DES FRISSONS ET LAFIÈVRE
Malgré les sorties sur blessure de Dembélé, Kvaratskhelia et Marquinhos, le PSG, rejoint à deux reprises au score, a fini par infliger au Barça sa première défaite de la saison. La force de cette équipe est impressionnante.
LE PATRON, C’EST PARIS
21 Oct 2026 - L'Équipe
VINCENT DULUC
Ce n’était pas Gijon, ce n’était pas Valladolid, et puisque c’était Paris, le FC Barcelone a touché du doigt, en se brûlant, la flamme du double champion d’Europe en titre, resserré autour de ses manières furieuses et collectives de ramener à la raison et à la défaite la meilleure équipe du moment, sur le score même (4-2) de sa victoire à Manchester City, une semaine en arrière.Lucas Hernandez, ici devant Willian Pacho, exulte après son but, le deuxième du PSG.
Deux équipes joueuses, pareillement aimantées par le ballon et par le plaisir, ont offert le grand match espéré, moins dingo qu’à Manchester, traversé par moins de déséquilibres, mais par des occasions de but comme s’il en pleuvait, et par des pressings réciproques qui n’ont laissé que peu de temps et d’espaces aux magiciens, pendant longtemps. Le PSG aura passé en majesté ses deux grands tests de l’automne, les seuls indicateurs sérieux de l’équipe qu’il compte demeurer, cette saison, et à son mérite d’avoir enchanté son audience en inscrivant huit buts à deux prétendants à la couronne, se superpose celui d’avoir surmonté, hier soir, les vents contraires des deux égalisations catalanes au coeur d’une période de doute et de blessures.
Lucas Hernandez, à rebours des pronostics
À 2-2, pour faire simple, et dans un Parc vrombissant, Paris a dompté le Barça sans son capitaine, Marquinhos, et sans ses trois attaquants titulaires, Désiré Doué, Ousmane Dembélé et Khvitcha Kvaratskhelia, ce qui est une autre manière de définir une équipe, et sa façon, en passant de la Ligue 1 à la C1, de préférer la grande vie. Il tombe assez bien qu’avec ses trois victoires en Ligue des champions, le club parisien n’ait pas grand-chose d’urgent à son programme avant janvier, peut-être, parce que l’ancienne escorte des blessures est revenue au galop, mais en boitant, avec l’enchaînement rare des sorties contraintes de Dembélé (20e), Kvaratskhelia et Marquinhos (59e), tous touchés à des degrés divers ( Voilà deux ans que Dembélé se blesse à l'automne, deux ans qu'il domine le printemps: si le football moderne s'étire sur quatre saisons, certains de ses joyaux se contentent de deux, et se blessent même quand ils reviennent de vacances.
Mais si la victoire parisienne est une grande performance plutôt qu’une grande surprise, il n’est pas nécessaire de chercher très loin la surprise véritable, énorme, même : Luis Enrique avait choisi Lucas Hernandez, à rebours des pronostics et des analyses, pour s’occuper de Lamine Yamal, et le champion du monde 2018 a simplement été formidable, comme on ne l’avait pas vu depuis une éternité, dans sa manière de défendre en avançant et en mordant, s’il le fallait, sans oublier son superbe but de la tête (72e). Après une succession d’occasions énormes, signées Kvara sur le poteau (2e) ou Gordon (10e), un sauvetage de Matveï Safonov devant Raphina (20e) et deux ratés assez dommageables de Ferran Torres (25e, 29e), c’est même un ballon perdu par le jeune ailier droit du Barça qui a permis directement à Doué de réussir sa spéciale, en déclenchant très vite à l’entrée de la surface (38e).
Safonov d’une essence différente
Safonov a encore été décisif devant Fermin Lopez (40e), et le gardien russe est décidément d’une essence différente, par sa gestuelle, ses choix et certains placements, parce qu’il s’est un peu manqué sur l’égalisation d’Espart (55e), a été de nouveau parfait devant Gavi (61e), avant d’être battu en hauteur à son poteau, les bras en bas, problème récurrent, sur l’égalisation de Lamine Yamal (79e) qui venait de fêter le remplacement d’Hernandez par Warren Zaïre-Emery, pris à froid sur le dribble du prodige. Paris aura eu besoin de dix minutes pour se réorganiser, regrouper ses idées et reprendre le fil, heureux du but d’Hernandez sur un corner de Doué (72e), juste après que Ferran Torres avait trouvé le poteau (71e).
