Alaphilippe, les liens du sang
Julian et Franck sont cousins.
L’un est champion cycliste, l’autre son coach
Derrière la réussite du champion berrichon Julian Alaphilippe, il y a aussi l’ombre tutélaire de Franck, le cousin, discret mais entraîneur efficace.
par Nicolas Tavarès - Carré Barré
28 août 2018 - Reportages, Talent d'iciC’est un coureur à l’ancienne comme les amoureux de la petite reine les aiment. Combatif, hargneux, un guerrier. Sa soif de victoire l’avait porté en haut du mur de Huy, au printemps dernier, pour s’imposer dans la Flèche Wallonne. Il a ensuite allumé un véritable feu d’artifice en juillet sur les routes du Tour de France (2 étapes, maillot à pois de meilleur grimpeur). «J’ai mis les tripes sur la table» avait-il alors confié en tombant dans les bras de son cousin d’entraîneur, Franck, présent sur la ligne d’arrivée au Grand-Bornand. «Mais je ne m’attendais pas à ce que j’ai vécu pendant et après le Tour de France… Je savais que ça ne me changerait pas, mais le regard des gens, lui, il a changé et les sollicitations sont tombées de partout. Il y a eu une grosse tournée des critériums. Pour moi, ça a été un retour de flamme. Il fallait que je souffle.»
C’est à Saint-Amand-Montrond, au coeur du Boischaut Sud, que le coureur est né en 1992, et même s’il a grandi à Montluçon, le label berrichon lui colle à la peau. C’est d’ailleurs à Saint-Amand qu’il revient régulièrement (lire par ailleurs) pour retrouver Franck Alaphilippe, son cousin âgé de 53 ans, qui accompagne sa carrière sportive depuis qu’il est cadet. «Lorsqu’il est passé pro chez Etixx en 2013, j’ai voulu passer la main, ça me semblait normal. Au bout de quatre jours, Julian m’a appelé en me disant que ça ne le ferait pas, qu’il fallait que l’on continue ensemble. C’est quelqu’un qui a ses habitudes…» Voilà comment Franck Alaphilippe a gardé la main sur son cousin sans que personne au sein de la monstrueuse équipe Quick-Step n’y trouve à redire. Et surtout pas le coureur :
«Aujourd’hui, j’encaisse les grosses courses, j’ai un bon état de fraîcheur. C’est le travail qui paie mais avec Franck, nous n’avons pas encore trouvé nos limites. Ce qu’il se passe cette année montre seulement qu’il y a encore plein de pistes à explorer, des terrains à découvrir et une grosse marge de progression. Mais surtout, j’espère qu’on travaillera encore longtemps ensemble. Parce que c’est super de vivre des moments comme ça avec un membre de sa famille. En tout cas, moi j’en ai besoin.»
Franck sort de l’ombre
Pour mieux saisir le fonctionnement du duo, il suffisait de les retrouver au départ d’une étape du dernier Tour de France, partageant un café à quelques minutes du départ. Franck officiait sur l’épreuve en qualité d’intendant hospitalités et relations publiques pour ASO, l’organisateur : «Je ne suis pas dans la course, mais uniquement aux départs et aux arrivées. Avec Julian on se parle tous les soirs. On s’envoie des textos, on s’appelle, je télécharge son compteur et ses données télémétriques du jour pour voir si tout est OK…» Tout le monde l’a vu, « Loulou », l’un des surnoms de Julian, était à un pic de forme. Au point que certains en ont fait un futur vainqueur de la Grande Boucle ! Du coup, Franck Alaphilippe, qui n’a jamais tant aimé l’ombre et la discrétion, même du temps où il fut un très bon coureur régional, a dû forcer sa nature pour répondre aux nombreuses sollicitations des médias, curieux d’anecdotes et de petits secrets sur son talentueux cousin.
