hier soir. L’identité du relayeur droit – Rayan Cherki – illustre bien une audace nouvelle ( voir par ailleurs), mais c’est surtout dans ses choix défensifs que l’ancien meneur de jeu des Bleus surprend et colle – en partie – avec le fantasque technicien argentin. Face à l’Italie, le staff des Bleus avait choisi d’installer un bloc très haut avec des un-contre-un risqués derrière. Une option payante? Une équipe qui a concédé son premier but en trois matches de Ligue des nations, huit grosses occasions et quatorze frappes ne peut pas se satisfaire d’un tel bilan. Tout n’est pas à jeter pour autant.
Des un-contre-un plutôt bien gérés
Les partisans de Didier Deschamps ont dû se frotter les yeux. Jamais, sans doute, l’ancien patron des Bleus n’aurait installé une telle animation défensive. Zidane avait décidé de faire une individuelle quasi-totale sur les attaquants de la Nazionale. Avec Upamecano sur Pio Esposito, Truffert sur Sebastiano Esposito et Kalulu sur Kean. Et Jérémy Jacquet ? L’ex-Rennais avait, lui, un rôle encore plus exigeant. À lui d’aller chasser très haut – parfois à 30 mètres du but italien – le premier relanceur, souvent Fagioli. Ce choix assumé a donné lieu à des situations où les trois Français étaient totalement exposés dans la profondeur et où les montées de Jacquet laissaient beaucoup d’espaces.
Une option osée, travaillée mercredi en séances, qui a plutôt fonctionné. Des défenseurs comme Upamecano ou Jacquet disposent de tous les outils athlétiques – sens du duel et des compensations, vitesse – pour répondre à ce choix. Les centraux ont été dominants dans les un-contre-un. Et à leurs côtés, les deux latéraux, très intenses, ont aussi assumé ce modèle défensif avec des couvertures à l’intérieur intelligentes.
En première période, les Bleus, à l’exception de la grosse occasion de Kean (9e), n’ont rien subi. Le but vient ensuite d’une double erreur individuelle (Rabiot et Da Cunha) et les plus grosses occasions arrivent surtout après l’expulsion d’Upamecano (85e). Ce modèle défensif très exigeant, particulièrement énergivore, est-il transposable avec des adversaires plus aguerris ? Il y a un vrai doute. Il nécessitera que les Bleus soient au top physiquement et se coordonnent dans tous leurs déplacements.
Un pressing haut mais trop souvent inefficace
C’est l’un des préceptes majeurs de la méthode Zidane. On l’avait déjà vu à Izmit, face à la Turquie (1-0), puis à Bruxelles contre la Belgique (1-0). Le nouveau sélectionneur veut installer son équipe haut et qu’elle soit très réactive à la perte. Ce modèle, efficace en Belgique, n’a pas toujours fonctionné hier. La première ligne de pression a été généreuse, mais elle n’a pas toujours su freiner la première relance italienne.
Le milieu a été réactif, intense, mais les récupérations hautes n’ont pas débouché sur des situations nettes. La faute à un déchet technique important et trop de touches de balle face à un bloc transalpin situé très bas. Mais la vraie marge de progression de ces Bleus 2026-2027 se situe ailleurs: au Stade de France, ce bloc-là a manqué de compacité et a laissé trop d’espaces. Entre la première ligne de pression et les défenseurs, les distances ont été trop importantes. Même constat entre les lignes françaises. Des joueurs de la qualité de Tonali ou de Frattesi en ont profité. On ose à peine imaginer ce que ce déficit de compacité aurait eu comme conséquences face à l’Espagne par exemple.
S’il décide de poursuivre dans cette voie d’un pressing haut et d’une animation défensive faite de un-contre-un assumé, Zidane va devoir travailler tactiquement. Avec la nécessité d’une coordination totale.
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Au milieu, Cherki confirmé
Le sélectionneur des Bleus souhaite continuer de voir son équipe progresser avec le Citizen positionné comme milieu relayeur. L’ancien Lyonnais a les moyens de s’imposer dans ce rôle.
3 Oct 2026 - L'Équipe
LOÏC TANZI
Cela ressemble à un choix que Zinédine Zidane souhaite faire perdurer sur le long terme. Titulaire en position de relayeur en Turquie (1-0) la semaine dernière, puis entré dans le même rôle en Belgique lundi (1-0), Rayan Cherki a de nouveau évolué dans l’entrejeu hier soir au Stade de France, contre l’Italie (1-1).
