Tous les deux destinés


Célia Géry et Paul Seixas, en 2021. Ils ont 15 ans et sont tous les deux champions 
de France cadets 1 sur route à Lorrez-le-BocagePréaux en Seine-etMarne.

Leaders de l’équipe de France à 20 ans, Paul Seixas et Célia Géry se côtoient depuis l’enfance, d’abord adversaires en cyclo-cross puis patrons des Bleus partageant la même ascension fulgurante.

"Deux teignes qui ne lâchaient rien sur le vélo"
   - PASCAL GÉRY, LE PÈRE DE CÉLIA

"On l’avait attaquée pour qu’elle pète parce qu’on est cons, 
mais elle avait tenu hyper longtemps"
   - CYPRIEN MAISSON, UN DES MEILLEURS 
      AMIS DE PAUL SEIXAS

"Ils ont franchi ensemble les étapes 
et se sont quelque part tirés vers le haut"
   - FRED MACAUDIÈRE, COORDINATEUR 
     TECHNIQUE SPORTIF D’AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

25 Sep 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX et THOMAS PEROTTO

MONTRÉAL (CAN) – Paul Seixas a retrouvé un visage particulièrement familier le jour de son 20e anniversaire, hier.Les Bleus ont rallié l’hôtel de Brossard, en banlieue de Montréal, où Célia Géry et le reste de l’équipe de France féminine séjournent déjà depuis quelques jours. « Ils se sont côtoyés très jeunes, Célia venait d’Ardèche, Paul du Rhône, et quand les enfants font leurs premières courses, c’est forcément dans leur région, retrace Emmanuelle Seixas. Célia faisait déjà beaucoup de cyclocross mais Paul a commencé sur le tard, à 8 ans. »

Trop jeunes à l’époque pour se souvenir aujourd’hui de leur première rencontre, les leaders français sur ces Mondiaux peuvent compter sur la mémoire précise de la mère de Seixas. Baignée dans un environnement familial cycliste et licenciée depuis ses 5 ans, Géry a couru pour la première fois contre son homologue masculin à 9 ans, le 3 octobre 2015, sur un cyclo-cross pluvieux « Paul souhaitait absolument se mettre au cyclo-cross, on a fini par lui acheter son premier vélo et il a voulu commencer immédiatement par une compétition, poursuit Emmanuelle Seixas. Il se trouve que celle-ci était organisée… par le père de Célia ! Elle avait d’ailleurs gagné ce jour-là. Son frère jumeau, Evan, était là aussi ( 3e), et avec Paul (qui avait terminé 8e), ils ont tous les trois partagé beaucoup de courses les mois et années suivantes. »

Ils ont aussi partagé de nombreux podiums, Pascal Géry se souvenant de sa fille et de Seixas comme de « deux teignes qui ne lâchaient rien sur un vélo » . « Peutêtre que je l’ai battu mais je ne sais pas vraiment, ça remonte! » sourit humblement l’Ardéchoise, que le destin a réunie avec Seixas de l’autre côté de l’Atlantique à la tête du cyclisme français.

« C’est un peu une coïncidence et c’est quand même dingue quand j’y repense » , réalise Géry. « C’est une coïncidence et en même temps ce n’en est pas une parce que quand Célia était petite, jusqu’en minimes, elle était capable de nous tenir et même de gagner les courses chez les mecs » , rationalise Paul Seixas.

« Je me souviens d’une course en cadets où il n’y avait pas Paul mais on était cinq ou six mecs en échappée et lors du dernier tour, je me retourne et je vois encore cette fille derrière nous, raconte Cyprien Maisson, un des meilleurs amis de Seixas. Je ne la connaissais pas, alors je me disais: “Non mais c’est quoi ça ?” On l’avait attaquée pour qu’elle pète parce qu’on est cons, mais elle avait tenu hyper longtemps ! » « Ça, je ne l’avais jamais su mais ce n’est pas sympa, je retiens, se marre Géry. Mais voilà, ils m’ont endurcie. »

