Navi Pillay, «un message fort» pour la justice internationale


PHOTO JUAN KARITA. AP. SIPA
Navi Pillay, alors Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, 
à La Paz en Bolivie, en 2010.

Combattante pionnière pour l’état de droit, la juriste sud-africaine de 85 ans a été récompensée vendredi par le comité d’Oslo. Un message fort au moment où les dirigeants autoritaires et les dictateurs violent le droit international.

10 Oct 2026 - Libération
Par ARNAUD VAULERIN

Si certains Nobel de la paix ont pu par le passé susciter plus d’une interrogation quant à leur légitimité et leur ancrage dans l’actualité, la récompense de cette année ne souffre, elle, d’aucune ambiguïté. En décernant son prix à la juriste sud-africaine Navanethem (Navi) Pillay, le comité Nobel a primé une combattante pionnière pour les droits humains et la justice internationale. Et dans un moment où les démocraties en crise et les puissances autoritaires –à commencer par les Etats-Unis de Donald Trump et Israël de Benyamin Nétanyahou– multiplient les assauts contre l’état de droit en ciblant des instances internationales et en visant les magistrats les ­incarnant. «Le comité a voulu exprimer un message fort pour défendre le droit international et tous ceux qui tentent de le faire respecter, alors que de nouvelles sanctions américaines sont annoncées», a commenté, vendredi pour Libération, Nicolas Guillou, le juge français a la Cour pénale internationale (CPI) sanctionné par Washington (lire ci-contre).

«Aujourd’hui, alors que ces mêmes juges sont sanctionnés et que leurs institutions sont attaquées, nous avons besoin de personnes dotées de courage, de ­vision et de détermination, des qualités que Navi Pillay manifeste dans son ­travail, a souligné, vendredi matin à Oslo, le président du comité Nobel ­norvégien, Jørgen Watne Frydnes. La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les ­crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires.»

«On ne pouvait rêver meilleur choix»

Par un pur hasard chargé en symboles, Navi Pillay a pris connaissance de son prix alors qu’elle participait au Forum de Nuremberg, un rassemblement consacré au droit international dans la ville allemande où se sont déroulés les procès contre les criminels nazis en 1945. «Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump, s’est-elle amusée sous les ovations. Mais en tant qu’avocate et juge, je tiens tout de même à vérifier» que c’est bien vrai, a-t-elle poursuivi dans un rire capté dans une vidéo ­diffusée sur X par la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard. «On ne pouvait rêver meilleur choix à une époque où la justice internationale fait l’objet d’attaques répétées», a réagi cette dernière.

Navi Pillay a présidé la Commission d’enquête sur le Territoire palestinien occupé et Israël, créée par le Conseil des droits de l’homme sous l’égide de l’ONU. Il y a un an, celle-ci avait conclu qu’Israël était responsable d’un génocide à Gaza, même si l’entière démonstration de ces accusations doit être ­finalisée. Saisie par l’Afrique du Sud, la Cour internationale de justice doit encore statuer sur cette affaire qui risque de prendre du temps. «La responsabilité de ces crimes atroces incombe aux plus hautes instances des autorités israéliennes, qui orchestrent depuis près de deux ans une campagne génocidaire dans l’intention spécifique de détruire la population palestinienne de

Gaza», déclarait alors Navi Pillay, présidente du panel créé en 2021. Les auteurs du rapport ­accusaient également le président, Isaac Herzog, le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant d’avoir, par leurs déclarations, «incité à commettre un génocide». Israël avait rejeté ce rapport, le qualifiant de «biaisé et mensonger» et accusant ses auteurs de parti pris antisémite.

Vendredi, à Nuremberg, Gaza a été l’un des premiers sujets abordés par Navi Pillay, après avoir appris qu’elle avait remporté le prix. «Ce qui se passe là-bas est un génocide», a-t-elle déclaré sous un nouveau tonnerre d’applaudissements. Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que le choix du comité Nobel légitimait «la haine et les préjugés antiisraéliens» et que l’ancien chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, devait «applaudir depuis l’enfer».

