LE CLUB DES CINQ


TADEJ POGACAR qui a encore assuré le spectacle, hier, avec Mathieu Van der Poel à Paris, rejoint JACQUES ANQUETIL, EDDY MERCKX, BERNARD HINAULT et MIGUEL INDURAIN dans le cercle très fermé des quintuples vainqueurs du Tour.

Pocagar ne veut pas penser à l’Histoire

Adoubé par Greg LeMond, présent à Paris et trois fois sacré sur le Tour, le Slovène rejoint le cercle fermé des quintuples vainqueurs. Mais il souhaitait juste « profiter du moment ».

"Chacun de mes cinq Tours raconte une histoire différente, 
a une signification différente et suscite des émotions différentes"
   - TADEJ POGACAR

"Il n’y a aucun doute, Pogacar a un talent exceptionnel"
   - GREG LEMOND

27 Jul 2026
L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

Les Champs-Élysées, avant de retrouver le calme qu’ils ne connaissent qu’une fois par an, débarrassés de la circulation et de la foule, ont été hier le lieu d’un foutoir d’après-Tour habituel, entre cris gutturaux et grégaires de toute l’équipe UAE Emirates-XRG. Même Brandon McNulty, malade et contraint à l’abandon, a poussé les cordes vocales avec Tadej Pogacar et ses équipiers, alignés comme une brochette sur des barrières de chantier qui ont tenu le coup.

Ensuite, l’éparpillement fut total, Tim Wellens chercha le podium en cours de montage avant de tomber dans les bras de Matar Suhail Al Yabhouni Al Dhaheri. Le président de la formation émirienne était heureux comme un enfant de remporter « le plus grand Tour du monde dans le plus bel endroit du monde. Le remporter cinq fois sur les sept dernières éditions signifie beaucoup pour nous. » Le coureur belge, une fois dégagé de l’étreinte de son patron, se laissait flotter sur les pavés, après quelques jours dans le mal, rattrapé également par un virus. « J’avais peur que Tadej soit contaminé mais il est même fort pour ne pas tomber malade (rires). » Et Wellens d’appuyer sa démonstration : « Je voulais faire une blague en disant que c’est une victoire d’équipe parce que sans nous, Tadej ne gagne pas. Mais ce n’est pas vrai. Qu’on soit là ou pas, il gagne.»

Le Slovène, pourtant, n’a eu de cesse de louer le travail des siens, de Barcelone jusqu’à la butte Montmartre où ses équipiers ont tout fait pour le placer en bonne situation lors du deuxième passage, moins dans le dernier au cours duquel le double champion du monde dut s’employer, seul, pour accompagner Mathieu Van der Poel. Avant de se rasseoir dans le final, épuisé. « Je savais qu’on devait tout donner. Lui aussi savait qu’il fallait tout donner, alors on s’est engagés à fond. Aujourd’hui, il a décroché une magnifique victoire.»

La sienne, la cinquième au classement général, le loge au plus près des autres légendes, de Jacques Anquetil à Miguel Indurain en passant par Eddy Merckx et Bernard Hinault. Mais, fidèle à sa rhétorique habituelle, Pogacar ne céda pas à la tentation des comparaisons. « Que ce soit mon premier ou mon cinquième, ça n’a pas d’importance. Je veux juste profiter de ce moment, sans penser à l’Histoire, aux records ou à quoi que ce soit d’autre. Je suis vraiment heureux et fier de remporter mon cinquième Tour mais chacun d’eux raconte une histoire différente, a une signification différente et suscite des émotions différentes. Chacun est, pour moi, tout simplement incroyable et difficile à croire.»

Quelques minutes auparavant, sur le podium, il avait reçu son trophée des mains de Greg LeMond. À l’inverse de «Pogi », l’Américain ne reculait pas devant l’exégèse. «Il y a Eddy Merckx mais je crois maintenant que Tadej est un peu au-dessus. Cela va être dur pour les autres de rivaliser, peut-être Paul (Seixas) qui est impressionnant à 20ans. Mais quand on arrive au sommet où est arrivé Tadej, c’est difficile ensuite de le bouger. Hinault et Merckx étaient comme ça.»

Le triple vainqueur de la Grande Boucle (1986, 1989, 1990), de retour sur les Champs-Élysées pour fêter les 40 ans de son premier succès, ne voit pas de limite au Slovène. « Il n’a pas d’accident, pas de problème physique, cela va durer encore trois ou quatre ans. Il va gagner au moins sept Tours.»