Rayan Cherki, ici à la lutte avec le défenseur italien Alessandro Bastoni, s’est installé dans le onze de départ de Zinédine Zidane.
Ce repositionnement un peu plus bas sur le terrain est une nouveauté dans la carrière du joueur, alors que Didier Deschamps l'utilisait comme numéro10. Cette décision de «ZZ» n’est pas encore à l’apogée de sa productivité, mais fait clairement partie des axes de travail souhaités par le nouveau sélectionneur.
Après avoir été très travailleur en Turquie, puis décisif sur ses quelques minutes en Belgique, Cherki a réalisé une prestation plus neutre cette fois, mais loin d’être sans enseignement. Le Citizen est un joueur qui évolue avec le temps et qui peut avoir la capacité de s’implanter durablement dans cette équipe. Il y a du positif dans son match, même si rien n’a été exceptionnel, notamment à travers le prisme de ce que Zidane recherche en le titularisant au milieu.
Être dans le coeur du jeu lui permet de toucher plus souvent le ballon (91, le plus haut total français jusqu’à sa sortie à la 76e) et de se retrouver face au jeu, mais aussi plus loin du but. Mais l’ancien Lyonnais est un joueur créatif qu’on a régulièrement vu jouer simple face aux Italiens hier. Comme la plupart de ses coéquipiers, il n’a été que trop peu capable d’accélérer le jeu des siens et a parfois mis beaucoup trop de temps à chercher la passe juste.
Offensivement, il doit faire plus
Le bloc bas des Italiens aurait dû lui permettre de faire parler sa qualité technique. Dans ce domaine, les vidéos de ses passes sublimes avec Manchester City dans des petits espaces ont fait le tour des réseaux sociaux depuis le début de la saison. Celle de son inspiration sur le coup franc de Michael Olise va aussi tourner.
Mais offensivement, on doit encore attendre plus d’un joueur qui se revendique lui-même important. Il n’aura effectué que deux dernières passes avant un tir, dont une sur cette combinaison dont il ressort crédité d’une passe décisive, la deuxième de son rassemblement. Il n’aura aussi tenté que deux dribbles, pour un seul réussi.
Pour comprendre les progrès de Cherki en équipe de France et, plus globalement, dans sa carrière, il ne faut pas oublier d’où il vient. Si Zidane a décidé de lui faire confiance à un poste aussi central, c’est aussi parce que le joueur a changé. Surtout sans le ballon. Sous les ordres de Pep
Guardiola la saison dernière, Cherki a appris à travailler pour l’équipe sans perdre sa folie et sa magie lorsqu’il s’agit d’attaquer ensuite. Cela se traduit par un nombre de récupérations élevé (5) et des efforts plus importants à la perte du ballon. Là encore, il a une marge de progression importante.
Il peut encore, à l’avenir, gommer certains signes d’agacement ou de déception une fois les actions défensives terminées, ce qui lui permettra de gagner du temps sur son replacement. Dans le jeu sans ballon du joueur de City, il faut aussi noter sa capacité à aller au duel (10 au total, dont 7 remportés). Ses efforts défensifs visibles le sont aussi offensivement lorsqu’il s’agit de faire des courses pour libérer des espaces ou de se projeter dans la surface quand ses coéquipiers sont fixés devant. C’est comme ça qu’il a obtenu le coup franc avant le but de Michael Olise.
Telle est la vie avec Rayan Cherki désormais. Si du génie ne sort pas de ses pieds, les observateurs n’auront aucune difficulté à juger son match comme étant mauvais. Mais Zidane est persuadé de pouvoir continuer à le faire progresser. Et ne devrait pas démordre de son choix de le positionner au milieu. «Je compte sur tout le monde, j’ai des joueurs de grande qualité et Rayan en fait partie, je suis content de son match aussi ce soir» , a-t-il lancé hier au coup de sifflet final.
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Zidane : « Je sais qu’on va s’améliorer »
Quand il y a une erreur, c’est la faute de tout le monde
3 Oct 2026 - L'Équipe
ANTHONY CLÉMENT
Comment analysez-vous ce match nul ?
Je suis content ducontenu, pas durésultat car je pense qu’on méritait mieux. Onaeul’occasion de marquernotre deuxième but, onnel’a pas fait. Ce sont des choses qui arrivent, mais je suis vraiment très fier de mes joueurs. Je nepeuxêtre que content, àpart durésultat.