A plusieurs reprises, Navi Pillay a rejeté les critiques qui l’ont accusée d’antisémitisme ou de fermer les yeux sur les attaques du Hamas en Israël. Sous sa direction, la commission a également publié des rapports accusant le groupe terroriste de crimes de guerre et de ­violations du droit international ­humanitaire lors de son attaque du 7 octobre 2023. «De son mandat de juge dans l’Afrique du Sud post-apartheid, en passant par son arrêt historique ­selon lequel le viol peut constituer un acte de génocide, jusqu’à son rôle d’enquêtrice auprès des Nations unies, elle s’est montrée indépendante, intrépide et porteuse du flambeau du droit international», salue le juriste international et écrivain franco-britannique Philippe Sands.

«INFLUENCE PROFONDE ET TRAVAIL IMPARTIAL»

D’origine tamoule, Navi Pillay est née le 23 septembre 1941 dans une famille pauvre indienne de la banlieue de Durban en Afrique du Sud. A 26 ans, elle est la première femme à ouvrir un ­cabinet d’avocat dans sa province ­natale du Natal. Elle y défend des ­militants anti-apartheid, dénonce les actes de torture et contribue à faire ­reconnaître des droits fondamentaux aux prisonniers de Robben Island, parmi lesquels figure Nelson Mandela. Elle vient également en soutien aux victimes de viol et se bat pour une plus grande reconnaissance des droits des femmes, notamment via l’ONG Equality Now.

Après la fin de l’apartheid, Navi Pillay est en 1995 la première femme de couleur nommée par Mandela à la Cour suprême de l’Afrique du Sud. Mais elle n’y siège que peu de temps puisque, la même année, elle est élue par l’Assemblée générale des Nations unies pour occuper le poste de juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). A Arusha, où elle a exercé ses fonctions pendant huit ans, dont les quatre dernières années en tant que présidente, elle a joué un rôle déterminant dans la jurisprudence novatrice du TPIR : elle a aidé à établir que le viol et les violences sexuelles pouvaient être considérés comme des éléments constitutifs du crime de génocide. En 2003, elle intègre la Cour pénale ­internationale de La Haye, où elle a siégé à la Chambre d’appel jusqu’en août 2008, date à laquelle elle est nommée Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies. C’est à ce titre qu’en 2012 elle alerte, clairvoyante, sur les crimes commis à l’encontre de la minorité musulmane apatride des Rohingyas dans l’ouest de la Birmanie. Bien avant les grands massacres de 2016 et, surtout 2017, quand plus de 700 000 personnes, victimes d’un nettoyage ethnique, sont forcées à fuir vers le Bangladesh voisin.

«Au cours de sa longue carrière de militante, d’enquêtrice et de juge, Navi Pillay a exercé une influence profonde en Afrique du Sud, au Rwanda, dans les Territoires palestiniens occupés, rappelle Philippe Bolopion, directeur ­exécutif de Human Rights Watch. Elle s’est montrée une fervente défenseuse de l’état de droit international et d’un travail impartial en faveur des droits de l’homme.»

Navi Pillay exerce actuellement les fonctions de juge ad hoc à la Cour internationale de justice dans le cadre d’une affaire intentée par la Gambie contre la Birmanie pour le potentiel génocide des Rohingyas. La CIJ pourrait d’ailleurs rendre son arrêt dans les ­prochaines semaines. A 85 ans, Navi Pillay n’a pas dit son dernier mot. Elle a dédié son Nobel «à tous les survivants de crimes internationaux».

***

Les Etats-Unis punissent la CPI

L’administration Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale. Un timing qui oblige les Européens à réagir.

10 Oct 2026 - Libération
A.Va.

Impossible de croire à une pure coïncidence. Quelques heures après l’attribution du prix Nobel de la paix à la juriste sud-africaine Navi Pillay, grande défenseure de la justice internationale, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale vendredi. La CPI les a immédiatement rejetées, avant de déclarer que «l’histoire jugera ce moment». Ces sanctions étaient redoutées depuis plusieurs mois. Elles ne visent plus seulement des individus –17 à ce jour–, mais l’institution dans son ensemble. Le département d’Etat américain indique que ces «mesures supplémentaires visent à défendre la souveraineté des Etats-Unis et à neutraliser la menace que représente la CPI».

