LE GRAND COMBAT
SUR LEUR 21
À deux jours des Champs-Élysées, l’Alpe d’Huez et ses virages mythiques promettent une explication dantesque entre Tadej Pogačar et ses trois poursuivants. Richard Carapaz a remporté l’étape d’Orcières Merlette au prix d’une nouvelle bataille féroce alors que se profilent les deux journées décisives de ce Tour à l’Alpe d’Huez, où Tadej Pogacar voudra sceller son cinquième sacre malgré les malades autour de lui.
Richard Carapaz a remporté l’étape d’Orcières Merlette au prix d’une nouvelle bataille féroce alors que se profilent les deux journées décisives de ce Tour à l’Alpe d’Huez, où Tadej Pogacar voudra sceller son cinquième sacre malgré les malades autour de lui.
24 Jul 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
ORCIÈRES MERLETTE (HAUTES-ALPES) – Les forcenés se relaient dans ce Tour de France, et cela devient une condition nécessaire pour lever les bras, tenter encore et encore sa chance, d’où les mêmes visages et surtout les mêmes jambes souvent à l’avant, car rien n’est facile dans cette édition, et sûrement pas de gagner.
Au lendemain de la victoire de Jasper Philipsen, qui s’est acharné jusqu’à la 17e étape pour regoûter au succès dans la Grande Boucle, Richard Carapaz a connu son moment de bonheur à lui à Orcières Merlette, alors qu’on l’avait déjà vu sortir les griffes à plusieurs reprises depuis le départ de Barcelone, en particulier vers le Lioran et le Markstein, où à chaque fois il avait fallu que les favoris et Tadej Pogacar le neutralisent, ce qui situe son niveau de j eu. L’Équatorien émarge à la caste des attaquants furieux, des combattants magnifiques, avec la patine de son intelligence et de l’expérience de ses 33 ans, un cocktail qui fait des ravages.
Carapaz a su jouer fin
Son premier succès, il y a deux ans, sur les routes du Tour, à Superdévoluy, non loin d’Orcières, était déjà du même tonneau. Hier, on l’a vu dans un premier temps s’obstiner, comme chaque jour, pour rétablir une situation mal embarquée, après qu’un groupe sérieux s’était fait la malle à l’attaque de la descente de la côte d’Engins, avec à son bord Tobias Johannessen, Thymen Arensman, Matteo Jorgenson, Pablo Castrillo, Nicolas Breuillard, Felix Engelhardt et devinez qui, Mads Pedersen bien sûr, bientôt rejoints par Romain Grégoire.
Le «Jaguar» se faufila dans les vagues qui se projetaient du peloton pour tenter de recoller, notamment en compagnie de Valentin Paret-Peintre, et la jonction fut opérée un peu avant le sommet de la côte de Monteynard. Carapaz joua ensuite finement, il laissa les autres se limer, le Français en haut de chaque côte répertoriée, puis les rescapés dans la montée finale, notamment Jorgenson, qui tenta à trois reprises, timidement, ce qui était le signe que l’Américain lui-même n’y croyait pas vraiment. Carapaz tordit ensuite le groupe des survivants de deux coups de vis. Un premier à un peu plus de 4 km du sommet, auquel ParetPeintre parvint à répondre, ainsi que Mauro Schmid au train, puis un second, fatal celui-ci, cinq cents mètres plus loin.
Au-delà de cette journée à sauter à l’élastique dans le Vercors puis vers le Champsaur, Carapaz force le respect dans la manière qu’il mène sa carrière, dans sa capacité à se réinventer depuis plusieurs saisons, à accepter le temps qui passe et le cyclisme qui va plus vite. D’abord ancré dans les batailles du classement général, il a fait sauter ces chaînes pour se bâtir un destin à l’avant, seul et libre, plutôt que de rester dans le troupeau à suivre les autres.
Valentin Paret-Peintre ne pouvait donc rien face à un tel client, d’autant que le grimpeur bleu était rôti par une nouvelle journée à l’avant, 4e sur la ligne et totalement vidé. Cet épisode illustre de façon plus large les problèmes que rencontrent les coureurs français dans ce Tour de France, encore nombreux à l’avant, hier, mais qui doivent se mesurer à des pedigrees comme Carapaz, vainqueur d’un Tour d’Italie (2019), de neuf étapes sur les grands Tours, champion olympique à Tokyo en 2021. Paret-Peintre a la chance de chasser sur un autre terrain, celui du maillot à pois, mais c’est une lutte très incertaine, presque vaine, un mirage. Malgré tous ses efforts hier, il est toujours une longueur derrière Tadej Pogacar, il ne porte la tunique que par procuration, et les gros points des deux étapes de montagne semblent pour beaucoup promis aux favoris du général.
