EVENEPOEL-LIPOWITZ Entente impossible ?


Florian Lipowitz (à gauche) et Remco Evenepoel face à la presse, 
jeudi, avant le début du Tour de France.

Désignés coleaders par leur équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe, le Belge et l’Allemand assurent qu’ils tireront avantage de leur association sur le Tour de France. Mais plusieurs signaux présagent du contraire.

“Je sais ce que vous voulez qu’on dise, 
que je veux être sur le podium final puis Florian va dire pareil"
   - REMCO EVENEPOEL, COLEADER DE 
     RED BULL-BORA-HANSGROHE

4 Jul 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

BARCELONE (ESP) – Les différences d’attitude et la tension lors de leur conférence de presse commune à Barcelone, jeudi, traduisent l’antinomie entre Remco Evenepoel et Florian Lipowitz. Une démarche assurée pour le premier, micro quasiment toujours en main en distributeur de la parole pour son coleader. Les bras croisés, les mots hésitants et une posture recroquevillée pour le second… Le Belge est meilleur rouleur et pourrait prendre un avantage dès le chrono par équipes, ce samedi. L’Allemand est, lui, un meilleur grimpeur et a pris l’ascendant sur le Tour de France l’an dernier (3e alors que celui qui était alors chez Soudal-Quick Step avait abandonné) et en Catalogne (3e contre 5e) en mars.

« On n’a pas besoin d’apprendre l’un de l’autre, justement parce qu’on est des personnes différentes, a répondu Evenepoel, agacé, après une question sur leur duo. On a juste à rester nous-mêmes. C’est comme si je vous disais : “Que voulez-vous apprendre de cet autre journaliste ?” Ça veut dire que vous êtes un mauvais journaliste ? C’est pour cela qu’on part avec deux leaders, parce qu’on a des caractéristiques différentes. » La décision a été prise au mois de décembre, quelques jours avant la présentation d’Evenepoel sous ses nouvelles couleurs et l’annonce de la prolongation du contrat de Lipowitz. « On est assez différents, soulignait l’Allemand. Moi, je ne suis pas forcément très à l’aise avec les médias, donc je suis content qu’on puisse refaire un peu comme avec Primož que je puisse me concentrer sur moi. J’ai hâte de courir aux côtés de Remco. »

Un précédent épineux avec Roglic pour Lipowitz

La cohabitation avec le Slovène sur le dernier Tour n’avait pourtant pas été exemplaire. Lipowitz s’était certes révélé en briguant la 3e place du général dans l’ombre de Roglič, dont le statut cristallisait l’attention. Mais le quadruple vainqueur de la Vuelta avait joué pour sa pomme, préférant prendre l’échappée sur la 18e étape plutôt que de défendre son leader émergent. Lipowitz revendique son « esprit d’équipe » , ce que suggère aussi son tempérament effacé, mais sa façon de courir indique un sens tactique limité, comme lors de la 5e étape du Tour du Pays basque où tous deux s’étaient courus l’un après l’autre, avec un Roglic particulièrement remonté contre l’Allemand à l’arrivée.

La première et seule expérience du binôme Lipowitz-Evenepoel, au printemps, a été plus nuancée. Tombé le troisième jour en Catalogne, le Brabançon s’était mué en lieutenant idéal – « il a fallu changer d’approche et se sacrifier, ça s’est bien terminé » (Evenepoel) – tout en sachant que ses efforts lui seraient utiles pour préparer le Tour des Flandres et les classiques ardennaises. « Remco a été incroyable, je ne sais pas quoi dire d’autre » , avait d’ailleurs salué Lipowitz, à la veille d’une dernière étape où le Belge s’était montré offensif à Montjuic alors que l’objectif était de sécuriser le podium de l’Allemand.

Questionné jeudi sur ses objectifs personnels, Evenepoel a répondu avec une pointe d’ironie que c’était « une question typiquement hollandaise » . Lui veut gagner une étape, prendre le jaune dès ce samedi… « Après, je sais ce que vous voulez qu’on dise, que je veux être sur le podium final puis Florian va dire pareil » , a-t-il souri. Un objectif confirmé ensuite à demi-mot par les deux hommes.

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