L’administration Trump prétend paralyser l’activité de la Cour qui s’apprête à commémorer l’année prochaine ses 25 années d’existence en plein chaos. Les EtatsUnis, qui n’ont jamais reconnu l’autorité de la CPI, entendent en effet sanctionner les sociétés fournisseuses de services à la Cour afin de l’asphyxier : banque, assurances, logiciels, etc. «Le président Trump ne permettra jamais à la Cour pénale ­internationale de poursuivre des Américains, a déclaré le ­secrétaire d’Etat Marco Rubio dans un communiqué. Nous interdirons toute transaction avec cette Cour paria, coupant ainsi ses ressources et paralysant sa capacité de fonctionnement.»

«Contraste». Le Trésor américain a assorti ces nouvelles ­mesures d’une dérogation de 180 jours, permettant certaines transactions dans les domaines des télécommunications, des logiciels, du versement des retraites et des opérations liées aux détenus. Ce nouveau train de mesures ­soulève des questions quant à la capacité de la CPI à rémunérer son personnel, mener des enquêtes à l’étranger, protéger les témoins et même faire fonctionner son centre de détention. «Notre travail se poursuivra dans toutes nos situations, nos enquêtes et nos poursuites», a toutefois ­assuré à Reuters la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan. «Le fait que cette nouvelle tombe après l’annonce du Nobel à Navi Pillay crée un contraste saisissant entre la dignité et la stature morale de la récipiendaire, et l’indignité d’un pouvoir qui a perdu toute boussole morale», juge Olivier de Frouville, professeur de droit international à l’université Paris-Panthéon-Assas.

Depuis l’ouverture en 2017 d’une enquête par la CPI sur les actions des soldats américains en ­Afghanistan, Washington ne décolère pas contre les juges de La Haye. Mais c’est surtout depuis l’émission des mandats d’arrêt émis à l’encontre de responsables israéliens en 2024, dont le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, que l’administration Trump s’est déchaînée contre l’institution. Elle a renforcé ses pressions et ses sanctions. L’été dernier, Marco Rubio avait appelé à «démanteler» la Cour «brique par brique».

Tollé. L’annonce de ces sanctions contre la Cour pénale a suscité un tollé international. Plusieurs capitales ont appelé au retrait des mesures. L’ONU les a qualifiées d’«inacceptables». De nombreux pays ont apporté leur soutien aux juges de La Haye. L’Union européenne, qui héberge la Cour pénale, s’est dite «prête à prendre toutes les ­mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son ­travail».

Pour Amnesty International, la juriste Jeanne Sulzer se demande si les «gouvernements qui saluent aujourd’hui la lauréate Navi Pillay défendront la cour qu’elle a servie. Nous demandons à la France et à l’Union euro­péenne de condamner ces sanctions et d’adopter sans délai des mesures de blocage de ces sanctions». S’il est déclenché, ce système impose aux acteurs écono­miques en Europe de ne pas ­appliquer les sanctions extraeuropéennes. Ce mécanisme de blocage de l’Union européenne est considéré comme «l’option nucléaire», selon le ministre ­néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen. L’UE est au pied du mur.


Libé.fr

A lire, l’interview de Cécile Aptel, proche collaboratrice de Navi Pillay au Tribunal pour le Rwanda et à l’ONU, qui se trouvait à ses côtés à ­Nuremberg lorsqu’elle a ­appris que le prix Nobel de la paix lui était décerné.

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FOTO JUAN KARITA. AP. SIPA
Navi Pillay, all’epoca Alto Commissario delle Nazioni Unite per i diritti umani, 
a La Paz, in Bolivia, nel 2010.

Navi Pillay, «un messaggio forte» per la giustizia internazionale

Pioniera nella lotta per lo Stato di diritto, l’85enne giurista sudafricana è stata premiata venerdì dal comitato di Oslo. Un messaggio forte in un momento in cui leader autoritari e dittatori violano il diritto internazionale.

