Céline Dion à l’heure du grand retour


LIONEL URMAN/BESTIMAGE 
La star internationale Céline Dion devant le Royal Monceau, à Paris, le 6 septembre.

Ce samedi à 20 heures, la star lance sa série de 16 concerts. Un événement mondial qui va rapporter plus de 1 milliard d’euros à Paris.

Céline Dion ne se produira pas 90 minutes comme à Las Vegas mais deux heures. Avec l’aide de son fidèle chef d’orchestre, Scott Price, et du scénographe Willo Perron, elle a prévu un show mené tambour battant

12 Sep 2026 - Le Figaro
Léna Lutaud

Ce samedi soir, la star québécoise revient sur scène pour 16 concerts après six ans d’absence. Un événement mondial qui rassemble des centaines de milliers de fans à Paris et offre des retombées économiques sans pareilles. La nuit tombe sur Paris. La magnifique vasque olympique s’élève lentement au-dessus des Tuileries. Un mystérieux message attire l’oeil. « J’irais décrocher la lune », lit-on en clin d’oeil aux paroles de l’hymne à l’amour d’édith Piaf. Dans les jardins, le photographe de Céline Dion attend le moment magique où la tour Eiffel scintillante apparaîtra derrière la vasque. Son cliché va faire le tour du monde. À la veille de son grand retour sur scène à la Plenitude Arena, la chanteuse fait savoir qu’elle est prête à retrouver le sommet de son art. Après ses graves ennuis de santé, c’est un événement mondial. Arrivés d’amérique du Nord, les envoyés spéciaux multiplient les reportages dans Paris. Jusqu’au 17 octobre, Céline Dion va assurer 16 concerts devant plus de 560 000 spectateurs. Ce come-back d’une star très aimée est une parenthèse délicate dans un monde à l’actualité glaçante.

Ce 12 septembre, Céline donnera le coup d’envoi du premier concert à 20 heures. On ne sait pas encore si elle fera une entrée spectaculaire façon Las Vegas ou toute en émotion, mais il est certain que les 35 000 spectateurs se lèveront d’un bond pour une longue standing ovation. Comme aux karaokés géants du Grand Rex cette semaine, les spectatrices seront habillées à la manière de Céline avec robes à strass, brushings en cascade et paillettes sur le visage. Aux abords de la Plenitude Arena, la sécurité sera maximale. Beaucoup de fans qui n’ont pas obtenu de billets veulent quand même « en être » et s’immerger dans la dionmania. Un nombre record de stars internationales seront présentes. Outre ses fils, Céline sera soutenue par ses amis français, dont Michel Drucker.

En la voyant si maigre avec ses cheveux coiffés en petit chignon devant le Royal Monceau, on veut y croire. Sa maladie de la personne raide est toujours là mais les crises qui déclenchent des spasmes impressionnants sont maîtrisées. Les éléments déclencheurs, comme la fatigue et le stress, sont gommés de son quotidien. En discutant joyeusement tous les jours avec ses fans, en se maquillant davantage et en portant des perruques ou des extensions, elle provoque un effet « waouh » et démontre qu’elle va nettement mieux. Ce retour, «c’est le meilleur cadeau de toute ma vie », dit-elle.

Cette fois, Céline Dion ne se produira pas 90 minutes comme à Las Vegas mais deux heures. Avec l’aide de son fidèle chef d’orchestre, Scott Price, et du scénographe Willo Perron, elle a prévu un show mené tambour battant. Tout a été pensé pour lui éviter un surcroît de fatigue : médecins disponibles, parcours fluide entre le Royal Monceau et la Plenitude Arena, aucune interview, aucun « meet & greet » (rencontre avec des invités en loge) et chemin le plus rapide possible entre sa loge et la scène. La note finale d’all by Myself est toujours micro ouvert, elle y tient. Néanmoins comme Beyoncé, Madonna ou Lady Gaga, elle a probablement récemment enregistré ses chansons avec leurs nouveaux arrangements. Sa voix est restée magnifique et le jour J, elle peut juste chanter par-dessus. Le public n’y verra rien et l’émotion sera intacte.