Les chemins des enfants prodiges auraient pu se séparer à l’adolescence quand la croissance des garçons a mis fin aux courses mixtes, mais ils se sont toujours retrouvés lors des weekends dans les labourés, spectat eurs ensemble des Él i t es l’après-midi après leurs propres médailles. « On a chacun eu notre trajectoire mais je la retrouve toujours en sélection, c’est assez fou, que ce soit en cyclo-cross ou sur la route » , complète Seixas. « Ils ont continué à se voir au comité régional, relève Emmanuelle Seixas. Il y avait deux enfants par catégorie qui étaient envoyés sur ces compétitions: chez les filles, c’était souvent Célia et Amalia Debarges, chez les garçons Paul et le frère de Célia, Evan. »

Géry et Seixas ont ainsi gagné le Trophée de France des Jeunes Cyclistes en juillet 2016 à Rochefort-la-Terre (Charente-Maritime) en pupilles 2. « La première anecdote qui me revient, c’est sur leur premier Championnat de France cadets en cyclo-cross en 2021 à Saint-Quentin-en-Yvelines, note pour sa part Fred Macaudière, coordinateur technique sportif d’Auvergne-Rhône-Alpes. Célia est devenue pour la première fois championne de France et Paul a fait 2e chez les garçons. On a compris ce jour-là qu’on avait deux pépites. Ils ont franchi ensemble les étapes et se sont quelque part tirés vers le haut. »

Plus récemment, en 2024, ils ont aussi conquis un titre collectif en Alsace, sur le relais mixte des Championnats de France en juniors 2 (avec Éline Joncheray, Nina Lavenu, Camille Charret et Valentin Martinet). « Ils ont au moins réalisé huit Championnats de France ensemble sous les couleurs d’AURA » , souligne Macaudière.

Déjà ensemble au Rwanda l’an dernier, Géry, titrée en Espoirs, et Seixas, 13 chez les grands, partagent au Canada leur premier Championnat du monde Élites dans un rôle de leader des Bleus. Le premier d’une longue série.


***

Célia Géry e Paul Seixas, nel 2021. Hanno 15 anni ed entrambi diventano campioni
di Francia cadetti 1 su strada a Lorrez-le-Bocage-Préaux, nella Seine-et-Marne.

Uniti per predestinazione

Leader della nazionale francese Under 20, Paul Seixas e Célia Géry si conoscono fin dall’infanzia: dapprima avversari nel ciclocross, poi protagonisti dei Bleus, condividono la stessa fulminea ascesa.

«Due testardi che in sella non mollavano mai»
   - PASCAL GÉRY, IL PADRE DI CÉLIA

«L’avevamo attaccata per farla crollare, 
perché siamo degli idioti, ma lei ha tenuto duro tantissimo»
- CYPRIEN MAISSON, UNO DEI 
  MIGLIORI AMICI DI PAUL SEIXAS

«Hanno superato insieme le tappe
e in un certo senso si sono spronati a vicenda»
- FRED MACAUDIÈRE, COORDINATORE
  TECNICO SPORTIVO DELL’AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

25 settembre 2026 - L’Équipe
LUC HERINCX e THOMAS PEROTTO

MONTREAL (CAN) – Paul Seixas ha ritrovato un volto particolarmente familiare ieri, in occasione del suo ventesimo compleanno. I Bleus si sono recati all’hotel di Brossard, nella periferia di Montreal, dove Célia Géry e il resto della nazionale femminile francese alloggiano già da alcuni giorni. « Si sono conosciuti da giovanissimi: Célia veniva dall’Ardèche, Paul dal Rodano, e quando i bambini partecipano alle loro prime gare, è inevitabilmente nella loro regione”, racconta Emmanuelle Seixas. Célia praticava già molto il ciclocross, mentre Paul ha iniziato più tardi, a 8 anni».

