Carton plein


Richard Carapaz a jeté ses dernières forces dans la bataille 
de l’Alpe d’Huez, hier, dont il ressort grand vainqueur.

Richard Carapaz a parachevé un excellent Tour en s’imposant hier à l’Alpe d’Huez. 
Après son succès à Orcières Merlette, l’Équatorien a aussi assuré la conquête du maillot à pois, qu’il avait déjà obtenu en 2024.

«D’un coup, dans la descente, j’ai vu Sepp à terre. 
Et après ça, je n’ai rien lâché jusqu’au dernier mètre»
   - RICHARD CARAPAZ

26 Jul 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL ÉLOI THOUAULT (avec L. He.)

ALPE D’HUEZ (ISÈRE) – Il fallait le voir, les yeux rougis par l’émotion, dans la zone protocolaire, pour mesurer le bonheur de Richard Carapaz. À l’Alpe d’Huez, l’Équatorien avait beau avoir déjà un Giro dans la besace, un Tour de Suisse au palmarès et quelques bouquets accrochés aux murs de la maison, il savourait le moment comme un gamin. À 33 ans, le grimpeur d’EF Education-EasyPost s’est offert, hier, l’étape reine de ce Tour avec ses 5600 mde dénivelé à avaler.

Un succès qui vient boucler de la plus belle des manières un formidable carton plein. En l’espace de deux jours, le vainqueur du Giro 2019 a décroché deux victoires d’étape – la première à Orcières Merlette jeudi – et s’est emparé du maillot à pois. Car c’est bien la quête de ce paletot de meilleur grimpeur qui l’a, une nouvelle fois, poussé à se porter à l’avant. « Aujourd’hui (hier), on était vraiment concentrés sur les pois » , assurait son directeur sportif, Charles Wegelius.

Alors Carapaz a fait le métier, en vieux briscard qu’il est devenu. Premier au sommet de la Croix de Fer (hors catégorie), du Télégraphe (1re cat.) et du Galibier (HC), il avait déjà mis le maillot à l’abri. Mais comme souvent avec les grands gourmands, l’appétit vient en mangeant. « On a changé de stratégie après le Télégraphe, expliquait Wegelius. Quand on a vu l’écart, j’étais même un peu gêné de le dire aux coureurs à la radio, parce qu’on ne joue pas à la PlayStation. Mais on leur a dit: maintenant, on pense à l’étape. »

On ne sait quelle touche correspond au mode résilience sur la manette de l’Équatorien, mais il l’a visiblement trouvée. Quand Sepp Kuss a tenté de faire sauter le bouchon dans le col de Sarenne, Carapaz n’a pas paniqué. Il a gardé l’Américain dans son viseur, à une vingtaine de secondes, avant de revenir sur lui. « Je savais que j’étais dans le coup. À un moment, quand Sepp (Kuss) m’a attaqué, je suis resté là, toujours là, à quelques secondes, a-t-il répété. D’un coup, dans la descente, j’ai vu Sepp à terre. Et après ça, je n’ai rien lâché jusqu’au dernier mètre, j’ai tout donné avec ce que j’avais. »

Une belle récompense pour un printemps passé à serrer les dents. Après une opération du périnée en avril et un début de Tour où il avait « préféré perdre du temps », Carapaz pouvait savourer son petit chef-d’oeuvre. Deux étapes dans la musette, le maillot à pois sur les épaules et, surtout, une première cérémonie sur les Champs-Élysées à venir. Car si l’Équatorien avait déjà remporté ce classement en 2024, il n’avait pu goûter aux honneurs de Paris, la cérémonie finale ayant été délocalisée à Nice en raison des Jeux. Cette fois, il pourra descendre la plus belle avenue du monde avec sa tunique à pois. « Tout cela en valait la peine », glissait-il. 

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