Comment expliquez-vous que la France ait enchaîné un septième match sans marquer en première période ?
Je ne pense pas qu’on ait voulu être trop parfait. Ce qui nous a manqué, c’est la profondeur dans les trente derniers mètres. Prendre les petits espaces, c’est vrai qu’on nel’a pas fait. Et on l’a très bien fait en début de seconde période, quand on les amis en difficulté. C’est pour ça que c’est frustrant.
Qu’avez-vous ressenti au moment de retrouver le Stade de France ?
C’était magnifique, onaurait aimégagner pour notre public. J’étais bien sûr forcément touché, ravi deretrouver le Stade de France.
Comment voyez-vous les responsabilités sur l’égalisation, entre Adrien Rabiot et Lucas Da Cunha ?
Lefoot, c’est essayer defaire le moins d’erreurs possible. Vous êtes là pour analyser tout ça mais pour moi, le plus important est devoir ailleurs, sur l’ensemble dumatch. Et je peux être content. Je ne vais pas rentrer dans le truc dequelle est la faute de qui. Quandil y auneerreur, c’est la faute detout le monde.
Vous n’avez marqué que trois buts en trois matches. Ya-t-il un souci d’efficacité ?
Ons’est créé pas mald’occasions mais Donna ru mm a a été très bon. Je sais qu’on va s’améliorer, je vais être frustré que ça s’arrête mais on n’est pas en club…»
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La Nazionale au rendez-vous
3 Oct 2026 - L'Équipe
M. Go.
Les Italiens passaient un test brûlant et ils ont relevé le défi, disciplinés sans le ballon pour ne pas trop concéder. Gianluigi Donnarumma (8) a été décisif (voir page 8). Cible de tous les feux après son carton rouge en barrage contre la Bosnie en mars, Alessandro Bastoni (7) a fait taire quelques critiques : très solide en charnière, il a aussi été opportuniste pour profiter de l’erreur de Da Cunha et égaliser. Les milieux ont beaucoup travaillé pour aider leurs défenseurs, à l’image du toujours actif Davide Frattesi (6). Nicolo Fagioli (4) a été un ton en dessous, et a provoqué le coup franc qui a permis à Olise d’ouvrir le score. Devant, Moise Kean (5) a manqué une occasion énorme (9e) mais il n’a pas ménagé les efforts, alors que Pio Esposito (4) a peiné à exister.
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La note moyenne 5,5
3 Oct 2026 L'Équipe
Maignan ........................ 7
Est-ce l’effet Barthez ? Mais on a retrouvé le vrai Maignan. Décisif et proactif. Il sort une énorme parade devant Kean (9e), reste dans son match en étant positionné très haut. Peut-il faire mieux devant Bastoni sur l’égalisation (68e) ? Il assure sur une tête de Kean (81e).
P. Kalulu........................ 5
Intéressant contre la Belgique, le Turinois a livré un match assez contrasté. À son crédit, cette énergie totale, ses courses régulières et un ou deux centres bien sentis. Hormis la grosse occasion (9e), il a bien résisté à Kean mais a été pris sur quelques séquences dans la profondeur.
Jacquet ......................... 7
Quatre jours après sa démonstration à Bruxelles, le défenseur de Liverpool, dans un rôle exigeant et hyper exposé – avec un marquage quasi-total sur Fragioli – a de nouveau livré une prestation intéressante. Il est intense, il va vite, mord dans le duel. Et ne semble pas du tout atteint par la pression.
Upamecano.................. 6
C’est le meilleur défenseur du monde en ce moment. Et on se demande quelles sont ses limites. Il a dévoré Pio Esposito dans le duel et a assuré sans cesse des couvertures efficientes. Son expulsion pour un deuxième jaune logique pèse forcément beaucoup sur sa note.
Truffert.......................... 6
L’un des gagnants du rassemblement. L’ancien Rennais amène des courses constantes, une intensité totale. Il est plutôt juste dans ses décisions. Et dans le duel, il a plus que résisté. Dans ce que veut construire Zidane à ce poste de latéral, il colle avec les besoins.
Da Cunha....................... 4
Une deuxième titularisation bien plus discrète que la première, lundi en Belgique, mais son aisance technique lui a permis d’être précieux dans les sorties de balle, jusqu’à ce contrôle totalement manqué sur le but de Bastoni (68e). Remplacé par Maxence Lacroix (87e).