Le chiffre n’est pas anodin, il ramène à Lance Armstrong dont le nom a été ensuite rayé sept fois du palmarès. «Cela n’a rien à voir, oppose LeMond. Lance n’avait pas son talent, il l’a «trouvé» à 28ans. Pogacar a gagné son premier Tour à 20 ans. Tout le monde parle de watts. Mais des gens sont nés naturellement avec une grosse Vo2max et cela n’a rien à voir avec un gars qui a une petite Vo2max et qui gagne sept Tours de France. Il n’y a aucun doute, Pogacar a un talent exceptionnel. De temps en temps, sur des millions de personnes, tu en as un qui a 3 ou 4% de plus. Ce n’est pas beaucoup mais cela change tout sur le Tour.»

La suspicion perdure pourtant, et le Slovène, contrôlé pendant le Tour à cinq heures du matin, trois heures après son rival Jonas Vingegaard, n’a pas modifié sa ligne de défense.

Il compose avec les contrôles et le poison du doute. « Depuis que je participe au Tour, nous subissons des contrôles très poussés. Avant les étapes de montagne les plus importantes, il est arrivé très souvent, quatre ou cinq fois sur les sept Tours que j’ai disputés, qu’ils contrôlent le bus de l’équipe une trentaine de minutes avant le départ. Mais ils font leur travail et ça fait partie de ma vie. Quand j’entends frapper à la porte, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’un contrôle antidopage. C’est devenu aussi banal pour moi que d’aller faire les courses au supermarché. »

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Le symbole de l'évolution du vélo

Pour gagner ses cinq Tours, Pogačar aura passé beaucoup moins d'heures sur le vélo que les autres membres de sa caste. La raison est double : le kilométrage du parcours a été sensiblement raccourci (-29% entre le premier Tour d'Anquetil et le plus récent de « Pogi »), afin de préserver la santé des coureurs, et les vitesses sont plus élevées. La moyenne totale du Slovène est supérieure d'environ 6 km/h à celle d'Anquetil. En juxtaposant les allures du quintet des quintuples vainqueurs, on constate que depuis Merckx, la vitesse moyenne suit une augmentation régulière d'environ 4% par décennie. Une courbe rectiligne à laquelle colle Pogačar, quand Lance Armstrong lui avait fait dessiner un petit pic.

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102 - Comme Anquetil, Merckx et Hinault, Tadej Pogačar s'est imposé dans le Tour dès sa première participation, en 2020. Mais il avait une expérience moindre : seulement 102 jours de course en professionnel en arrivant à Paris, contre 196 pour Hinault et 253 pour Merckx ; et vingt mois comme pro alors qu'Anquetil en était à quatre ans (pour 89 jours de course) comme Merckx, Hinault à trois et Indurain à sept.

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IL CLUB DEI CINQUE

TADEJ POGACAR, che ieri ha offerto ancora una volta uno spettacolo straordinario con Mathieu van der Poel a Parigi, entra a far parte, insieme a JACQUES ANQUETIL, EDDY MERCKX, BERNARD HINAULT e MIGUEL INDURAIN, della ristretta cerchia dei cinque volte vincitori del Tour.

Pogačar non vuole pensare alla storia

Insignito da Greg LeMond, presente a Parigi e tre volte vincitore del Tour, lo sloveno entra a far parte della ristretta cerchia dei vincitori per cinque volte. Ma lui voleva solo «godersi il momento».

«Ciascuno dei miei cinque Tour racconta una storia diversa,
ha un significato diverso e suscita emozioni diverse»
   - TADEJ POGACAR

«Non c’è alcun dubbio, 
Pogacar ha un talento eccezionale»
   - GREG LEMOND

27 luglio 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

Gli Champs-Élysées, prima di ritrovare la calma che conoscono solo una volta l’anno, liberi dal traffico e dalla folla, ieri sono stati teatro del consueto trambusto post-Tour, tra grida gutturali e corali di tutta la squadra UAE Emirates-XRG. Persino Brandon McNulty, malato e costretto al ritiro, ha dato sfogo alla sua voce insieme con Tadej Pogačar e ai loro compagni di squadra, allineati come su uno spiedino sulle transenne del cantiere che hanno tenuto botta.

A quel punto il gruppo si è completamente frammentato: Tim Wellens ha cercato di salire sul podio durante la volata finale, prima di finire tra le braccia di Matar Suhail Al Yabhouni Al Dhaheri. Il presidente della squadra emiratina era felice come un bambino per aver vinto «il più grande giro al mondo nel posto più bello al mondo. Averlo vinto cinque volte nelle ultime sette edizioni significa molto per noi». Il corridore belga, una volta liberatosi dall’abbraccio del proprio capo, si è lasciato trasportare sul selciato, dopo alcuni giorni di sofferenza, colpito a sua volta da un virus. «Temevo che Tadej potesse esserne contagiato, ma lui è talmente forte da non ammalarsi mai (ride).» E Wellens ha ribadito il concetto: «Volevo scherzare dicendo che è una vittoria di squadra perché senza di noi Tadej non avrebbe vinto. Ma non è vero. Che ci siamo o no, lui vince.»

