Julian Alaphilippe, un palmarès immense


PHOTOS : Nadine Maréchal, Olivier Chabe/ASO, 
Marco Bertorello/AFP et Geoffroy van der Hasselt/AFP
Berry

22 Aug 2026 - Le Berry Républicain

Retour en images sur la carrière hors normes de Julian Alaphilippe, enfant de Saint-amand-montrond, devenu double champion du monde de cyclisme. Un parcours fait de cyclo-cross, d’amitiés, de journées en jaune et d’amour du public.

Le cyclo-cross
Là où tout a commencé

Après avoir découvert le vélo au pied de son immeuble à Désertines (Allier), Julian Alaphilippes’est mis à écumer les courses aux quatre coins du Cher, son père, Jo, en profitant pour retrouver de vieux copains dans des bals musettes que le coureur évoque dans son interview de fin de carrière, donnée sur le site internet de Tudor, son équipe. C’est sous les couleurs de L’US Florentaise (avec Julian Alaphilippe à gauche et Romain Combaud à droite) que Julian Alaphilippe a commencé à se distinguer, notamment en cyclo-cross. Lors de l’hiver 2009, il enchaîne une victoire en Coupe du monde juniors à Zolder (Belgique) et une médaille d’argent mondiale. Son acte de naissance au haut niveau. Dans une discipline qui a construit son profil futur. « Sa tolérance au lactique, il l’a toujours eue, témoigne Franck, le cousin et entraîneur. On l’a découvert par le cyclo-cross. C’est un effort violent et répété. C’est comme ça que son profil de puncheur s’est construit. Julian s’en est très vite rendu compte, c’est pour cette raison qu’il a choisi de bâtir sa carrière autour des courses d’un jour. »

Génération dorée
Elle a dû se faire sa place

Ils ont désormais la trentaine bien entamée. Bryan Alaphilippe (né en 1995), Marc Sarreau (1993), Romain Combaud (1991) et Julian Alaphilippe (1992, de gauche à droite) ont tous les quatre représenté le Cher au niveau professionnel. Pour ces quatre coureurs passés entre les mains de Franck Alaphilippe, le cousin et homme de toujours pour le double champion du monde, le parcours pour atteindre le haut niveau fut semé d’embûches. Y compris pour Julian Alaphilippe : blessure longue durée, absence de proposition des équipes françaises, exil en Belgique. C’est là, après une expérience à l’armée de Terre, que Julian Alaphilippe a pu passer pro. Au sein de la structure de Patrick Lefevere. L’endroit où le natif de Saintamand-montrond a construit tous ses plus grands succès. Et le plus beau palmarès du cyclisme français au XXIE siècle.

Le Tour, une histoire d’amour
Dix-huit jours avec le maillot jaune

Le Tour de France 2019 a donné des frissons à tout un pays. D’abord cette première victoire d’étape à Épernay, où Julian Alaphilippe a endossé le maillot jaune pour la première fois de sa carrière. Puis malgré l’accroc de la Planche des Belles Filles, le Français s’est battu pour reprendre le maillot et le défendre, avant de se classer cinquième au final. Sa victoire en contre-lamontre à Pau et ses quatorze jours en jaune restent gravés dans l’histoire du cyclisme français. Un moment que le Saint-amandois a partagé avec son entraîneur de toujours, artisan de ses réussites, son cousin Franck Alaphilippe. Ce maillot jaune, Julian Alaphilippe l’a retrouvé les deux années suivantes, pour un total de 18 journées dorées, agrémentées de six victoires d’étapes entre 2018 et 2021. Le Berrichon fait aussi partie des 115 coureurs à avoir gagné sur les trois Grands Tours (France, Italie et Espagne).

La fin d’une carrière Une dernière ovation à Montmartre « Il n’y a rien d’officiel, mais il ne faut pas s’attendre à me revoir. » La petite phrase lâchée par Julian Alaphilippe au sortir d’un Tour de France 2026 traversé comme une ombre, en tout cas à des années-lumière du niveau qui était le sien quelques années en arrière, n’était donc pas qu’une simple déclaration sous le coup de l’émotion. Il quitte le peloton, sur cette dernière Grande Boucle sans saveur. Lors de la dernière étape du Tour, alors qu’à l’avant de la course, Tadej Pogacar et Mathieu Van der Poel se livraient une bataille épique, Julian Alaphilippe, lui, s’est laissé décrocher du peloton pour gravir la rue Lepic, la célèbre artère de Montmartre, seul. Le coureur de la formation Tudor n’a pas hésité à chauffer le public, qui lui a réservé une magnifique ovation. Ses derniers tours de roues.

Sur le toit du monde 
L’homme d’un jour

Deux titres de champion du monde, d’affilée, aucun autre coureur français ne l’a fait. Entre Imola 2020 et Louvain 2021, peu de différence si ce n’est l’année. Deux victoires en solitaire après des attaques tranchantes, marques de fabrique du Bourbonnais. L’émotion était de rigueur, 23 ans après Laurent Brochard, dernier vainqueur tricolore. Homme d’un jour, Julian Alaphilippe compte six podiums sur les Monuments. Dont une victoire sur Milan-san Remo, en 2019. Son seul monument, l’un des succès les plus mémorables, obtenu grâce à un sprint en petit comité. Et puis il y a la Flèche Wallonne. Cette classique ardennaise, Julian l’a remportée trois fois (2018, 2019 et 2021) après deux deuxièmes places (2015 et 2016) derrière Federico Valverde. Les pourcentages du Mur de Huy ont longtemps été son terrain de jeu favori.

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