10 ottobre 2026 - Libération
di ARNAUD VAULERIN

Se in passato alcuni premi Nobel per la Pace hanno potuto suscitare più di qualche perplessità riguardo alla loro legittimità e al loro legame con l’attualità, quello di quest’anno non presenta invece alcuna ambiguità. Assegnandolo alla giurista sudafricana Navanethem (Navi) Pillay, il Comitato Nobel ha premiato una pioniera nella lotta per i diritti umani e la giustizia internazionale. E in un momento in cui le democrazie sono in crisi e le potenze autoritarie – a cominciare dagli Stati Uniti di Donald Trump e da Israele di Benjamin Netanyahu – moltiplicano gli attacchi contro lo Stato di diritto, prendendo di mira le istituzioni internazionali e i magistrati che le incarnano. «Il comitato ha voluto lanciare un messaggio forte a difesa del diritto internazionale e di tutti coloro che cercano di farlo rispettare, proprio mentre vengono annunciate nuove sanzioni statunitensi», ha commentato venerdì a Libération Nicolas Guillou, il giudice francese della Corte Penale Internazionale (CPI) sanzionato da Washington (leggi in basso).

«Oggi, mentre questi stessi giudici vengono sanzionati e le loro istituzioni vengono attaccate, abbiamo bisogno di persone dotate di coraggio, visione e determinazione, qualità che Navi Pillay dimostra nel suo lavoro», ha sottolineato venerdì mattina a Oslo il presidente del Comitato Nobel, il norvegese Jørgen Watne Frydnes. La vincitrice di quest’anno ha svolto un ruolo determinante nel garantire che i crimini di guerra, i crimini contro l’umanità e il genocidio fossero oggetto di procedimenti giudiziari.»

«Non si poteva sognare scelta migliore»

Per una coincidenza ricca di simbolismo, Navi Pillay ha appreso della sua assegnazione mentre partecipava al Forum di Norimberga, un incontro dedicato al diritto internazionale nella città tedesca dove nel 1945 si svolsero i processi contro i criminali nazisti. «Se applaudite un po’ più forte, forse dividerò il premio con Trump», ha scherzato tra gli applausi. «Ma in qualità di avvocato e giudice, tengo comunque a verificare» che sia proprio vero, ha proseguito ridendo in un video diffuso su X dalla segretaria generale di Amnesty International, Agnès Callamard. «Non si poteva sognare scelta migliore in un’epoca in cui la giustizia internazionale è oggetto di ripetuti attacchi», ha commentato quest’ultima.

Navi Pillay ha presieduto la Commissione d’inchiesta sui Territori palestinesi occupati e su Israele, istituita dal Consiglio dei diritti umani sotto l’egida dell’ONU. Un anno fa, la Commissione aveva concluso che Israele fosse responsabile di un genocidio a Gaza, anche se la dimostrazione completa di tali accuse deve ancora essere completata. Adita dal Sudafrica, la Corte internazionale di giustizia deve ancora pronunciarsi su questo caso, che rischia di richiedere molto tempo. «La responsabilità di questi crimini atroci ricade sulle massime autorità israeliane, che da quasi due anni orchestrano una campagna genocida con l’intento specifico di distruggere la popolazione palestinese di Gaza», aveva allora dichiarato Navi Pillay, presidente del gruppo di esperti istituito nel 2021. Gli autori del rapporto accusavano inoltre il presidente Isaac Herzog, il primo ministro Benyamin Netanyahu e l’ex ministro della Difesa, Yoav Gallant, di aver, con le loro dichiarazioni, «istigato a commettere un genocidio». Israele aveva respinto tale rapporto, definendolo «di parte e mendace» e accusandone gli autori di pregiudizi antisemiti.

Venerdì, a Norimberga, Gaza è stato uno dei primi argomenti affrontati da Navi Pillay, dopo aver appreso di aver vinto il premio. «Quello che sta accadendo là è un genocidio», ha dichiarato tra un nuovo fragore di applausi. In un comunicato, il ministero degli Affari Esteri israeliano ha ritenuto che la scelta del comitato del Nobel legittimasse «l’odio e i pregiudizi anti-israeliani» e che l’ex capo della propaganda nazista, Joseph Goebbels, doveva «applaudire dall’inferno».