La force du PSG et la beauté de la soirée ont tenu au délai de la réponse des Parisiens, moins de deux minutes après l’égalisation barcelonaise, avec une demi-volée de Vitinha (81e), et dans la foulée ou presque, l’offrande d’un remarquable Achraf Hakimi pour Fabian Ruiz (87e), une manière d'annoncer au Barça qu’il lui faudra attendre, encore, pour recommencer à essayer de battre Paris. C’est malin, octobre n’est pas terminé qu’on a déjà des envies de printemps.
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«C'était unique, spécial»
Lucas Hernandez, titularisé en l’absence de Nuno Mendes pour se charger du cas Lamine Yamal, a réalisé un match immense, hier soir.
"Pour moi, c’est l’homme du match"
- DÉSIRÉ DOUÉ
21 Oct 2026 - L'Équipe
RÉGIS DUPONT
Depuis le banc, il a cru pendant quelques secondes que tout cela n’avait servi à rien. Lucas Hernandez, au bord des crampes, venait d’être remplacé par Warren Zaïre-Emery (78e) lorsque Lamine Yamal a profité d’une première intervention ratée du jeune international français pour marquer et permettre au FC Barcelone d’égaliser une deuxième fois (79e). Heureusement, Paris a réagi, Vitinha puis Fabian Ruiz ont marqué pour donner au succès du PSG une coloration proche de celui à Manchester City (4-2), six jours plus tôt. Et Lucas Hernandez a été comme rétabli dans ses droits.
Le défenseur du PSG a vécu une soirée de rêve, à laquelle il ne s’attendait pas forcément. « Comme avant chaque match, le coach a fait sa causerie. C'est là qu'il m'a dit que j'allais débuter, a-t-il expliqué à la sortie du terrain au micro de Canal+. Et là, j'ai fait ce que je fais toujours : j'essaye de donner mon maximum sur le terrain. On vit parfois de meilleures soirées que d'autres mais, ce soir, ça a bien tenu. En tout cas, je n'ai jamais perdu cette envie de tout donner. »
À 30 ans, le gaucher vit pourtant, depuis cet été, une saison ombragée. Luis Enrique le considère comme un défenseur central et, dans ce secteur il apparaît plutôt en quatrième place dans la hiérarchie. Ses dernières sorties dans l’axe, avec l’équipe bis en L1 face au Mans et à Strasbourg (3-1), avaient montré un niveau athlétique en hausse, sans plus. Lucas Hernandez restait ce défenseur en difficulté quand l’adversaire prenait de la vitesse.
Sa titularisation en début de saison à Rennes (2-2), lors de la suspension de Nuno Mendes, ne semblait pas plaider pour un nouvel essai dans ce rôle face à celui qui sera peut-être Ballon d’Or France Football lundi prochain. Pourtant, l’entraîneur espagnol a opté pour cette solution plutôt que pour Lucas Digne ou Warren Zaïre-Emery.
Ce fut un triomphe : tant que Lucas Hernandez a été sur le terrain, l’ailier catalan a été très peu influent. « Il a fait un gros match, pour moi, c’est l’homme du match et je suis très content pour lui, a validé l’épatant Désiré Doué. Je suis très content pour lui, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, il m’a beaucoup aidé depuis que je suis ici au Paris-Saint-Germain, et sa performance ce soir est incroyable. »
Car en plus des gestes défensifs, des tacles réussis et de cette agressivité contagieuse, Lucas Hernandez a marqué, de la tête, le deuxième but parisien du soir, celui qui a fait basculer la soirée et son propre corps dans la folie. À cet instant, il semblait emporté par l’émotion. « Je ne suis pas habitué à marquer et ça a été un moment spécial aussi parce que mes enfants étaient là, en tribunes, a-t-il expliqué en zone mixte. Ça a été un moment unique, spécial. » Et le rappel, pour Paris, que derrière le meilleur latéral gauche du monde, il reste du monde.
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« Ça montre le type d'équipe que nous sommes »
21 Oct 2026 - L'Équipe
H. De.
«Quel regard portez-vous sur la prestation de Lucas Hernandez ?
C’est évident : on a puvoir un joueur comme lui avec son expérience faire un marquage incroyable sur l’un des meilleurs joueurs au monde (Lamine Yamal).