Dans sa loge, trône déjà un impressionnant bouquet de pommes d’amour.

Un geste affectueux des Red Heads, un collectif d’admirateurs qui la suit depuis deux décennies. Transformé en « Dioncity », Paris attend 1 milliard d’euros de retombées économiques. Les hôtels sont pris d’assaut. Les stands Céline à la Fnac et aux Galeries Lafayette (1) ne désemplissent pas. Idem pour les vans Uber siglés «karaoké Céline». Selon Trainline, application de réservation de train et de bus en Europe, le nombre de passagers vers Paris a doublé grâce à Céline : «Avec +420% depuis Zurich, +206% depuis Barcelone, Londres, Valence, Stuttgart, les fans sont vraiment prêts à se déplacer pour vivre ce retour exceptionnel. »


(1) Lire aussi « La bataille des marques autour des produits dérivés à la gloire de Céline Dion » sur lefigaro.fr

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Ambiance détendue au QG des Red Heads, 
vendredi, à Paris.

« Paris va devenir Dioncity » : les Red Heads, ces fans qui font monter la Dionmania

12 Sep 2026 - Le Figaro
L. L.

Du nid d’aigle qu’ils louent au centre de Paris, la vue sur les toits de la capitale est à couper le souffle. Arrivés avec leurs fameuses casquettes rouges de Montréal, d’Oslo, d’Avignon et de New York, le noyau dur des Red Heads a convergé vers la capitale dès le 20 août. « Céline est de retour et nous aussi ! », lance leur chef de file, Line Basbous. Oubliez les sosies de Johnny Hallyday et les fans vindicatifs de Michael Jackson. De toutes les stars internationales, Céline Dion est la seule à avoir des admirateurs aussi structurés. À J-7 du lancement de sa résidence mondiale à la Plenitude Arena, l’ambiance dans le QG des Red Heads est à la fois chaleureuse et extrêmement concentrée.

Leur culture est nordique. De style gustavien, les murs sont couverts de faïence couleur crème. Dans l’entrée près du piano, chacun a enlevé ses chaussures. Une dizaine de fans, le noyau dur, venus préparer l’arrivée des 1 000 venus exprès pour les premiers concerts. Dans les six chambres à l’étage, certains se remettent du décalage horaire. Autour de la table d’hôte en bois rustique, chacun se sert un café. On éclate de rire en découvrant les tasses « J’peux pas, j’ai Céline. Red Heads. Paris 2026». Dans le salon, Jérémy savoure « le bonheur de se retrouver en nombre. Ces six dernières années, à cause de sa maladie, le syndrome de la personne raide, Céline s’était retirée des regards. Aux avant-premières des films à Montréal, Paris et New York, nous étions entre 300 et 500 pour Aline, de Valérie Lemercier, et Je suis: Céline Dion, le documentaire poignant d’irène Taylor. Aux JO, où le suspense de sa venue a tenu jusqu’au dernier moment, nous étions 50 à la regarder à la télévision dans un café au pied de la tour Eiffel. Cette fois, cela n’a rien à voir. »

Pour Kristine, arrivée de Stavanger, dans le Grand Ouest norvégien, « c’est un peu bizarre. Nous n’avons pas vu Céline chanter depuis six ans, mais avec toute cette frénésie, j’ai l’impression que c’était hier.» Line Basbous renchérit : «Dès la semaine prochaine, Paris va se transformer en Dioncity. Plus de 1 000 Red Heads vont déferler. Même ceux qui n’ont pas réussi à avoir de billets veulent être là. »

Pour cette marée humaine et pour tous ceux qui ne pourront pas se déplacer, les plus impliqués de l’organisation ont imaginé une série d’événements. Une partie de l’équipe enregistre des podcasts pour Céline City, leur média « par les fans pour les fans ». Infirmier libéral, Tanguy s’improvise journaliste. Il se débrouille comme un chef. Casque sur les oreilles, Line Basbous est à la technique. Dans la vraie vie, elle organise des marchés de Noël et des guinguettes à Montréal. Outre une application très bien faite avec une visite guidée dans Paris de vingt lieux liés à la chanteuse, ses troupes finalisent une Warm Up Party gratuite dans le Marais, un After Show au Pavillon Wagram, un partenariat avec les croisières Céline sur la Seine, une ligne de produits dérivés…