Lo sloveno, tuttavia, non ha smesso di elogiare il lavoro dei propri compagni, da Barcellona fino alla collina di Montmartre, dove hanno fatto di tutto per metterlo in una buona posizione al secondo passaggio, meno nel terzo e ultimo, durante il quale il due volte campione del mondo ha dovuto impegnarsi, da solo, per stare al passo con Mathieu van der Poel. Prima di rallentare nel finale, esausto. «Sapevo che dovevamo dare il massimo. Anche lui sapeva che bisognava dare il massimo, quindi ci siamo impegnati al massimo. Oggi ha conquistato una magnifica vittoria.»

La sua, la quinta nella classifica generale, lo colloca a un passo dalle altre leggende, da Jacques Anquetil a Miguel Indurain, passando per Eddy Merckx e Bernard Hinault. Ma, fedele alla sua consueta retorica, Pogačar non ha ceduto alla tentazione dei paragoni. «Che sia la mia prima o la mia quinta, non ha importanza. Voglio solo godermi questo momento, senza pensare alla storia, ai record o a qualsiasi altra cosa. Sono davvero felice e orgoglioso di aver vinto il mio quinto Tour, ma ognuno di essi racconta una storia diversa, ha un significato diverso e suscita emozioni diverse. Ognuno è, per me, semplicemente straordinario e difficile da credere».

Pochi minuti prima, sul podio, aveva ricevuto il trofeo dalle mani di Greg LeMond. A differenza di «Pogi», l’americano non si è tirato indietro in tema di analisi. «C’è stato Eddy Merckx, ma ora credo che Tadej sia un po’ al di sopra di lui. Sarà difficile per gli altri competere, forse Paul (Seixas), che a 20 anni è impressionante. Ma quando si raggiunge l’apice a cui è arrivato Tadej, è difficile poi scalzarlo. Hinault e Merckx erano così.»

Il dato non è casuale: rimanda a Lance Armstrong, il cui nome è stato poi cancellato sette volte dall’albo d’oro. «Non c’entra nulla», ribatte LeMond. «Lance non aveva il suo talento, se l’è “scoperto” a 28 anni. Pogačar ha vinto il suo primo Tour a 20 anni. Tutti parlano di watt. Ma ci sono persone che nascono naturalmente con un Vo2max elevato e questo nulla ha a che vedere con un ragazzo che ha un Vo2max basso e che vince sette Tour de France. Pogacar ha un talento eccezionale. Di tanto in tanto, su milioni di persone, ce n’è una che ha il 3 o il 4% in più. Non è molto, ma cambia tutto al Tour».

Il sospetto persiste tuttavia, e lo sloveno, sottoposto a controllo durante il Tour alle cinque del mattino, tre ore dopo il suo rivale Jonas Vingegaard, non ha modificato la sua linea di difesa.

Convive con i controlli, e con il veleno del dubbio. «Da quando partecipo al Tour, siamo sottoposti a controlli molto approfonditi. Prima delle tappe di montagna più importanti, è capitato spesso, quattro o cinque volte nei sette Tour che ho disputato, che controllassero il pullman della squadra una trentina di minuti prima della partenza. Ma fanno il loro lavoro e questo fa parte della mia vita. Quando sento bussare alla porta, la prima cosa che mi viene in mente è che si tratti di un controllo antidoping. Per me è diventato banale quanto andare a fare la spesa al supermercato.»

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Il simbolo dell’evoluzione del ciclismo

Per vincere i suoi cinque Tour, Pogačar avrà trascorso molte meno ore in sella rispetto agli altri membri della sua élite. Il motivo è duplice: il chilometraggio del percorso è stato notevolmente ridotto (-29% tra il primo Tour di Anquetil e quello più recente di «Pogi»), al fine di preservare la salute dei corridori, e le velocità sono più elevate. La media complessiva dello sloveno è superiore di circa 6 km/h a quella di Anquetil. Mettendo a confronto le andature del quintetto dei vincitori di cinque Tour, si nota che, a partire da Merckx, la velocità media ha registrato un aumento costante di circa il 4% ogni decennio. Una curva lineare alla quale Pogačar si attiene, mentre Lance Armstrong aveva fatto registrare un mini-picco.

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102 - Come Anquetil, Merckx e Hinault, Tadej Pogačar si è imposto al Tour già alla sua prima partecipazione, nel 2020. Aveva però meno esperienza: solo 102 giorni di gara da professionista al suo arrivo a Parigi, contro i 196 di Hinault e i 253 di Merckx; e venti mesi da professionista, mentre Anquetil ne aveva quattro (per 89 giorni di gara), Merckx e Hinault tre e Indurain sette.

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