Quel type de progrès constatez-vous depuis le début de saison ?
Ce qui m’intéresse c’est devoir commentl’équipe peut jouer enpremière mi-temps. Ça a été sensationnel. On a récupéré beaucoup deballons dans des situations de pression haute, on s’est créés beaucoup de situations. En suite, on a eu la capacité à surmonter des moments difficiles, on a eu à défendre en bloc, bas, onest une équipe qui s’adapte àcequi se passe. On afait des transitions enfin dematch. On a cette capacité às’adapter tout le temps.
Percevez-vous votre équipe comme insubmersible ?
J’ai vu le PSG commed ’habitude, avec notre style agressif, c’est plus facile de presser. Onest convaincus dela manière dont onjoue. Onapulevoir la difficulté depresser Pedri, Olmo, Raphina. Ce type de match montre quel type d’équipe nous sommes.
Être le grand favori de cette compétition, c’est une pression que vous aimez ?
Je m’enfiche parce queje nevois pas le PSG comme favori. Ce match n’est pas décisif, le mois décisif sera enavril, ce sera le mois le plus important. Avec les matches àélimination directe. En attendant, on doit gagner chaque match.
Avez-vous le meilleur milieu au monde ?
Bien sûr, et Warren (Zaïre-Emery) ! N’oublions pas Dro (Fernandez), Senny (Mayulu), Beraldo, j’ai les meilleurs joueurs au monde. Ils sont les meilleurs pour moi. Il n’y a aucun meilleur joueur que nous.»
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DOUÉ-VITINHA Les spécialistes
Comme à Manchester la semaine dernière, le Français et le Portugais ont participé à doucher le Barça avec des buts dont ils ont le secret. Une bonne habitude dans les grands rendez-vous.
21 Oct 2026 - L'Équipe
JOSÉ BARROSO
On a souvent évoqué le double visage de Khvitcha Kvaratskhelia, capable d’être aussi brillant en Ligue des champions que terne en L1. Le Géorgien a prolongé hier sa mauvaise passe et est sorti touché à un genou (59e), mais son « virus » est partagé par d’autres Parisiens. Les doubles champions d’Europe ont encore confirmé à quel point ils sont devenus des bêtes de compétition et plus la scène est élevée, plus ils élèvent leur niveau.38e minute : félicité par Vitinha (à droite), Désiré Doué célèbre son ouverture du score.
Le constat vaut au niveau collectif mais aussi individuel : si le PSG est aujourd’hui cette équipe-là, il le doit à ces joueurs capables de forcer les événements dans les moments critiques, faisant fi de la pression ou de l’adversaire. En-dedans depuis le début de saison en Championnat, voire décevants certains soirs, Désiré Doué et Vitinha ont ainsi encore fait appel à leurs superpouvoirs pour faire tomber le Barça, une semaine après avoir déjà été décisifs à Manchester (4-2 contre City).
La manière dont l’ancien Rennais a ouvert le score, cette frappe-éclair en train de devenir sa signature, est à montrer dans les écoles de foot. À la réception d’un ballon récupéré par Joao Neves, il fixe trois Barcelonais. Le but de Joan Garcia est à une vingtaine de mètres ? Pas de problème. Doué contrôle et, sans même lever la tête, il déclenche un tir soudain, puissant, précis. La trajectoire passe entre Pau Cubarsi et Gerard Martin, spectateurs, et trompe le gardien catalan, impuissant malgré sa détente (1-0, 38e). Une action qui rappelle son but (du gauche, cette fois) contre la Belgique il y a deux semaines (4-1), où il avait remis les Bleus en selle d’un pétard comparable à l’entrée de la surface.
Ils haussent le curseur quand bon leur semble
Pour Vitinha, l’affaire est plus ancienne mais il a refait le coup de cette inspiration salvatrice, toujours de loin, toujours bien placée, pour débloquer des situations en ballottage. Cette fois, c’est sur un centre d’Achraf Hakimi repoussé par la défense blaugrana que le Portugais a sorti sa botte secrète pour redonner l’avantage aux siens et assommer les Barcelonais, définitivement (3-2, 81e). La conclusion d’une rencontre harassante pour le métronome parisien, où il n’aura pas ménagé ses efforts dans le sacré duel que se sont livrés les milieux de terrain des deux équipes. Dans l’engagement, il aura été éclipsé par son acolyte Joao Neves, mais c’est bien lui qui a fait pencher la balance.