«Je ne m’attendais pas à être si souvent sollicité. Et moi qui ne suis pas très fan de ça, là j’ai été gâté.» Mais cela participe à la réussite de Julian qui, tandis qu’il vérifiait sa popularité grandissante dans la tournée des critériums, s’offrait encore la Clasica San Sebastian. «Je l’ai fait sur ma condition du Tour, mais j’étais fatigué… Maintenant, je vais revenir tranquillement à la compétition sur les tours de Grande-Bretagne et de Slovaquie, nous livrait-il fin août. J’irai sans ambition si ce n’est bien finir la saison.» Et pourquoi ne pas frapper un nouveau grand coup dans les championnats du monde à Innsbrück le 30 septembre ? «Je sais que j’aurai un rôle important à y jouer. Mais la saison a été longue et éprouvante. On avisera pendant la course.» En juillet dernier, sans rentrer dans les détails, Franck avait rapidement évoqué le mondial. Preuve que le rendez-vous était déjà bien dans la tête des deux cousins berrichons.
Franck, cousin et formateur…
Franck Alaphilippe, passé sous les couleurs de l’UC Châteauroux, n’est pas seulement l’entraîneur de son cousin Julian. Tout au long de l’année, il est également (et surtout) le responsable du Pôle espoir cyclisme de Saint-Amand-Montrond au sein duquel il forme les apprentis champions. Régulièrement, Julian leur rend visite pour échanger avec eux. Franck ne cache pas que ce soutien est essentiel pour la quinzaine de jeunes coureurs qu’il a sous sa responsabilité. Depuis qu’il a pris la responsabilité du Pôle saint-amandois, Franck a vu éclore le sprinter Marc Sarreau (Groupama-FDJ) et Romain Combaud (Delko-Marseille Provence). C’est ce qu’on appelle avoir du nez…
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Julian e Franck sono cugini.
Uno è un campione di ciclismo, l’altro il suo allenatore
Dietro il successo del campione del Berry Julian Alaphilippe c’è anche l’ombra protettrice di Franck, il cugino, discreto ma efficace come allenatore.
Alaphilippe, i legami di sangue
di Nicolas Tavarès - Carré Barré
28 agosto 2018 - Reportage, Talenti locali
È un corridore alla vecchia maniera, proprio come piacciono agli appassionati della «piccola regina». Combattivo, grintoso, un vero guerriero. La sua sete di vittoria lo aveva portato in cima al Muro di Huy, la scorsa primavera, per aggiudicarsi la Freccia Vallone. Ha poi dato vita a un autentico spettacolo pirotecnico a luglio sulle strade del Tour de France (due tappe, maglia a pois di miglior scalatore). «Ho dato tutto me stesso», aveva allora confidato gettandosi tra le braccia del cugino Franck, il suo allenatore, presente sul traguardo al Grand-Bornand. «Ma non mi aspettavo quello che ho vissuto durante e dopo il Tour de France… Sapevo che non mi avrebbe cambiato, ma lo sguardo della gente sì, ed è piovuta una valanga di richieste da ogni parte. C’è stata una fitta serie di criterium. Per me è stata una fiammata improvvisa. Avevo bisogno di riprendere fiato».
Il ciclista è nato nel 1992 a Saint-Amand-Montrond, nel cuore del Boischaut Sud, e anche se è cresciuto a Montluçon, l’etichetta di “berrichon” (*) gli è rimasta appiccicata addosso. È proprio a Saint-Amand che torna regolarmente (leggi altrove) per ritrovare Franck Alaphilippe, suo cugino di 53 anni, che lo accompagna nella sua carriera sportiva sin da quando [Julian] era cadetto. «Quando è passato al professionismo con la Etixx nel 2013, ho voluto passare il testimone, mi sembrava normale. Dopo quattro giorni, Julian mi ha chiamato dicendomi che così non avrebbe funzionato, che dovevamo continuare insieme. È una persona che ha le sue abitudini…» Ecco come Franck Alaphilippe ha mantenuto il controllo su suo cugino senza che nessuno all’interno della gigantesca squadra Quick-Step avesse nulla da ridire.