Pour nourrir leurs réseaux sociaux, les Red Heads ont leurs « chasseurs ». Ceuxlà traquent la moindre information sur la star mais sans jamais l’importuner. Dans la nuit du 27 au 28 août, ils ont suivi sur Flightradar24 le vol de son jet privé de Las Vegas jusqu’à son atterrissage sur le tarmac du Bourget. Devant le Royal Monceau, où elle réside, Céline Dion discute de bon coeur avec eux. Postée sur les réseaux sociaux des Red Heads, chacune de ces vidéos génère 250 000 vues. «En une semaine, nous avons 7 millions de clics supplémentaires sur nos réseaux sociaux, souligne Line Basbous. Nous contribuons à l’émulation autour de Céline. Nous complétons ce qui existe déjà. »

Au QG, le téléphone sonne sans arrêt. Comme Céline Dion ne donne aucune interview, CNN comme le New York Times se rabattent sur les Red Heads.

«La nouvelle génération de grands reporters et rédacteurs en chef aux commandes adore Céline », se félicite Line Basbous. Avec les équipes de la chanteuse chez Sony Music (albums) et AEG (concerts), les Red Heads ont une relation strictement professionnelle.

« On se parle d’organisation à organisation. Nous ne leur demandons pas d’informations et surtout pas d’argent», explique Jérémy Parayre, qui a dirigé le magazine Télé7 jours pendant quinze ans et publie ces jours-ci Céline Dion, album par album, un beau livre chez Gründ. Pour cette résidence mondiale, où il était quasi impossible de décrocher un billet, la production leur a quand même mis de côté 2000 billets au parterre à 300 euros pièce.

Une bande qui se connaît depuis deux décennies

Cette joyeuse bande se connaît depuis deux décennies. Quadragénaires, beaucoup sont cadres, opticiens, avocats. Chez les Red Heads, c’est comme à La 59e Légion, des passionnés de Star Wars, il y a des mariages. Sébastien et Aline se sont rencontrés au concert de Nice en 2008. Ils se sont mariés, en présence des Red Heads, le 17 mars 2011 à Vegas. «Mais le bébé, on l’a fait tout seuls, sans les Red Heads, et il ne s’appelle pas RC ni Nelson ni Eddy, comme les trois garçons de Céline, mais Baptiste », nous racontait Sébastien en 2023.

Les débuts des Red Heads doivent beaucoup à la passion et au hasard. Ils n’étaient pas nés aux débuts de Céline, en 1981, et ils étaient trop jeunes pour l’avoir vue au Stade de France en 1999. « Nous sommes la seconde vague de fans de Céline, détaille Cédric. Nous avions entre 7 et 15 ans quand elle a explosé au milieu des années 1990 avec Jeanjacques Goldman. » À l’orée des années 2000, leur idole ayant arrêté de voyager, pour la voir sur scène, il faut traverser l’atlantique et rejoindre Las Vegas. « Tiktok et Insta n’existaient pas. On s’est rencontré à l’ancienne, sur les forums où l’on cherchait les bons plans pour voyager le moins cher possible», se souvient Line Basbous.

La naissance de l’organisation actuelle remonte au 7 juillet 2008. Céline Dion a quitté momentanément Vegas pour partir en tournée mondiale. À Arras, elle offre un concert mémorable. Aux premières notes de My Love, des spectateurs agitent des ballons rouges. « On s’était passé le mot sur les forums, se souvient Cédric Dupraz, directeur d’école dans l’ardèche. Une trentaine d’entre nous ont acheté 400 ballons chacun et nous les avons distribués. » Sous le vent, ils s’envolent. Céline Dion s’arrête pour admirer le spectacle tandis que ses musiciens jouent avec les ballons échoués sur scène. Son mari et producteur, René Angélil, fend aussitôt la foule et se renseigne. Né au Québec de parents syriens, l’homme possède une intelligence redoutable. « C’était une main de fer dans un gant de velours, se souvient Jeanpierre Pasqualini, directeur artistique de la chaîne vintage Mélody. Il était très puissant, mais doux et compréhensif, comme savent l’être les Orientaux, et traitait tout le monde sur un pied d’égalité. Il était l’opposé des managers plus star que la star. » Cette marée de ballons aura sa place dans le DVD de la tournée.