Une autre marque de fabrique de cette équipe qui ne cesse d’épater l’Europe. On les a déjà connus plus séduisants, plus dominants, plus irrésistibles. Mais les a-t-on déjà vus aussi impitoyables ? Ils ont cette capacité rare à hausser le curseur quand bon leur semble, et le plus souvent quand on les attend. Vitinha a parfois eu du mal à entraver les percées magnifiques de Pedri balle au pied. Doué a passé la première demi-heure à se montrer douteux dans ses choix, bien fermé par Joao Cancelo, en difficulté pour trouver ses partenaires et presque embarrassé dans ses tentatives vers l’avant. Mais au bout du compte, les deux hommes ont été décisifs, et plutôt deux fois qu’une pour l’attaquant, passeur sur le but de Lucas Hernandez (2-1, 72e), l’autre héros du soir ( voir page 3). Le duo a la particularité, et ils ne sont pas les seuls à Paris, d’être nettement plus décisifs en C1 qu’en L1, à temps de jeu égal.
Ont-ils définitivement lancé leur saison hier soir ? C’est possible pour Doué, qui vient d’enchaîner un troisième match de premier plan après la Belgique donc et Strasbourg ce week-end (3-1, un but à la clé), alors que Vitinha avait signé sa meilleure période depuis longtemps à Manchester. À moins qu’ils ne laissent souffler leur épée jusqu’à la prochaine grande bataille. Prochaine éclipse des étoiles parisiennes dans le ciel européen, le 3 novembre à Villarreal.
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La victoire marquante du PSG a un petit goût d’amertume :
Ousmane Dembélé, Khvitcha Kvaratskhelia et Marquinhos sont sortis blessés.
Une soirée qui coûte très cher
Ousmane Dembélé en première période, Khvitcha Kvaratskhelia et Marquinhos en seconde : le PSG a payé un lourd tribut à sa victoire. L’inquiétude règne pour le Géorgien, presque en pleurs à sa sortie.
21 Oct 2026 - L'Équipe
HUGO DELOM
Le virage Auteuil n’en finit plus de fêter ce spectacle de foot total. À l’entrée du tunnel, Luis Enrique raccompagne un à un tous les joueurs du Barça. Il est 22 h 50. Les buts de Vitinha et Fabian Ruiz continuent de faire trembler les tribunes du Parc des Princes. L’émotion est partout. Dans les rangs parisiens, il faut regarder les visages pour mesurer avec plus de justesse l’intensité du combat.
Marquinhos, sorti peu avant l’heure de jeu, claudique. Sa cuisse semble meurtrie. Le Brésilien, dont la situation inspire le moins d’inquiétude, célèbre ce 3e succès de rang en phase de ligue au milieu de ses coéquipiers. Contrairement aux deux autres Parisiens blessés du soir. Cela fait longtemps qu’Ousmane Dembélé, touché à la cuisse gauche à la suite d’une accélération (19e minute) et Khvitcha Kvaratskhelia, touché à un genou (59e), ont regagné les vestiaires.
Cette soirée du 20 octobre 2026 aura été une nouvelle illustration du football souvent si étincelant de cette promotion dorée, mais elle pourrait coûter cher. Très cher. Surtout pour Kvaratskhelia. Il y eut un murmure de peur dans le Parc quand le Géorgien, après un choc violent avec Xavi Espart s’est tenu le genou droit. En direct, les images paraissaient assez terribles. Le ralenti est presque pire.
L’ancien Napolitain, en quête de ses meilleures sensations physiques, n’est pas du genre à se plaindre gratuitement. Quand il fut raccompagné par deux membres du staff, « Kvara », presque en pleurs, ne pouvait plus poser le pied à terre. Un signe qui ne trompe pas sur l’intensité de la douleur. Le genou ? Oui, a priori. Rien n’était écarté hier soir sur le degré de gravité. Entorse ? Pire que ça ? Les images laissent imaginer les plus mauvais scénarios. Des examens sont déjà prévus aujourd’hui. « C'est la pire des choses de perdre t ro i s j oueurs, regrettait Luis Enrique hier. Il faut attendre demain (ce mercredi). Mais trois blessés, c’est la pire nouvelle, c’est comme ça le foot de haut niveau ».