E soprattutto non il corridore: «Oggi reggo bene le gare importanti, mi sento in ottima forma. È il lavoro che paga, ma con Franck non abbiamo ancora raggiunto i nostri limiti. Quello che sta succedendo quest’anno dimostra solo che ci sono ancora tante strade da esplorare, territori da scoprire e un ampio margine di miglioramento. Ma soprattutto, spero che continueremo a lavorare insieme ancora a lungo. Perché è fantastico vivere momenti come questi con un membro della propria famiglia. In ogni caso, io ne ho bisogno.»
Franck esce dall’ombra
Per capire meglio come funziona questa coppia, bastava incontrarli alla partenza di una tappa dell’ultimo Tour de France, mentre bevevano un caffè a pochi minuti dalla partenza. Franck era presente alla gara in qualità di responsabile dell’ospitalità e delle relazioni pubbliche per la ASO, l’organizzatore: «Non sono in gara, ma solo alle partenze e agli arrivi. Con Julian ci sentiamo tutte le sere. Ci scambiamo messaggi, ci chiamiamo, scarico il suo ciclocomputer e i dati telemetrici della giornata per vedere se è tutto a posto…» Tutti l’hanno notato: «Loulou», uno dei soprannomi di Julian, era al massimo della forma. Al punto che alcuni lo hanno indicato come futuro vincitore del Tour de France! Di conseguenza, Franck Alaphilippe, che ha sempre amato particolarmente l’ombra e la discrezione, anche ai tempi in cui era un ottimo corridore regionale, ha dovuto andare contro la sua indole per rispondere alle numerose richieste dei media, curiosi di aneddoti e piccoli segreti sul suo talentuoso cugino.
«Non mi aspettavo di essere chiamato così spesso. E io che non ne vado pazzo, questa volta mi hanno proprio viziato». Ma tutto ciò contribuisce al successo di Julian che, mentre confermava la sua crescente popolarità nel circuito dei criterium, si è aggiudicato anche la Clásica di San Sebastián. «L’ho fatta sfruttando la forma acquisita al Tour, ma ero stanco… Ora tornerò gradualmente alle competizioni con i giri di Gran Bretagna e della Slovacchia», ci ha confidato a fine agosto. «Ci andrò senza particolari ambizioni, se non quella di concludere bene la stagione». E perché non tentare un nuovo grande colpo ai campionati del mondo di Innsbruck il 30 settembre? «So che avrò un ruolo importante da svolgere. Ma la stagione è stata lunga e impegnativa. Vedremo come andrà durante la gara». Lo scorso luglio, senza entrare nei dettagli, Franck aveva accennato brevemente ai mondiali. A riprova del fatto che l’appuntamento era già ben presente nella mente dei due cugini del Berry.
Franck, cugino e allenatore…
Franck Alaphilippe, che ha militato nelle file dell’UC Châteauroux, non è solo l’allenatore di suo cugino Julian. Durante tutto l’anno, è anche (e soprattutto) il responsabile del centro di formazione ciclistica di Saint-Amand-Montrond, dove allena i futuri campioni. Julian va regolarmente a trovarli per scambiare due chiacchiere con loro. Franck non nasconde che questo sostegno sia fondamentale per la quindicina di giovani corridori di cui è responsabile. Da quando ha assunto la guida del centro di Saint-Amand, Franck ha visto emergere lo sprinter Marc Sarreau (Groupama-FDJ) e Romain Combaud (Delko-Marseille Provence). È quello che si dice avere fiuto…
(*) Berrichon: in francese, la parola berrichon (al femminile berrichonne) significa "del Berry" o "abitante del Berry". Si tratta quindi dell'abitante della storica provincia francese del Berry, situata nel centro della Francia.
Oltre a indicare la popolazione locale, il termine può riferirsi a:
- il dialetto berrichon, una variante linguistica un tempo parlata in quella regione.
- razze animali originarie della zona, come la pecora Berrichon du Cher. [ndr]
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