En rentrant à Paris, Laure Hestin et Line Basbous, trentenaires décidées, fondent le siège du mouvement à Paris. René Angélil leur donne ses coordonnées : « Si vous passez au Québec, faitesmoi signe», leur dit-il. « L’année suivante, à Montréal en 2009, nous voulions nous retrouver facilement dans

la foule. Nous avons commandé des casquettes rouges brodées sur mesure », raconte Cédric. Dès lors, ce couvrechef est codifié. Un drapeau indique le pays d’où vient son porteur. Les clous en bronze totalisent le nombre de concerts auquel a assisté son porteur. Les étoiles symbolisent le nombre de participations aux missions du groupe.

Des amitiés solides

Ces « missions » vont du 1000e concert à Vegas en octobre 2016 à l’avant-première de Love Again sur les Champsélysées en juin 2023. Les Red Heads ont organisé de nombreux voyages collectifs. En 2011, à Las Vegas, contre tout de même 200 000 dollars, « René Angélil nous a ouvert le sound check de Céline. Nous l’avons vue s’amuser avec ses musiciens, chanter des titres inhabituels. À la fin, elle est descendue dans les travées. Nous étions 150 mais elle a serré la main et discuté avec chacun», se rappelle Tanguy. Après les seize ans de résidence de Céline dans la capitale du jeu, la joyeuse bande a fini par bien connaître Las Vegas et le Nevada.

Les Red Heads étaient là au pire moment. En 2016, pour expliquer la mort de René à ses jumeaux, Céline leur avait raconté que « Papa est up » comme dans Là-haut de Pixar. Bouleversés, ils plantent en plein désert des milliers de ballons blancs lumineux. En rentrant chez elle, Céline Dion sort de sa voiture pour les remercier pendant vingt minutes. Puis elle lâche l’un des ballons vers les étoiles.

«C’était presque silencieux comme moment, se souvient Line Basbous. C’était la première fois que nous vivions quelque chose d’aussi intime avec elle. »

Au décès de René Angélil en 2016, les Red Heads sont perdus. « Nous avions récolté des milliers de photos de Céline dans l’idée de bâtir la plus grande fresque du monde à Las Vegas. Sans René, c’est tombé à l’eau», soupire Julien, infirmier à Compiègne (60). Dès lors, le côté si « familial » disparaît, la gestion se fait à l’américaine mais le lien perdure. Au cours de ces années, Céline leur a apporté le goût des voyages, des amitiés solides, l’apprentissage de l’anglais… Line Basbous, comme d’autres, s’est installée à Montréal. À 17 ans, Tanguy a osé quitter sa campagne sarthoise pour une année d’échange au Canada. « Comme Céline, je viens d’une famille modeste avec peu d’accès à la culture. Son histoire m’a démontré que tout était possible. On n’est pas obligé de rester là où on est né et de faire la même chose que ses parents. Céline m’a appris à me surpasser, à beaucoup travailler.» Et d’ajouter: « Elle m’a aussi ouvert au cinéma et à la musique. Quand elle a parlé de la Callas, je suis allé écouter. De Pink à Grand Corps Malade en passant par Xavier Dolan, je repère avec qui elle travaille et, de fil en aiguille, je m’enrichis. »

Ce 12 septembre, quand le rideau se lèvera pour la première fois à la Plenitude Arena, 500 Red Heads seront au pied de la scène. Ce concert historique, ils veulent le vivre ensemble. Sur une chanson donnée, ils lanceront en l’air leurs casquettes rouges. Comme toujours, Céline leur adressera un clin d’oeil discret. Jusqu’au dernier concert, prévu le 29 mai 2027, elle pourra compter sur eux. Et après ? Kristine espère la revoir bientôt à Las Vegas, « où nous avons tous tant de bons souvenirs », et à Montréal. « Elle ne fera probablement plus jamais de tournées mondiales, mais elle optera pour des résidences dans des grandes villes, croit savoir Tanguy. Cette série de concerts à Paris est un test grandeur nature. Elle va voir ce qu’elle est capable d’endurer et sur quel rythme. »

