Une belle récolte


Paret-Peintre a récolté 25 points dans la course au maillot à pois hier.

Offensif hier dans les Vosges, Valentin Paret-Peintre s’est repositionné au classement de la montagne. Suffisant pour revêtir le maillot à pois par procuration, mais il faudra déloger Tadej Pogačar.

19 Jul 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

LE MARKSTEIN (HAUT-RHIN) – Valentin Paret-Peintre a pris une douzaine de minutes dans la vue par Tadej Pogačar, hier, entre le pied et le sommet du col du Haag, et il ne fait aucun doute que le Maillot Jaune est aussi le meilleur grimpeur de ce Tour. Le Slovène gloutonne des points sans les chasser, tirant tous les profits bonus de sa course à élimination.

Dans un autre registre, l’agressivité du Haut-Savoyard, sa force pour se glisser dans les échappées et ce punch avant les bascules, l’inscrivent dans une « course à la qualification », où il s’agit plutôt de s’emparer du maillot à pois par procuration, pour être celui qui mérite de le disputer à Pogacar en troisième semaine. À ce jeu-là, Paret-Peintre s’est bien débrouillé dans les Vosges, où sa moisson de 25 points, hier, lui a permis de remonter à la 2e place du classement de la montagne, à neuf unités du leader d’UAE.

Il a songé à la victoire d’étape

Le grimpeur poids plume (1,78 m; 52 kg) de Soudal-Quick Step a surtout dégoûté un adversaire potentiel, Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), surpris par le kick du Français au sommet du Grand Ballon (1re catégorie), où Ben Healy tentait pourtant de le propulser vers les dix points. L’Équatorien semblait déjà abattu dans le col du Page (2e catégorie), puis a carrément laissé filer Paret-Peintre en tête au troisième sommet de la journée, le Ballon d’Alsace (1re catégorie).

Les traits tirés à l’arrivée, le Français concédait que « c’était une journée à fond de bout en bout, très difficile, mais une bonne journée comme j’aime avec un enchaînement de cols » . Et une récolte satisfaisante, même si l’avance accordée à l’échappée – si rare sur ce Tour – lui a, un temps, fait songer à la victoire d’étape. « Au début, j’y suis allé vraiment pour la chasse aux points mais quand on a eu trois minutes, je me suis dit pourquoi pas, a-t-il raconté. Après, je sentais que Carapaz était beaucoup plus fort. J’ai fait le maximum pour les points, c’était difficile d’aller en prendre dans le dernier col (du Haag) alors que j’étais bien usé, et le peloton n’était pas très loin derrière… »

Vainqueur au Mont Ventoux, l’an dernier, il avait clairement affirmé l’ambition du maillot à pois dès le début du Tour, et il est honorable de le voir s’obstiner malgré les razzias « involontaires » de Pogačar. « On va essayer de passer le maximum de temps à l’avant pour prendre tout ce qu’il y a à prendre, maintient Paret-Peintre. Maintenant il ne reste que des grosses étapes dures. Ça sera encore une grosse bataille pour l’échappée dès demain (aujourd’hui). » Quatorze points sont à prendre dans les trois premières ascensions, ce qui permettrait de limiter la casse mais représenterait tout de même un déficit en cas de victoire d’étape de Pogacar, qui peut s’offrir 20 unités au Plateau de Solaison. 

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