Troppo piccoli all’epoca per ricordare oggi il loro primo incontro, i capitani della Francia in questi Mondiali possono contare sulla memoria precisa della madre di Seixas. Cresciuta in un ambiente familiare appassionato di ciclismo e tesserata fin dall’età di 5 anni, Géry ha gareggiato per la prima volta contro il suo omologo maschile a 9 anni, il 3 ottobre 2015, in una gara di ciclocross sotto la pioggia. «Paul voleva fortissimamente dedicarsi al ciclocross, alla fine gli abbiamo comprato la sua prima bicicletta e lui ha voluto iniziare subito con una gara», continua Emmanuelle Seixas. Si dà il caso che quella gara fosse organizzata… proprio dal padre di Célia! Lei, tra l’altro, quel giorno aveva vinto. C’era anche suo fratello gemello, Evan (3°), e insieme con Paul (che era arrivato 8°), tutti e tre hanno condiviso molte gare nei mesi e negli anni successivi. »

Hanno condiviso anche numerosi podi; Pascal Géry ricorda sua figlia e Seixas come «due testardi che non mollavano mai, in sella alla bici». «Forse l’ho battuto, ma non davvero lo so, è passato tanto tempo!», sorride con umiltà la ragazza originaria dell’Ardèche, che il destino ha riunito con Seixas dall’altra parte dell’Atlantico alla guida del ciclismo francese.

«È un po’ una coincidenza ed è comunque pazzesco se ci ripenso», osserva Géry. «È una coincidenza e allo stesso tempo non lo è, perché quando Célia era piccola, fino alla categoria minimes, riusciva a tenere il passo con noi e persino a vincere le gare tra i ragazzi», spiega Paul Seixas.

«Ricordo una gara nella categoria cadetti in cui Paul non c’era, ma eravamo in cinque o sei ragazzi in fuga e, durante l’ultimo giro, mi sono girato e ho visto di nuovo quella ragazza dietro di noi», racconta Cyprien Maisson, uno dei migliori amici di Seixas. «Non la conoscevo, quindi mi dicevo: “Ma che cavolo succede?” L’avevamo attaccata per farla crollare, perché siamo degli idioti, ma lei ha tenuto duro tantissimo!». «Questo non l’avevo mai saputo, ma non è carino, me lo ricorderò», ride Géry. «Ma ecco, mi hanno temprata».

I percorsi dei due bambini prodigio avrebbero potuto separarsi durante l’adolescenza, quando la crescita dei ragazzi ha posto fine alle gare miste, ma si sono sempre ritrovati nei fine settimana sui campi arati, spettatori insieme delle Élites nel pomeriggio dopo aver conquistato le rispettive medaglie. «Ognuno di noi ha seguito il proprio percorso, ma la ritrovo sempre in nazionale, è piuttosto incredibile, sia nel ciclocross sia su strada», aggiunge Seixas. «Hanno continuato a incontrarsi in sede di comitato regionale», sottolinea Emmanuelle Seixas. «Per ogni categoria venivano inviati due ragazzi a queste competizioni: tra le ragazze, spesso erano Célia Géry e Amalia Debarges; tra i ragazzi, Paul e il fratello di Célia, Evan».

Géry e Seixas hanno così vinto il Trofeo di Francia dei Giovani Ciclisti nel luglio 2016 a Rochefort-la-Terre (Charente-Maritime) nella categoria pupilles 2. «Il primo aneddoto che mi viene in mente riguarda il loro primo Campionato di Francia cadetti di ciclocross nel 2021 a Saint-Quentin-en-Yvelines», osserva Fred Macaudière, coordinatore tecnico sportivo dell’Auvergne - Rhône-Alpes. Célia è diventata per la prima volta campionessa di Francia e Paul tra i ragazzi si è classificato secondo. Quel giorno abbiamo capito di avere due talenti. Hanno superato insieme le varie tappe e, in un certo senso, si sono spronati a vicenda. »

Più recentemente, nel 2024, hanno conquistato anche un titolo a squadre in Alsazia, nella staffetta mista dei Campionati francesi juniores 2 (insieme con Éline Joncheray, Nina Lavenu, Camille Charret e Valentin Martinet). «Hanno disputato almeno otto Campionati francesi insieme con i colori dell’AURA», sottolinea Macaudière.

Già insieme in Ruanda lo scorso anno, Géry, campionessa nella categoria Espoirs, e Seixas, tredicesimo tra i senior, condividono in Canada il loro primo Campionato del mondo Elite nel ruolo di leader dei Bleus. Il primo di una lunga serie.

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