Ligue 1 : le PSG intouchable, Lens attendu… 10 questions avant le début de la saison


Tout ce qu’il faut savoir avant le lancement du championnat de France, ce vendredi soir, au Stade-vélodrome, à Marseille.

21 Aug 2026 - Le Figaro
Christophe Remise, Gilles Festor et Sébastien Ferreira

Les trois coups. Ce vendredi à 20h45, au Stade-vélodrome, L’OM et Strasbourg lanceront le grand bal de la saison 2026-2027 du championnat de France de Ligue 1. La principale nouveauté ? Tous les matchs seront diffusés par la chaîne de la Ligue de football professionnel (LFP), Ligue 1+. Trois clubs seront également en lice en Ligue des champions (PSG, Lens, Lille) ; Lyon tentera de les y rejoindre mercredi soir (nul 1-1 contre Fenerbahçe en barrage aller), deux en Ligue Europa (Marseille, Rennes) et un en Ligue Conférence (Monaco). Relégués au terme de la saison écoulée, Nantes et Metz ont laissé leur place à Troyes et à la surprenante équipe du Mans. Dix questions avant le début du feuilleton.Le Parisien Ousmane Dembélé (ci-contre) et ses coéquipiers auront à coeur d’accrocher un 15e sacre national à leur palmarès.

Le PSG sera-t-il inquiété pour l’obtention du titre ?

NON. La saison dernière, les hommes de Luis Enrique devaient composer avec l’après-coupe du monde des clubs. C’était dur, trop dur de briller sur tous les tableaux et de mettre la Ligue 1 à genoux dès les prémices du printemps, comme souvent depuis l’arrivée de l’espagnol. Ça ne veut pas dire que les Rouge et Bleu, que personne n’imagine céder leur couronne, vont humilier tous leurs adversaires ni que ce sera simple d’ajouter un 15e sacre national à leur palmarès, le sixième de suite. Mais l’issue ne fait guère de doute. « Si on pense à ce que les Lensois ont fait la saison dernière, ce sera un adversaire difficile. C’est un championnat difficile, avec des équipes qui progressent. Il faut être performant pour gagner la Ligue 1», martèle Luis Enrique, qui a dû attendre le fameux match en retard à Lens, le 13 mai, pour sabrer le champagne la saison passée. Cette fois, si les Parisiens évitent la pluie de blessures de l’an dernier, ce sera sans doute plus rapide. Ce qui leur permettrait de maximiser leurs chances de triplé en Ligue des champions.

■ Les Lensois referont-ils le coup ?

NON. Dauphins du Paris Saint-germain la saison passée, les Nordistes ont perdu leur grand architecte, l’entraîneur Pierre Sage, parti à Crystal Palace (Angleterre), mais aussi plusieurs joueurs cadres comme le défenseur Malang Sarr, les milieux de terrain Adrien Thomasson, Mamadou Sangaré, qui est parti à Brentford (48 millions d’euros hors bonus, record du club) ou encore l’attaquant Wesley Saïd. Cela fait beaucoup pour un club qui n’a pas fait de folie sur le marché des transferts. À Dino Toppmöller, le nouvel entraîneur allemand (45 ans) de façonner une équipe avec quelques nouvelles têtes, comme Yacine Titraoui, Michaël Cuisance ou le prometteur jeune attaquant Franjo Ivanovic, prêté par le Benfica Lisbonne. Le RC Lens, vainqueur du Trophée des champions face au PSG (1-0), est resté fidèle à sa philosophie : un coeur énorme et une mentalité de guerriers autour d’un effectif solide, mais qui risque de laisser des plumes dans la très exigeante Ligue des champions.

■ L’OM accrochera-t-il l’europe ?

