UAE s’essouffle


Après Adam Yates, malade la veille mais rescapé, Brandon McNulty, victime d’un état grippal, a dû abandonner hier.

"Ce sera important d’être acteurs, 
d’être attentifs au mouvement de courses, 
à des coureurs peut-être défaillants"
   - JULIEN JURDIE, DIRECTEUR SPORTIF 
     DE DECATHLON CMA CGM

24 Jul 2026 L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
YOHANN HAUTBOIS

ORCIÈRES MERLETTE (HAUTES-ALPES) –Touché par un virus comme plusieurs coureurs de sa formation, Brandon McNulty a abandonné hier après 24 km de course.

À chaque jour suffit sa peine et, sur ce plan, Tim Wellens doit se demander ce qui va lui tomber sur le museau, aujourd’hui, au départ de Gap. Mercredi, il avait tiré pendant 70 kilomètres son coéquipier Adam Yates, malade, et terminé dans les délais sans trembler. À Orcières Merlette, le Belge a de nouveau fini devant la voiture-balai mais de justesse, et tout seul cette fois, avec seulement deux minutes de marge. Comme Yates, l’ancien coureur de Lotto est souffrant mais le virus qui l’a touché concerne plutôt les voies respiratoires.

Il n’est pas le seul dans ce cas puisque Brandon McNulty « a aussi une sorte de rhume, selon Fernández Matxín, manager sportif chez UAE Emirates-XRG. Il n’a pas de fièvre, il n’est positif ni au Covid ni à la grippe A. Il ne servait à rien de prolonger inutilement sa souffrance. »

Affaibli depuis le matin, l’Américain de 28 ans a rapidement décroché du peloton (25 km après le départ) et, contrairement à Yates qui s’était accroché jusqu’au bout avec l’aide de Wellens, McNulty a lâché la rampe à seulement 24 kilomètres du terme. « C’est une grosse perte pour nous » , a admis Andrej Hauptman, un des directeurs sportifs.

L’abandon d’un des lieutenants de Tadej Pogačar en montagne, très présent depuis Barcelone, s’apparente à une vraie tuile pour une équipe épargnée jusque-là mais Hauptman, par superstition autant que par expérience, n’est pas surpris de voir l’édifice se fissurer en troisième semaine, d’autant plus que les équipiers du Slovène ont oeuvré beaucoup (trop ?) en début d’épreuve : « Je vous le disais, il y a une semaine : un jour vous êtes les plus forts, et trois jours plus tard, tout peut avoir changé. Quand vous êtes en forme, il faut essayer de prendre du temps, car plus votre avance est importante, plus vous avez de marge lorsque surviennent les moments difficiles. »

Les voilà qui volent en escadrille et le Maillot Jaune ne doit pas regretter son matelas amassé les premiers jours, ni la défection de Jonas Vingegaard ou de Florian Lipowitz, tous les deux victimes de chute. Si l’entourage assure que toutes les précautions ont été prises pour que les virus ne se diffusent pas plus largement – « dans le staff tout le monde va bien et Adam va beaucoup mieux » , jure Hauptman –, il n’a en tout cas pas échappé à leurs adversaires, notamment à Decathlon-CMA CGM, qu’ils avaient moins le vent dans le dos.

« Pour bien connaître le col du Noyer (5,2 km à 8,5 %) au départ de Gap, ce n’est pas une partie de plaisir. Si vous n’êtes pas à 100 %, cela peut amener des surprises, soulignait Julien Jurdie, le directeur sportif de la formation française. Ce sera important d’être acteurs, d’être attentifs au mouvement de courses, à des coureurs peut-être défaillants. »

À l’inverse, Matxin s’étonnait de leur attentisme du jour dans la lutte pour le podium avec Isaac del Toro : « Avec un coureur de moins, nous devrons peut-être placer quelqu’un d’autre à l’avant avec Tadej. Mais ce n’est pas un problème majeur. Nous gardons la même idée: contrôler la course. »

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