Rabiot ............................ 4
Il a pu se projeter offensivement, ce qu’il adore, et a même eu l’occasion de marquer (70e, 76e), mais le milieu de terrain de l’AC Milan a eu beaucoup de déchet et de lenteur dans ses transmissions. Sa mauvaise passe pour Da Cunha a amené l’égalisation.
Olise............................... 7
Son deuxième but sous l’ère Zidane est aussi beau que le premier, une frappe qui vient se loger sous la barre, après avoir été décalé par Cherki (55e). S’il a connu pas mal de déchets en première période, il a été l’attaquant français le plus dangereux et percutant de la soirée.
O. Dembélé................... 3
Il rate une énorme occasion à la 48e qui aurait pu sauver son match. Parce que l’ensemble fut assez pauvre, le néo-capitaine des Bleus ne profitant pas vraiment de la liberté que lui offre son poste de faux 9. Entre contrôle raté, tirs non cadrés et mauvais choix, ce ne fut pas sa soirée.
D. Doué .......................... 6
S’il n’est que sur une seule occasion française (48e), il s’est distingué par son utilisation propre du ballon, une activité constante sur le côté gauche et un gros effort à la récupération. Remplacé par Barcola (76e) qui n’a pas vraiment existé au cours de sa vingtaine de minutes de jeu.
Le sélectionneur Zidane............................ 5
Peu de « surprises » cette foisci dans son onze de départ, mais une équipe moins impressionnante qu’en Belgique. Malgré ça, ses joueurs semblent répondre de mieux en mieux à ses attentes, notamment dans le pressing. H. De., D. D. et L. T.
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Michael Olise au pressing sur Pio Esposito,
hier, lors de France-Italie (1-1).
« Le tout-pressing comporte des risques »
François Clerc, l’ancien défenseur des Bleus, a aimé l’énergie et la générosité du pressing de l’équipe de France. Celui-ci s’est parfois retourné contre elle et a permis à l’Italie de se montrer très dangereuse.
«On est très ambitieux,
on sent une énergie et une dynamique»
3 Oct 2026 - L'Équipe
RÉGIS TESTELIN
Estimez-vous ce 1-1 logique ?
Oui, mêmesicen’est pas un matchfacile àanalyser. Onaurait pule gagner, mais Donnarumma aété très bon. Onaurait pule perdre dans les dernières minutes, àdix. L’expulsion d’Upamecanoest unpeusévère. Enpremière période, onaeula maîtrise et la possession, mais on a manqué de verticalité et de spontanéité. Onaeuunpeude déchet technique aussi, des passes ratées, des choix discutables, l’esprit était top, mais il amanquéuntruc. Enseconde mi-temps, c’était mieux mais on apris ce but dans notre meilleure période.
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné dans cette première période où la France a semblé très au-dessus alors que les meilleures occasions ont été italiennes ?
On a été incroyables dans le pressing. J’avais rarement vu la France presser autant et jouer autant chez l’adversaire. Ona défendu enavançant, ona récupéré le ballon très haut, lesattaquants ont été super généreux, Jacquet est montési haut. Mais il a manqué l’ étincelle et la passe éclair vers l’avant, après la récupération. Et comme les Italiens ont super bien défendu, il asuffi qu’on perde cette demi-seconde d’avance pour qu’ils se replacent. En deuxième période, onaété plus vifs dans les transmissions et d’ailleurs le coup franc dubut français est obtenu après une passe éclair d’Olise vers Cherki. Il fallait embrayer très vite après la récup’ pour pouvoir trouver des uncontre unavec les défenseurs italiens. J’ai retrouvé l’Italie. Ils ont très bien défendu, ils n’ont pas misle bus et ont été audacieux sur leurs contres.
Comment expliquez- v'ou's qu’ilsaient eu autant d’ occasions de marquer?
Letout-pressing comporte des risques. Ons’est ouvert. Quand l’adversaire arrive àsesortir de ton pressing, tu peux te faire transpercer et te retrouver vite en déséquilibre. C’est ce qui s’est passé dès la première occasion deKean, sortie par Maignan, et plusieurs fois dans le match. On est très ambitieux, onsent une énergie et unedynamiquedans cette équipe, il y aplein debonnes choses mais le pressing ases revers. Cematchétait peut-être un peu moins bon que contre la Belgique, oùil y aeuunvent de fraîcheur, mais c’était bien. J’ai trouvé les latéraux bons, surtout Truffert. Après, il y amoins d’attaquants desurface, donc on centre moins. C’est unchoix.
Qui est responsable du but italien : Rabiot ou Da Cunha?
