Mourinho, l’an II
De retour au Real Madrid, le Portugais a lancé son nouveau mandat avec la mission de refaire du club merengue une implacable machine à gagner. Pour ça, il veut réinstaurer au quotidien une exigence, une intensité, un professionnalisme et une mentalité col
"Les séances sont dures,
avec énormément d’intensité"
- TRENT ALEXANDER-ARNOLD,
LATÉRAL DROIT DU REAL MADRID
24 Jul 2026 - L'Équipe
ANTOINE SIMONNEAU
MADRID – Depuis le 10 juillet, José Mourinho a retrouvé un environnement qu’il connaît par coeur et qui a été son quotidien pendant trois saisons (2010-2013): le centre d’entraînement du Real Madrid. Son retour comme entraîneur du Real, cet été, en a surpris plus d’un dans la sphère madrilène et draine avec lui son lot de doutes.José Mourinho à l’entraînement avec ses joueurs le 13 juillet.
À ses détracteurs qui soutiennent que c’est un manager obsolète, le Portugais (63 ans) pourra faire l’analogie du come-back tout aussi inattendu de Carlo Ancelotti à la tête du Real, en 2021. Jugé lui aussi périmé, l’Italien a connu une seconde étape merengue bien plus florissante que la première (11 titres contre 4, dont 2 en Ligue des champions et en Liga).
Conscient de l’immense opportunité qui se présente à lui, Mourinho est revenu à Madrid avec un esprit revanchard et l’ambition de prouver qu’il reste un entraîneur de premier plan. Il a ainsi déclaré aux médias du club madrilène être « en mission. Ce n’est pas travailler au Real Madrid, mais avoir l’honneur de travailler pour le Real Madrid. Je suis ici pour aider tout le monde à être meilleur et créer une culture du travail, de la responsabilité et de l’ambition ». Après deux saisons vierges de titre majeur à Fenerbahçe et à Benfica, le Portugais veut avant tout réinstaurer à la Maison blanche une exigence, une rigueur et une intensité au quotidien qui se sont délitées depuis deux ans. Le manque d’implication des joueurs madrilènes à l’entraînement ayant été identifié par les dirigeants et staffs précédents comme l’une des raisons de leurs résultats décevants.
Cette volonté de rétablir plus de professionnalisme se vérifie depuis la reprise des Merengues, lundi dernier. « Les séances sont dures, avec énormément d’intensité, a indiqué Trent Alexander-Arnold aux médias du Real. Le niveau d’exigence est très élevé. » Alors que la plupart des joueurs arrivaient seulement une demiheure ou un quart d’heure avant le début des entraînements, ils s’y sont pointés avec quasiment deux heures d’avance la semaine dernière. Souvent décrit comme autoritaire et clivant, le « Special One » n’entend pas déroger à ses principes mais part dans l’esprit d’un management plus consensuel, avec l’ambition de faire adhérer ses joueurs à ses idées et non pas de les imposer de manière unilatérale.
Mbappé va être le centre de son projet
Pour rendre le Real plus compétitif, comme il y était parvenu lors de son premier passage (*), Mourinho a érigé des chantiers prioritaires: retrouver une solidité défensi ve , qui fai t défaut aux Merengues depuis deux ans; réinstaurer une plus grande discipline tactique et une mentalité collective irréprochable, avec des joueurs prêts à courir, se battre et se sacrifier pour l’équipe, ce qu’il a analysé comme les principales carences de son effectif. C’est dans cette optique que Rodri, actuellement à Manchester City et sacré meilleur joueur de la Coupe du monde, est courtisé.
Le Portugais veut s’appuyer sur un système de jeu en 4-2-3-1 ou 5-3-2, basé sur le pressing et un bloc-équipe compact. Conforté par la brillante Coupe du monde de Kylian Mbappé, le Français va être le centre de son projet, et Mourinho compte le hisser au même niveau d’efficacité et d’influence que Cristiano Ronaldo lorsqu’il l’entraînait au Real.
Au vu du rendement et des prestations de Jude Bellingham au Mondial, il entend aussi replacer l’ Anglais en soutien de l’avant-centre. Car l’une de ses principales missions sera de résoudre la difficile équation tactique pour rendre enfin complémentaire le trio offensif Mbappé-Vinicius-Bellingham. À moins que le Brésilien ne serve de variable d’ajustement dans le recrutement espéré de Michael Olise… Ses trois prédécesseurs – Ancelotti, Xabi Alonso et Alvaro Arbeloa – y ont échoué. C’est sûrement là qu’on verra si Mourinho est toujours spécial.
(*) Lors de son premier passage à la tête du Real Madrid, de 2010 à 2013, José Mourinho a remporté un titre de champion d’Espagne (2012), une Coupe d’Espagne (2011) et une Supercoupe d’Espagne (2012). En Ligue des champions, le club madrilène a été éliminé à trois reprises au stade des demi-finales.
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