In diverse occasioni, Navi Pillay ha respinto le critiche che l’hanno accusata di antisemitismo o di chiudere gli occhi di fronte agli attacchi di Hamas in Israele. Sotto la sua guida, la Commissione ha anche pubblicato rapporti in cui si accusa il gruppo terroristico di crimini di guerra e di violazioni del diritto internazionale umanitario durante il suo attacco del 7 ottobre 2023. « Dal suo mandato di giudice nel Sudafrica post-apartheid, passando per la sua storica sentenza secondo cui lo stupro può costituire un atto di genocidio, fino al suo ruolo di investigatrice presso le Nazioni Unite, si è dimostrata indipendente, intrepida e portatrice della fiaccola del diritto internazionale», la elogia il giurista internazionale e scrittore franco-britannico Philippe Sands.

«INFLUENZA PROFONDA E LAVORO IMPARZIALE»

Di origini tamil, Navi Pillay è nata il 23 settembre 1941 in una famiglia indiana povera della periferia di Durban, in Sudafrica. A 26 anni, è stata la prima donna ad aprire uno studio legale nella sua provincia natale, il Natal. È là che difende gli attivisti anti-apartheid, denuncia gli atti di tortura e contribuisce a far riconoscere i diritti fondamentali ai prigionieri di Robben Island, tra cui figura Nelson Mandela. Si schiera inoltre a sostegno delle vittime di stupro e si batte per un maggiore riconoscimento dei diritti delle donne, in particolare attraverso l’ONG Equality Now.

Dopo la fine dell’apartheid, nel 1995 Navi Pillay è stata la prima donna coloured, nominata da Mandela, alla Corte Suprema del Sudafrica. Vi ha però ricoperto la carica solo per breve tempo poiché, nello stesso anno, è stata eletta dall’Assemblea Generale delle Nazioni Unite per ricoprire la carica di giudice presso il Tribunale Penale Internazionale per il Ruanda (TPIR). Ad Arusha, dove ha ricoperto la carica per otto anni, di cui gli ultimi quattro come presidente, ha svolto un ruolo determinante nella innovativa giurisprudenza del TPIR: ha contribuito a stabilire che lo stupro e le violenze sessuali potessero essere considerati elementi costitutivi del crimine di genocidio. Nel 2003 è entrata a far parte della Corte Penale Internazionale dell’Aia, nella quale ha fatto parte della Sezione d’appello fino all’agosto 2008, data in cui è stata nominata Alto Commissario delle Nazioni Unite per i diritti umani. È in questa veste che nel 2012, con grande lungimiranza, ha lanciato l’allarme sui crimini commessi contro la minoranza musulmana apolide dei Rohingya nella Birmania occidentale. Molto prima dei grandi massacri del 2016 e, soprattutto, del 2017, quando oltre 700 mila persone, vittime di una pulizia etnica, sono state costrette a fuggire nel vicino Bangladesh.

«Nel corso della sua lunga carriera di attivista, investigatrice e giudice, Navi Pillay ha esercitato una profonda influenza in Sudafrica, in Ruanda e nei Territori palestinesi occupati», ricorda Philippe Bolopion, direttore esecutivo di Human Rights Watch. Si è dimostrata una fervente sostenitrice dello Stato di diritto internazionale e di un’azione imparziale a favore dei diritti umani».

Navi Pillay ricopre attualmente la carica di giudice ad hoc presso la Corte Internazionale di Giustizia nell’ambito di una causa intentata dal Gambia contro la Birmania per il potenziale genocidio dei Rohingya. La Corte Internazionale di Giustizia potrebbe del resto emettere la sentenza nelle prossime settimane. A 85 anni, Navi Pillay non ha ancora detto l’ultima parola. Ha dedicato il suo Nobel «a tutti i sopravvissuti ai crimini internazionali».

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Gli Stati Uniti puniscono la Corte penale internazionale

L’amministrazione Trump ha annunciato venerdì nuove sanzioni contro la Corte Penale Internazionale. Una tempistica che costringe gli europei a reagire.

10 ottobre 2026 - Libération
A.Va.