Lapasse deRabiot est unpeu risquée dans cette zone et pas très “quali”. Elle arrive vite àDaCunha, avec unrebond qui l’oblige àcontrôler, il nepeut pas la donner àMaignanenune touche. Il contrôle, Bastoni est un défenseur central, tu te demandescequ’il faisait là mais ilintervient très bien. Dommage pour DaCunhaquiavait fait unsuper match, j’aime son pied gauche, son alternance jeu court et jeu long. Sanscette erreur, pas sûr quel’Italie serait revenue.
Comment avez-vous trouvé l’animation offensive et qu’avezvous pensé de Dembélé ?
Dembélén’a pas été trouvé en première période, il aété moins envuequ’Olise et Douépar exemple, qui avaient plus de liberté. Mais encore unefois, lesItaliens ont tellement bien défendu, ils n’ont laissé aucun espace. Dembéléaé té mieux en deuxième période mais il n’a pas euderéussite. Les Italiens ont contré toutes les frappes françaises et Donnarumma asorti les autres.»
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Gianluigi Donnarumma a été le meilleur Italien, hier.
Donnarumma a fait le mur
Encore une fois impressionnant sur sa ligne, le gardien italien a enchaîné les arrêts décisifs et aidé son équipe à repartir avec un point.
3 Oct 2026 - L'Équipe
MÉLISANDE GOMEZ
Il a fallu qu’il se penche un peu et qu’il recourbe ses larges épaules pour enlacer Ousmane Dembélé dans le couloir, juste avant d’entrer sur la pelouse. L’accolade a duré plusieurs secondes, Gianluigi Donnarumma était visiblement content de retrouver quelques visages familiers. « C’est fantastique de revoir beaucoup de mes amis » , souriait-il ensuite, au micro de TF1, et il faut croire que ce retour à Paris ne l’a pas assez ému pour le sortir de son match. À 27 ans, « Gigio » en a vu d’autres et il n’a plus l’âge de se perdre en fébrilité quand il enfile le maillot de la Nazionale, avec le brassard assorti.
Le capitaine savait que l’examen serait relevé, et il savait aussi qu’il aurait un rôle à jouer pour maintenir son équipe hors de l’eau au Stade de France. L’Italie entame à peine son long chemin vers la reconstruction, après une troisième phase finale de Coupe du monde manquée et, dans cet océan de doute, la seule certitude, c’est lui. Il a chanté l’hymne très fort et les yeux fermés, puis il est allé s’installer entre les poteaux, donnant toujours cette impression que la barre transversale n’est pas si haute que cela, quand il y range son 1,96 mètre.
Sept parades pour « Gigio »
Il ne s’attendait sans doute pas à une première période aussi tranquille, où il a dû sortir dans le bon tempo devant Dembélé (42e), mais où il a surtout constaté que le 4-3-3 tenait bon, lignes resserrées, milieux travailleurs, charnière impeccable. Le scénario s’est emballé en seconde période, mais il était prêt : il a lancé son match sur une double parade, une première détente face à Désiré Doué, avant de se relever comme posé sur ressorts pour repousser dans la foulée la reprise de Dembélé (48e). Le ton était donné, et la suite allait être encore plus impressionnante, entre un nouvel arrêt devant Michael Olise, incrédule (50e), un autre du bout du gant sur une frappe sèche d’Adrien Rabiot pourtant parfaitement placée (70e), ou un autre encore, de la main droite cette fois, pour sortir la belle tentative d’Eduardo Camavinga (90e+2).
Il a fallu un coup franc magistral d’Olise (55e) pour le laisser sans réaction et rappeler qu’il peut parfois voir passer un ballon sans réussir à le détourner mais, à l’heure des comptes, le bilan est éloquent : sept arrêts réussis, et un match nul qui va faire beaucoup de bien à la confiance de cette Nazionale qui se cherche encore. « Tous les arrêts sont difficiles, mais pour moi, le plus dur, c’était sur la frappe de Rabiot, jugeait-il en revoyant les images de sa démonstration. Je suis surtout content d’avoir pu aider mon équipe, on a fait un grand match dans une belle ambiance. »
L’Italie a fait un grand match, « Gigio » a fait un match encore plus grand, et les supporters du PSG présents au Stade de France ont pu constater qu’il n’avait rien perdu depuis son départ du club, à l’été 2025. Eux, en revanche, se sont peut-être dit qu’ils avaient perdu quelque chose…
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