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« L’accueillir est une publicité exceptionnelle » l’hôtellerie de la capitale fait le plein :

12 Sep 2026 - Le Figaro
Mathilde Visseyrias

Elle s’y sent comme à la maison. Quand elle vient à Paris, Céline Dion a ses habitudes au Royal Monceau Raffles Paris, un palace appartenant à Accor, situé à deux pas de l’arc de triomphe. Difficile de ne pas être au courant. Depuis qu’elle a atterri dans la capitale le 28 août, la star fait toutes ses apparitions devant l’hôtel. Un jour, elle esquisse avec des fans quelques pas de danse, un autre elle entonne l’air de Pour que tu m’aimes encore… Lundi, elle leur a présenté son chien Madison, un caniche miniature lui aussi client du Royal Monceau.

De nuit comme de jour, des dizaines d’admirateurs guettent la sortie de la star, attroupés sur le trottoir, au niveau du 41 de l’avenue Hoche. C’est là que se trouve l’entrée des appartements de prestige du Royal Monceau. Céline Dion, venue avec son impressionnante garderobe, y séjournera pendant toute la durée de sa série de concerts. Plusieurs étages ont été privatisés pour elle et son équipe, une vingtaine de personnes, ses maquilleurs, son équipe médicale, ses agents de sécurité… en plus de ses jumeaux Eddy et Nelson.

Sur un étage entier, Céline Dion occupe la «suite présidentielle Raffles», la plus vaste. Cet appartement d’environ 300 m2, est doté de trois chambres, une cuisine équipée, une salle à manger. Aménagé dans un style contemporain signé Starck, il dispose d’une salle de fitness. Le prix de cette luxueuse suite se situerait aux alentours de 20 000 euros la nuit. Mais la chanteuse québécoise bénéficie d’un tarif ultraprivilégié.

« Céline Dion est très attachée au Royal Monceau, car elle y est souvent venue avec son mari, raconte un bon connaisseur. Elle a toujours été très chouchoutée par les équipes. La dernière fois qu’elle y est venue, c’était pendant les JO de Paris 2024. » À l’époque, cette suite était occupée par Lady Gaga. « Il y a quelques mois, il a été envisagé que Céline Dion séjourne plus au calme dans une maison près de Paris, confie Laurence Pieau, auteur avec Hervé Tropéa de la biographie Céline Dion : la vraie histoire (Robert Laffont), rédactrice en chef people de Paris Match. Céline a insisté pour descendre au Royal Monceau, qui lui procure un environnement sécurisant. »

Tous les palaces de Paris ont tenté de la faire venir, sans succès. « L’accueillir est une publicité exceptionnelle, même si c’est compliqué pour les autres clients», déclare François Delahaye, directeur des opérations de la Dorchester Collection, propriétaire à Paris du Plaza Athénée et du Meurice. Il reste un homme heureux : «Grâce à elle, tous les palaces de Paris sont pleins, avec des prix de chambres pouvant dépasser 2000 euros la nuit et énormément d’anglais et d’américains. »

Succès garanti

Traditionnellement, septembre est un mois chargé pour l’hôtellerie parisienne, grâce à la clientèle d’affaires des salons et des congrès professionnels. La rentrée 2026 est exceptionnelle. L’agenda était déjà chargé. La venue de Céline Dion, c’est la cerise sur le gâteau. « Avant l’annonce fin mars de sa série de concerts, nos 200 hôtels dans Paris et sa petite couronne étaient déjà bien réservés, déclare Jean-claude Balanos, en charge des opérations Accor en France, pour les marques économiques à premium (Ibis, Pullman, Novotel…). Grâce à Céline Dion mais aussi au pape (il sera à Paris les 25 et 26 septembre, NDLR), le nombre de réservations progresse de 11% en Îlede-france et 18,5 % à la Défense, par rapport à septembre 2025.» Les arrivées de Canadiens (+78%) et d’américains (+ 33 %) dans les établissements 4 étoiles (Novotel, Mercure, Pullman) s’envolent.

