Seixas, réservoir vide
Paul Seixas exténué à l’arrivée
de la 20e étape, hier à l’Alpe d’Huez.
Le grimpeur français a concédé 1’50” à Isaac del Toro à l’Alpe d’Huez.
S’il ne sera pas maillot blanc à Paris aujourd’hui, il conserve sa 4e place au classement général.
Pour son premier Tour, à 19 ans seulement.
«C’est sûr que dans quelques jours, quand je regarderai derrière,
ce sera forcément une fierté, mais ce soir c’est décevant»
- PAUL SEIXAS
26 Jul 2026 L'Équipe
THOMAS PEROTTO
ALPE D’HUEZ – Dans les bras de ses parents, il a expulsé un sanglot, révélateur de trois semaines de découvertes et d’apprentissage sur le Tour de France. À 19 ans, Paul Seixas est à la fois le plus grand talent du cyclisme français et encore un adolescent en train de passer à l’âge adulte. Il a fini le Tour rincé, les réservoirs à secs hier, mais toujours à la 4e place du général. Il a lâché prise dans le col de Sarenne, mais ses trois semaines ont été incroyables de régularité et de force mentale.
Le 1er juillet, lors d’une reconnaissance dans les rues de Barcelone, il a chuté, d’où la présence de quelques pansements au début du Tour de France, en Catalogne. Lors de la première semaine de course, il a également été touché par un petit rhume pendant deux jours, d’où ce masque chirurgical porté ensuite dans les endroits où le brassage de population était important. Deux éléments cachés par son équipe à sa demande puisqu’il ne voulait en aucun cas que cela puisse être perçu comme des excuses en cas de coups de moins bien. Hier, il est allé au bout de lui-même et il a quand même trouvé la force d’être déçu au milieu de tout ça.
« Je me sentais vraiment bien au départ et dans le Galibier. Et puis à la fin, j’ai craqué. C’est comme ça, ça fait partie du vélo. Je suis forcément déçu de ne pas avoir pu me battre plus que ça pour le podium, avouait-il. Il y a un moment où j’ai atteint mes limites et j’ai craqué. J’ai essayé d’être plus fort que d’habitude et j’ai explosé. » Il a concédé 1’50” au 3e du général, Isaac del Toro, sur la ligne à l’Alpe d’Huez, tout en conservant une avance suffisante sur Lenny Martinez, 6e de l’étape et 5e du général, qui aurait pu le menacer.
Decathlon CMA CGM, avec Nicolas Prodhomme, Tiesj Benoot et surtout Matthew Riccitello, ont tenté le tout pour le tout afin de faire craquer le Mexicain après le Galibier. « Mais il était juste plus fort aujourd’hui, cadrait Seixas. C’est sûr que dans quelques jours, quand je regarderai derrière, ce sera forcément une fierté, mais ce soir c’est décevant. » Dominique Serieys, le manager de l’équipe, relève, lui, que « c’est extraordinaire de faire quatrième. Pas une seule fois, il n’a eu de défaillance physique, l’adversité était incroyable. On est très heureux. On voulait amener Paul à Paris, il va y arriver dès ce samedi soir en TGV et il sera demain sur les Champs, la mission est accomplie. À 19 ans, il aura accumulé une expérience que peu de garçons ont accumulée à cet âge. » Alexandre Pacot, son entraîneur, assure qu’une journée comme celle-là « fait partie de la prise d’expérience. Je ne l’ai pas vu en difficulté aujourd’hui, il a tout tenté pour le maillot blanc et la troisième place. Il faudra analyser, dans quelques jours, les données, mais c’est sûr qu’il finit exténué, c’était l’étape la plus dure du Tour. » L’étape la plus importante de sa carrière aussi, peut-être. Plus rien ne sera comme avant après avoir terminé son premier Tour de France. Avec des garanties qui laissent rêveur.
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