OUI. Mais en sachant que la 6e place du championnat (ou la 7e selon les circonstances) envoie en barrages de Ligue Conférence. C’est important de le préciser, car L’OM n’est, pour l’instant, pas favori pour le top 4, synonyme de Ligue des champions… Le PSG bloque déjà une place, Lyon semble mieux armé, l’effectif lillois n’a pas trop changé et le Stade Rennais est dans la continuité. Lens a aussi gardé de précieux atouts, et impossible d’ignorer Monaco ou Strasbourg. L’OM, avec un mercato famélique, devra cravacher. Mais Bruno Genesio, dont la capacité à tirer le meilleur d’un groupe en L1 n’est plus à prouver, sait dans quoi il s’est engagé. Le nouvel environnement (président et directeur sportif) paraît moins explosif que le préde cédent. quoi espérer un climat plus propice au travail, même si ce n’est jamais calme bien longtemps au Vélodrome…

■ Après une saison d’apprentissage, le Paris FC peut-il passer un cap ?

OUI. Liam Rosenior, 42 ans, est le type d’entraîneur qu’on imaginait depuis le départ pour ce projet ambitieux, mais axé sur la jeunesse et l’innovation, impulsé par le directeur sportif Marco Neppe (40 ans). Les Franciliens se sont péniblement maintenus grâce au pompier de service Antoine Kombouaré et peuvent maintenant dérouler. Deuxième club de L1 le plus dépensier cet été (80 M€), le PFC se donne les moyens de finir dans la première partie de tableau, et même de jouer l’europe. C’est d’ailleurs ce qu’avait réussi Rosenior avec Strasbourg dès sa preune mière saison en Alsace. L’anglais, qui s’est brûlé les ailes à Chelsea entretemps, connaît désormais bien le championnat de France. Les signaux positifs ne manquent pas. Le Paris FC n’est plus une curiosité, c’est un poil à gratter.

■ Les arbitres de Ligue 1 doivent-ils s’inspirer du Mondial ?

OUI. Après avoir cru que la technique et le recours à la vidéo (VAR) allaient résoudre tous ses maux, le monde du football a enfin remis les arbitres au coeur du jeu lors de la Coupe du monde. Un objectif : offrir un jeu plus fluide en réduisant les temps morts insupportables, en restaurant l’autorité de l’homme en noir. Il était temps. Le succès fut incontestable. La Ligue 1 doit impérativement suivre à la lettre les nouvelles lois du jeu de L’IFAB : appliquer la règle des 10 secondes pour sortir lors d’un remplacement, systématiser les 5 secondes maximum pour jouer touche ou un dégagement, interdire le fait de cacher sa bouche lors d’une conversation conflictuelle et décourager les blessures simulées en laissant sur la touche un joueur une minute avant de l’autoriser à revenir. Prochaine étape : appliquer la règle où «seul le capitaine peut parler à l’arbitre ». Elle existe déjà dans les lois du jeu de L’IFAB, mais son protocole en compétition ne sera obligatoire qu’en juillet 2027.

■ Qui finira meilleur buteur du championnat ?

ESTEBAN LEPAUL. Certains diront qu’on choisit la facilité en se tournant vers le meilleur buteur de la saison écoulée. Mais on a beau chercher, on ne voit pas pourquoi l’attaquant rennais ne marquerait pas 21 buts à nouveau, et même plus, lui qui en avait inscrit 12 lors des 14 derniers matchs. Le franchissement de palier de l’ancien Angevin, 26 ans, a coïncidé avec l’arrivée sur le banc de Franck Haise (février 2026), qui vient de prolonger son contrat. À voir si Lepaul a les épaules pour confirmer, lui dont le nom est murmuré en équipe de France pour la première liste de Zinédine Zidane (17 septembre). Il faudra se méfier de la concurrence de Loïs Openda, 21 buts en 2022-2023 avec Lens et qui a semblé affûté lors des barrages de Ligue des champions avec Lyon. Folarin Balogun (13 buts la saison passée), s’il reste à Monaco, semble un cran en dessous. Côté PSG, personne n’avait dépassé les 11 réalisations et aucun pur buteur n’a été recruté. Attention, toutefois : Ousmane Dembélé ne squattera peut-être pas autant l’infirmerie qu’en 2025-2026…

■ Le Mans et Troyes partis pour faire l’ascenseur ?