Le géant américain Marriott a fait de l’événement un rendez-vous exceptionnel pour ses clients. Partenaire hôtelier officiel pour Céline Dion Paris 2026 avec son programme de fidélité Marriott Bonvoy, il affiche des croissances à deux chiffres : l’occupation de ses 18 hôtels dans Paris a augmenté de 10% en septembre et octobre par rapport à 2025. En échange de points de fidélité, il a offert des « expériences exclusives autour de Céline» : billets premium pour les concerts, visite des coulisses de la Plenitude Arena… Succès garanti. Un client a dépensé plus de 1,6 million de points de fidélité pour assister en VIP au concert du 16 septembre.

Dans son ensemble, l’hôtellerie parisienne affiche un taux d’occupation quasi stable autour de 65 %, sur la période du 10 septembre au 20 octobre. Le prix moyen augmente, lui, de 12% par rapport à 2025, « proche de 250 euros », selon le cabinet spécialisé MKG. Les concerts de Céline Dion ayant lieu à la Plenitude Arena, les adresses de Nanterre et La Défense font carton plein. Toujours selon MKG, leur taux d’occupation oscille de 50 % à 80 %. Quant au prix moyen, il grimpe de 20% à 120% par rapport à 2025.

«En septembre et octobre, nous avons l’habitude de faire le plein en semaine, précise Romain Folliot, directeur de l’hôtel Tribe Paris La Défense, un hôtel 4 étoiles de 184 chambres, situé à une vingtaine de minutes à pied de l’arena.

Grâce aux fans de Céline Dion, nous sommes complets les week-ends avec des prix compris entre 160 et 250 euros la chambre, en augmentation de 40 à 50 euros. » Situé juste en face de la Plenitude Arena, l’hôtel Okko Paris La Défense (184 chambres, 4 étoiles) est certainement le mieux placé de tous. Grâce à une clientèle internationale inhabituelle (britannique, belge et néerlandaise en tête), il se prépare à vivre deux mois record. « Comme nous l’avions fait avec Taylor Swift en mai 2024, l’hôtel va devenir un ambassadeur de Céline Dion, témoigne Jorge Robles, son directeur.

Avant ses concerts, une chanteuse reprendra le répertoire de la star. Nous ouvrons aussi un espace de karaoké. » Céline Dion appréciant le beurre de cacahuète et le houmous, ils ont été ajoutés à la carte du petit déjeuner.

***


TF1-CHOGNARD/SIPA 
Jean-jacques Goldman et Céline Dion, lors de l’enregistrement 
de l’émission « La Spéciale Céline Dion », le 17 mars 2002, sur TF1.

Quand Jean-jacques Goldman faisait déchanter Céline Dion

La chanteuse a vu sa carrière transformée par sa collaboration avec la personnalité préférée des Français. Leur amitié est vieille de trente ans.

« Quand j’ai lu ses textes et écouté les musiques, 
je me suis demandé comment il était possible d’écrire 
comme ça, sans me connaître ! » 
   - Céline Dion Chanteuse

12 Sep 2026 - Le Figaro
Olivier Nuc

On peut régulièrement voir Jean-jacques Goldman assister aux concerts parisiens de ses confrères et amis. Très discret, l’auteurcompositeur-interprète n’y attire pas l’attention, mais répond gracieusement aux marques d’affection que lui porte le public. En retrait de la scène depuis 2004, le champion de la chanson française des années 1980 et 1990 continue de se tenir informé de l’actualité musicale. Il sera certainement présent à l’un des concerts qu’assurera Céline Dion dans notre capitale à partir du samedi 12 septembre. Là encore, il se faufilera discrètement à sa place pour assister au spectacle.