Impossibile credere che si tratti di una pura coincidenza. Poche ore dopo l’assegnazione del Premio Nobel per la pace alla giurista sudafricana Navi Pillay, grande paladina della giustizia internazionale, venerdì gli Stati Uniti hanno annunciato nuove sanzioni contro la Corte Penale Internazionale. La CPI le ha immediatamente respinte, dichiarando poi che «la storia giudicherà questo momento». Queste sanzioni erano temute da diversi mesi. Non prendono più di mira solo singoli individui – 17 fino ad oggi –, ma l’istituzione nel suo complesso. Il Dipartimento di Stato statunitense afferma che queste «misure aggiuntive mirano a difendere la sovranità degli Stati Uniti e a neutralizzare la minaccia rappresentata dalla CPI».

L’amministrazione Trump intende paralizzare l’attività della Corte, che il prossimo anno si appresta a commemorare in pieno caos i propri 25 anni di esistenza. Gli Stati Uniti, che mai hanno riconosciuto l’autorità della Corte Penale Internazionale (CPI), al fine di soffocarne l’attività intendono infatti sanzionare le società che le forniscono servizi: banche, assicurazioni, software eccetera. «Il presidente Trump non permetterà mai che la Corte Penale Internazionale persegua cittadini statunitensi», ha dichiarato in un comunicato il Segretario di Stato, Marco Rubio. «Vieteremo qualsiasi transazione con questa Corte emarginata, tagliandole così le risorse e paralizzandone la capacità operativa».

«Contrasto». Il (Dipartimento del) Tesoro statunitense ha accompagnato queste nuove misure con una deroga di 180 giorni, che consente alcune transazioni nei settori delle telecomunicazioni, del software, del versamento delle pensioni e delle operazioni relative ai detenuti. Questo nuovo pacchetto di misure solleva interrogativi sulla capacità della CPI di retribuire il proprio personale, condurre indagini all’estero, proteggere i testimoni e persino gestire il proprio centro di detenzione. «Il nostro lavoro proseguirà in tutti i nostri casi, nelle nostre indagini e nei nostri procedimenti», ha tuttavia assicurato a Reuters la procuratrice aggiunta della CPI, Nazhat Shameem Khan. «Il fatto che questa notizia arrivi dopo l’annuncio del Premio Nobel a Navi Pillay crea un contrasto stridente tra la dignità e la statura morale della vincitrice e l’indegnità di un potere che ha perso ogni bussola morale», afferma Olivier de Frouville, professore di diritto internazionale all’Università Paris-Panthéon-Assas.

Da quando, nel 2017, la Corte Penale Internazionale (CPI) ha avviato un’indagine sulle azioni dei soldati statunitensi in Afghanistan, Washington non ha smesso di nutrire rancore nei confronti dei giudici dell’Aia. Ma è soprattutto dall’emissione dei mandati di arresto nei confronti di funzionari israeliani nel 2024, tra cui il primo ministro Benjamin Netanyahu, che l’amministrazione Trump si è scatenata contro l’istituzione. Ha intensificato le pressioni e le sanzioni. L’estate scorsa, Marco Rubio aveva chiesto di «smantellare» la Corte «mattone dopo mattone».

Clamore. L’annuncio di queste sanzioni contro la Corte Penale ha suscitato un clamore internazionale. Diverse capitali hanno chiesto la revoca delle misure. L’ONU le ha definite «inaccettabili». Numerosi Paesi hanno espresso il proprio sostegno ai giudici dell’Aia. L’Unione Europea, che ospita la Corte Penale, si è detta «pronta ad adottare tutte le misure necessarie per consentire alla Corte di proseguire il proprio lavoro».

Per Amnesty International, la giurista Jeanne Sulzer si chiede se «i governi che oggi rendono omaggio alla vincitrice Navi Pillay difenderanno la Corte che lei ha servito. Chiediamo alla Francia e all’Unione Euro­pea di condannare queste sanzioni e di adottare senza indugio misure volte a bloccarle». Se attivato, questo sistema impone agli attori economici in Europa di non applicare le sanzioni extraeuropee. Questo meccanismo di blocco da parte dell’Unione Europea è considerato «l’opzione nucleare», secondo il ministro degli Affari esteri neerlandese, Tom Berendsen. L’UE è con le spalle al muro.


Libé.fr

Da leggere, l’intervista a Cécile Aptel, stretta collaboratrice di Navi Pillay presso il Tribunale per il Ruanda e all’ONU, che era al suo fianco a Norimberga quando ha appreso di aver ricevuto il Premio Nobel per la pace.

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