OUI. Les deux promus présentent des profils pour le moins différents… mais des moyens aussi limités. Relégué sportivement en National et administrativement en Division d’honneur en 2013, Le Mans est de retour en Ligue 1, 16 ans après sa dernière saison au sein de l’élite. Une équipe sarthoise qui vient de connaître deux promotions de suite, de National 1 en Ligue 2, puis de L2 en L1. Vertige. Malgré des investisseurs de renom, et l’arrivée du champion du monde Djibril Sidibé, les Manceaux sont plutôt restés sages sur le marché des transferts. Trop juste? En tout cas, ce sera le maintien ou rien. Membre du City Group, Troyes a, de son côté, perdu plusieurs de ses éléments moteurs de la saison passée, dont son meilleur buteur, Tawfik Bentayeb, et son meilleur passeur, Martin Adeline. Jusqu’à présent, le recrutement s’est avéré succinct. Bonne nouvelle pour Le Mans FC et l’estac? Avec un championnat à deux vitesses, les Européens et les autres, les candidats à la descente sont nombreux.

■ Quelle recrue frisson va enthousiasmer la Ligue 1 ?

LOÏS OPENDA. La Ligue 1 va retrouver l’avant-centre belge (26 ans) qui n’avait disputé qu’une seule saison, brillante, à Lens (21 buts), avant d’être cédé pour 43 millions d’euros (hors bonus) à Leipzig, où il a confirmé (41 buts en 93 matchs) et de se perdre à la Juventus (2 buts en 34 matchs). L’OL a sans doute réalisé la bonne pioche du mercato en obtenant son prêt (contre 3,50 M€ mais sans option d’achat). Attaquant très rapide, adorant la profondeur et généreux dans l’effort et le pressing, le Diable rouge a déjà mis tout le monde dans sa poche à Lyon. L’une des grandes attractions du championnat et l’atout numéro un des Gones pour faire trembler les filets. Dans un autre style, les amateurs de dribbles électriques attendront avec impatience les débuts du jeune (21 ans) ailier belge Mika Godts sous les couleurs du PSG.

■ Diffuseur unique, Ligue 1+ vers un grand succès ?

OUI… et NON. Sur le papier, l’affiche est belle. Contrairement à la saison passée, Ligue 1+ présentera l’intégralité du championnat de France. Neuf matchs par journée, toujours plus de coulisses et d’images exclusives, de nouveaux consultants (Mexès, Diaby, Grenier…), le magazine du dimanche en clair… Les amateurs de Ligue 1 auront de quoi faire. Pour ce qui est du produit, pas d’inquiétude. Ce sera beau, ce sera bien. Reste à savoir si les abonnés suivront. La LFP a fait le choix de ne pas communiquer sur ce sujet, mais avoue des « ambitions fortes » et des «objectifs ambitieux à court, moyen et long termes ». Dont acte. C’est tout ce qu’il faut souhaiter au football hexagonal. Problème : ce n’est pas d’un succès que les clubs français ont besoin, mais d’un raz-de-marée. Le principal objectif de Ligue 1+ doit être de montrer à de potentiels diffuseurs que le championnat de France est attractif et potentiellement générateur de revenus. En attendant, avec des droits TV domestiques quasi inexistants, les équipes de L1 continueront de tirer la langue, surtout celles qui ne jouent pas de Coupe d’europe…

■ Quelle équipe surprise ?

STRASBOURG. À qui perd gagne? Malgré un sprint final haletant en championnat et des épopées jusqu’en demi-finale de la Coupe de France et de la Ligue Conférence, Strasbourg a terminé sans titre ni ticket pour une compétition européenne en 20252026. Placé partout, gagnant nulle part… Le tout avec le départ de deux entraîneurs, Liam Rosenior à Chelsea en début d’année et Gary O’neil à Ipswich pendant l’été, et encore de (très) nombreux mouvements dans les deux sens lors du mercato estival. Un effectif qui va probablement encore bouger d’ici à la clôture du marché. Une chose est sûre : le Portugais Hugo Oliveira devrait disposer d’un effectif conséquent en termes de quantité et de qualité. Et, surtout, les Alsaciens pourront se concentrer sur le championnat, contrairement à Lens, Lille, Lyon, L’OM, Rennes et Monaco. Assez pour retrouver les joutes continentales lors de la saison prochaine ? Très possible. On a aussi hâte de voir ce que L’AJ Auxerre de Will Still peut donner…

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