Lésion aux ischios pour Dembélé,
une blessure qui va faire parler
L'entraîneur parisien le sait : le cas du « vacancier » Ousmane Dembélé va, lui, continuer à faire parler. Par médias interposés, le Ballon d’Or 2025 et son entraîneur se sont amusés à se chicoter sur ce thème des vacances accordées à « Dembouz » après la trêve. Mais le constat est simple : aujourd’hui, après cet allerretour du Parisien aux États-Unis et alors qu’en privé, l’attaquant estime devoir enchaîner pour retrouver ses meilleures sensations, sa gestion a abouti à cette blessure musculaire.
La lésion est certaine. Reste à déterminer le grade et donc la durée d’indisponibilité. En toute fin de soirée, la tendance était à une absence de deux à trois matches, un peu moindre par rapport aux inquiétudes initiales. Des examens complémentaires permettront d’affiner ce délai.
Un coup dur ponctuel ? Oui, mais bien plus que ca. Cette lésion va relancer la question de la gestion d’un joueur de 30 ans en mai prochain dont Paris ne parvient pas, ces dernières semaines, à tirer la quintessence.
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Lamine Yamal, même pas mal
Malgré son but, l’attaquant du Barça, méconnaissable en première période, n’a pas réussi un grand match face au PSG. Il a perdu son duel avec Lucas Hernandez.
21 Oct 2026 - L'Équipe
HUGUES SIONIS
Ce devait être sa soirée. Du moins tout le monde l’attendait comme telle. Après son début de saison incroyable, Lamine Yamal, en grande forme, devait illuminer Paris par son talent. Ses dribbles. Ses coups de génie. Et sa folie. Mais de tout ça, il n’y a presque rien eu. Après son but sublime face au Betis (5-2), samedi en Liga, tous les regards étaient tournés vers lui, dès l’échauffement. Toutes les craintes l’accompagnaient aussi à ses premiers ballons touchés, sous une bordée de sifflets. À une semaine de la remise du Ballon d’Or France Football, même si les votes sont déjà clos, cette soirée tombait à pic pour asseoir sa légitimité. Mais le prodige est passé à côté. Dans des proportions que personne n’aurait pu imaginer.
Il suffit de regarder sa ligne de statistiques pour comprendre à quel point le jeune international espagnol (19 ans, 37 sélections) a déjoué. Avec 20 ballons perdus, dont 12 en première période, seulement 3 dribbles réussis (sur 4) et 4 frappes tentées dont une seule cadrée, l’attaquant est très loin d’avoir affiché ses standards habituels. En l’absence de Nuno Mendes, forfait, une certaine inquiétude entourait son remplaçant pour savoir qui se coltinerait Lamine Yamal. Préféré à Lucas Digne et Warren Zaïre-Emery, c’est Lucas Hernandez qui a été chargé de cette corvée. Une mission finalement remplie avec brio, tant l’ancien joueur de l’Atlético de Madrid a empêché le Barcelonais de s’exprimer, en le serrant de près, en allant le chercher parfois très haut sur le terrain, en l’empêchant de se retourner et de prendre de la vitesse.
Peu créatif mais buteur après la sortie d’Hernandez de la Ligue des champions avant la troisième journée (4 passes) trouve souvent la parade. Par une remise, un grigri ou un geste auquel personne n’aurait pensé. Mais pas cette fois. Dès ses premiers ballons, Lamine Yamal n’a pas semblé dans un bon soir. Au lieu d’aller provoquer Hernandez, il a cherché Raphinha ou préféré jouer en retrait. Pas son style. Juste après un contrôle trop long dans la surface, sur un centre d’Anthony Gordon (31e), il a gratifié le Parc d’une première fantaisie, avec une talonnade pour l’Anglais. Ce qui a provoqué un soupir du public. Il n’y en aura pas d’autre avant l’entame des dix dernières minutes.
Après s’être pris la tête entre les mains, à la suite d’une passe interceptée par Marquinhos (45e+1), parfois énervé quand Hernandez commettait ses premières fautes après la pause, et avoir récupéré le brassard de capitaine à la sortie de Raphinha, il a fini par trouver la solution. Juste après la sortie de son garde du corps du soir (78e). Tiens tiens… Sur son premier ballon, ZaïreEmery a manqué son intervention de la tête, ce dont Lamine Yamal a profité pour le prendre de vitesse avant d’aller égaliser d’un pointu (79e).