La quête de Mads Pedersen pour le maillot vert est en revanche plus palpable. Le Danois a encore bourdonné dans tous les sens, épatant sur un terrain qui n’est pourtant pas le sien, pour voir le sprint intermédiaire en tête, après 130 km de baston, et reprendre un peu d’air sur Jasper Philipsen, avec désormais 32 points d’avance. Il tentera la même opération aujourd’hui, au Périer au bout de 89 km, mais elle sera plus ardue, car il faudra survivre aux cols Bayard et du Noyer à la sortie de Gap et surtout à une configuration d’étape qui devrait être différente.
La troisième semaine, révélatrice de toutes les faiblesses
Les bataillons des favoris vont jouer plus serré après avoir appuyé sur le bouton pause hier, même si la journée n’a pas été de tout repos pour les UAE de Tadej Pogacar. Tim Wellens et Brandon McNulty ont été éjectés dès le début de l’étape et les premières pentes de la côte d’Engins. L’Américain a abandonné et le Belge a fini devant le balai, à 43’de Carapaz. Lessivé la veille vers Voiron, Adam Yates est cette fois resté au chaud dans les roues, et même si l’étatmajor d’UAE s’est appliqué à expliquer que les maux étaient différents selon les coureurs pour écarter l’idée d’une contagion, la situation crée tout de même de la tension dans la formation du Maillot Jaune, qui avait roulé sur tout le monde jusque-là, ainsi qu’une inquiétude.
Leurs adversaires n’ont en tout cas pas cherché à savoir dans quel état se trouvaient Pogacar et Isaac Del Toro, à les obliger à se dévoiler en lançant des offensives. Paul Seixas a laissé entendre à l’arrivée qu’il ne voulait pas en profiter et les Red Bull-Bora-Hansgrohe de Remco Evenepoel se sont peutêtre souvenus que le Slovène avait lâché la victoire au Belge dimanche au plateau de Solaison.
La fatigue couve à tous les échelons de la course, le rythme frénétique depuis l’Espagne, les journées de canicule sont en train de prélever leur dû sur les organismes. La troisième semaine du Tour de France révèle toutes les faiblesses, met à nu les fragilités. La double arrivée à l’Alpe d’Huez s’avance, effrayante, et il n’y a plus aucun moyen de se cacher.
Remco Evenepoel, Isaac Del Toro, Tadej Pogacar et Paul Seixas.
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LA GRANDE BATTAGLIA
SUI LORO 21
A due giorni dagli Champs-Élysées, l’Alpe d’Huez e i suoi (21) mitici tornanti promettono una sfida epica tra Tadej Pogačar e i suoi tre inseguitori. Richard Carapaz ha conquistato la tappa di Orcières Merlette al termine di un’altra feroce battaglia, mentre si profilano le due giornate decisive di questo Tour sull’Alpe d’Huez, dove Tadej Pogačar vorrà suggellare il suo quinto titolo nonostante i problemi fisici dei suoi compagni.
Richard Carapaz ha vinto la tappa di Orcières Merlette al termine di un’altra feroce battaglia, mentre si profilano all’orizzonte le due giornate decisive di questo Tour all’Alpe d’Huez, dove Tadej Pogačar vorrà conquistare il suo quinto titolo nonostante i compagni malati che lo circondano.
24 luglio 2026 - L'Équipe
DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE
ALEXANDRE ROOS
ORCIÈRES MERLETTE (ALTE ALPI) – I combattenti si danno il cambio in questo Tour de France, e questo sta diventando un requisito indispensabile per alzare le braccia al cielo, per tentare la sorte ancora e ancora; da qui gli stessi volti e soprattutto le stesse gambe spesso in testa, perché nulla è facile in questa edizione, e certo non lo è vincere.
All’indomani della vittoria di Jasper Philipsen, che ha lottato fino alla 17ª tappa per tornare ad assaporare il successo al Tour de France, Richard Carapaz ha vissuto il suo momento di gloria a Orcières Merlette, dopo aver già mostrato i denti in diverse occasioni dalla partenza da Barcellona, in particolare verso Le Lioran e a Le Markstein, dove ogni volta i favoriti e Tadej Pogačar avevano dovuto neutralizzarlo, il che la dice lunga sul suo livello di competitività. L’ecuadoriano entra a far parte della schiera degli attaccanti feroci, dei magnifici combattenti, con il tocco della sua intelligenza e l’esperienza dei suoi 33 anni, un mix che fa faville.
Carapaz ha saputo giocare d’astuzia
Il suo primo successo, due anni fa, sulle strade del Tour, a Superdévoluy, non lontano da Orcières, era già dello stesso tenore. Ieri lo abbiamo visto inizialmente ostinarsi, come ogni giorno, a raddrizzare una situazione che si era messa male, dopo che un gruppo di tutto rispetto era scappato all’attacco della discesa della Côte d’Engins, con a bordo Tobias Johannessen, Thymen Arensman, Matteo Jorgenson, Pablo Castrillo, Nicolas Breuillard, Felix Engelhardt e, indovinate un po’, Mads Pedersen, ovviamente, presto raggiunti da Romain Grégoire.
Lo «Jaguar» si è infilato tra le ondate che si sprigionavano dal gruppo nel tentativo di ricongiungersi, in particolare insieme con Valentin Paret-Peintre, e il ricongiungimento è avvenuto poco prima dello scollinamento del Monteynard. Carapaz ha poi giocato d’astuzia, lasciando che gli altri si logorassero a vicenda: il francese in cima a ogni salita classificata, poi i sopravvissuti sulla salita finale, in particolare Jorgenson, che ha tentato per tre volte, timidamente, segno che lo stesso americano non ci credeva davvero. Carapaz ha poi dato due colpi di scena al gruppo dei sopravvissuti. Un primo a poco più di 4 km dalla vetta (ai -4,2 km e poi ai -3,5 km, ndr), a cui Paret-Peintre è riuscito a rispondere, così come Mauro Schmid al suo ritmo, poi un secondo, questo fatale, cinquecento metri più avanti.
Al di là di questa giornata trascorsa a fare salti con l’elastico nel Vercors e poi verso il Champsaur, Carapaz incute rispetto per il modo in cui conduce la sua carriera, per la sua capacità di reinventarsi da diverse stagioni a questa parte, di accettare lo scorrere del tempo e il ciclismo che va sempre più veloce. Inizialmente impegnato per la classifica generale, ha spezzato quelle catene per costruirsi un destino in testa al gruppo, da solo e libero, piuttosto che restare nel gregge a inseguire gli altri.
Valentin Paret-Peintre non poteva quindi fare niente di fronte a un avversario del genere, tanto più che lo scalatore in maglia blu era ormai esausto dopo un’altra giornata in testa al gruppo, quarto al traguardo e completamente svuotato. Questo episodio illustra in modo più ampio i problemi che i corridori francesi stanno affrontando in questo Tour de France: ieri erano ancora in molti in testa, ma devono misurarsi con corridori del calibro di Carapaz, vincitore di un Giro d’Italia (2019), di nove tappe nei grandi giri e campione olimpico a Tokyo nel 2021. Paret-Peintre ha la fortuna di poter puntare su un altro obiettivo, quello della maglia a pois, ma si tratta di una lotta molto incerta, quasi vana, un miraggio. Nonostante tutti i suoi sforzi di ieri, è ancora un passo indietro rispetto a Tadej Pogačar, indossa la maglia solo per procura, e i punti importanti delle due tappe di montagna sembrano per molti destinati ai favoriti della classifica generale.
La corsa di Mads Pedersen alla maglia verde è invece più tangibile. Il danese ha continuato a sfrecciare in lungo e in largo, stupendo su un terreno che pure non è il suo, fino a conquistare lo sprint intermedio in testa, dopo 130 km di battaglia, e a guadagnare un po’ di respiro su Jasper Philipsen, con ormai 32 punti di vantaggio. Tenterà la stessa manovra oggi, al Périer dopo 89 km, ma sarà più ardua, poiché bisognerà superare i passi del Bayard e del Noyer all’uscita da Gap e, soprattutto, affrontare un percorso di tappa che dovrebbe essere diverso.
La terza settimana mette a nudo tutte le debolezze
I gruppi dei favoriti daranno battaglia più serrata dopo aver premuto ieri il pulsante “pausa”, anche se la giornata non è stata per niente facile per la UAE di Tadej Pogačar. Tim Wellens e Brandon McNulty si sono staccati fin dall’inizio della tappa e sulle prime salite della Côte d’Engins. Lo statunitense si è ritirato e il belga ha tagliato il traguardo davanti al camion-scopa, a 43’ da Carapaz. Esausto dopo la tappa per il giorno precedente verso Voiron, questa volta Adam Yates è rimasto al riparo nelle ruote, e anche se lo staff della UAE si è affrettato a spiegare che i disturbi erano diversi a seconda dei corridori per scongiurare l’ipotesi di un contagio, la situazione crea comunque tensione, oltre che una certa preoccupazione, nella squadra della maglia gialla, che fino a quel momento aveva surclassato tutti.
I loro avversari, in ogni caso, non hanno cercato di capire in che condizioni fossero Tadej Pogačar e Isaac del Toro, né di costringerli a scoprire le carte lanciando loro degli attacchi. Paul Seixas ha lasciato intendere all’arrivo di non voler approfittare della situazione e i corridori della Red Bull-BORA-hansgrohe di Remco Evenepoel si sono forse ricordati che lo sloveno aveva lasciato la vittoria al belga domenica sul plateau di Solaison.
La stanchezza si fa sentire a tutti i livelli della gara: il ritmo frenetico sin dalla (Grand Départ in) Spagna e le giornate di caldo torrido stanno mettendo a dura prova le condizioni fisiche dei corridori. La terza settimana del Tour de France mette a nudo tutte le debolezze, svela ogni fragilità. Il doppio arrivo all’Alpe d’Huez si avvicina, incutendo timore, e non c’è più alcun modo di nascondersi.
Remco Evenepoel, Isaac Del Toro, Tadej Pogacar e Paul Seixas.

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