Il ne lui a suffi que d’une occasion pour se montrer décisif etmarquer son 14e but toutes compétitions confondues cette saison, sélection comprise. Pas suffisant pour un joueur tel que lui, ni pour éviter une première défaite à son club.
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« Sur le premier, il est quelque peu fautif »
Notre consultant Bixente Lizarazu, impressionné par la capacité du PSG à surmonter les coups durs et à se créer une multitude d’occasions, n’a pas voulu accabler son gardien Matveï Safonov.
BIXENTE LIZARAZU
56 ans Ex-latéral gauche. 97 sélections, 2 buts Consultant pour L’Équipe, TF1 et ICI.
21 Oct 2026 - L'Équipe
LUC HAGÈGE
«Quels enseignements principaux tirez-vous de cette victoire parisienne sur le même score spectaculaire qu’à City ?
Hier soir face au Barça, Matveï Safonov a été battu à son premier poteau pour les 8e et 9e fois cette saison.
La force collective exceptionnelle du PSG et sa capacité folle à se procurer sans cesse beaucoup d’occasions, peu importent sa situation et les moments du match! Malgré toutes les blessures (Dembé lé, Marquinh os, Kvaratskhelia) et au vu des joueurs entrés de chaque côté, ceux du Barça (Fermin Lopez, Rodri, Gavi, Adeyemi, Baldé) semblant supérieurs à ceux du PSG (Ferran Torres, Akliouche, Zabarnyi, Mayulu, Zaïre-Emery), on s’ est dit que cela allait être compliqué pour le PSG en seconde période. Surtout qu’ après une première période dominée parles Pari siens, mais sans dégager la même impression d’ emprise technique absolue que lors du premier acte à City, les Bar celo nais avaient repris le contrôle et étaient revenus deux fois au score. Et pourtant, Paris a logique ment pris le dessus.
Avec une propension de Luis Enrique à transformer en or tout ce qu’il touche, qu’en pensez-vous ?
Son fameux discours consistant à marteler que le collectif est toujours au-dessus des individualités n'est pas une simple posture. La remarquable structure collective qu’il a su construireréduit considérable ment le risque de voir son équipes ous-performer, même quand les circonstances sont défavorables. Elle parvient toujours à garder sa sérénité et ça, oui, c’ est le mérite du coach et c' est impressionnant.
Commela performance XXL, une fois de plus, de Désiré Doué, buteur et passeur décisif. Comment l’analysez-vous ?
C’ est devenu la normalité. Ils’agit désormais des es standards de Désiré Doué, qui porte vraiment bien son nome test actuellement vraiment l’ homme fort, le“facteur X”duPSG, capable de le faire gagner quand il le souhaite, et pas contre n’ importe quel adversaire. Plus la pression est élevée, plusil estàl’aise etfort. Il a vraiment tout dans les trois aspects fondamentaux: la technique, le physique et le mental. Il lui restepeut-être encore à gérer encore mieux certains moments du match en ayant encore moins de déchet technique.
La “master class” de Lucas Hernandez, qui a éteint Lamine Yamal pendant 78 minutes, était quant à elle bien moins attendue.
Tout pouvait laisser penser qu'il allait passer une mauvaise soirée, car cela falsait près de deux ans qu’il n’avait pasététitulaire en C1. Ce n’ était pas facile de se retrouver face au meilleur dribbleur du monde. Or il a en effet réussi un match fantastique, étant ultraprésent dans les duels, le paradoxe étant bien sûr que juste après sa sortie, Zaïre-E mer y, qu’ on attendait davantage pour remplacer Nu no Men des( forfait ), a été pris sur le but de La mine Yamal(79e ). Sa performance a été couronnée par son but fulgurant delatête. C’estl’histoire extraordinaire d’unesoirée.
Enfin, comment jugez-vous celle de Matveï Safonov ?
On peut bien sûr relever le petit point faible déjà entre vu en début de saison: il a encaissé les deux buts près des on premier poteau. Mais c’ est surtout sur le p rem ier(55e)qu’ il est quelque peu faut if, car le deuxième est de toute façon très compliqué à éviter. Néanmoins, dans son style certes peu académique, il a encore réussi les arrêts nécessaires. Sa grosse qualité, c’ est de ne pas donner d’ information au tireur adverse, jusqu’ au dernier moment. Au final, Safo nova encore été efficace.»

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