Au-delà de leur très fructueuse collaboration, les deux artistes entretiennent une belle amitié depuis plus de trente ans. Ces deux-là se sont croisés pour la première fois à la fin du mois de janvier 1983 au Midem de Cannes, mais le contact n’a alors pas été établi. À cette époque, tout sépare l’interprète de Comme toi, trentenaire et déjà père de famille, de la jeune fille de 14 ans qui représente le Canada avec la chanson D’amour et d’amitié. Ce séjour français est marqué par sa première apparition sur le plateau de Michel Drucker, fidèle parmi les fidèles.

Bien vite, Goldman commence à suivre la carrière de la jeune femme, dont il apprécie le timbre et admire la force de travail. Chanteur, Jean-jacques Goldman l’est devenu par défaut. Après l’aventure du groupe Taï Phong (trois albums entre 1975 et 1979) et une poignée de 45-tours passés totalement inaperçus, le jeune homme travaille dans le magasin de sport familial et vise à placer les chansons qu’il écrit et compose auprès d’interprètes chevronnés. Ce plan ne marche pas, l’obligeant à interpréter ses titres lui-même.

L’homme est sensible aux chanteurs à voix. Il lui faudra pourtant attendre 1986, et l’album Gang, pour écrire et composer un album en entier pour un autre, Johnny Hallyday. Avant cela, Jean-jacques Goldman estimait ne pas avoir la notoriété suffisante pour le faire. C’est à la fin des années 1980 et aux débuts des années 1990 que ce trousseur de tubes commence à fournir des titres à succès à des interprètes comme Patricia Kaas, Florent Pagny, Patrick Fiori ou Khaled, parfois sous son vrai nom, d’autres fois sous le pseudonyme de Sam Brewski.

C’est à visage découvert qu’il propose à Céline Dion une rencontre autour d’un déjeuner en 1994. « Cela faisait pas mal de temps que je souhaitais écrire pour elle, bien qu’elle connut le succès planétaire avec The Power of Love. Un auteur-compositeur rêve toujours des plus belles voix pour épouser ses textes et ses musiques. C’est moi qui ai fait la démarche », expliquait-il quelques années plus tard. En ce milieu de la décennie 1990, Jean-jacques Goldman est au sommet de sa popularité. Il vient de sortir l’album Rouge avec ses comparses Carole Fredericks et Michael Jones. Le rendez-vous avec Céline Dion est pris un jour d’avril dans un établissement proche de l’opéra, à Paris. La jeune femme y est accompagnée par son producteur et futur époux, René Angélil. Le charme opère si bien que Goldman se lance, et leur propose d’écrire quelques textes de chansons cousus main. Céline Dion, prudente, demande à voir. Elle est alors loin de s’imaginer à quel point cette rencontre va être déterminante.

Goldman consacre les mois suivants à étudier la vie et la carrière de la chanteuse afin d’être au plus près de sa voix et de sa personnalité. Il se fait envoyer une abondante documentation du Québec, visionne chacun de ses passages télé, étudie les concerts et réfléchit à la meilleure manière d’aborder ce travail. Il lui faudra près d’un semestre avant de commencer à écrire la moindre note et consigner le moindre mot. C’est l’écoute des maquettes qui convainc définitivement l’interprète que Goldman est l’homme de la situation. « Quand j’ai lu ses textes et écouté les musiques, je me suis demandé comment il était possible d’écrire comme ça, sans me connaître ! Je lui ai posé la question. Il a beaucoup lu et écouté sur moi. Vérités ou mensonges, émissions de radio, de télévision… Il a fait un super travail de recherche », expliquera la star québécoise, soufflée.

En studio, à Paris, Jean-jacques Goldman amène son ami Erick Benzi, qui vient de réaliser ses deux derniers albums. Le plus grand secret entoure les séances de travail. Jean-jacques Goldman a une idée bien précise de ce qu’il veut obtenir. « Au moment où je l’ai rencontré, où je voulais l’impressionner, que je lui donnais toutes mes cordes vocales et toutes les notes que je pouvais chanter, il m’a dit : “Tu sais, ce serait bien si tu déchantais…”» expliquera Céline Dion. Comme beaucoup de personnes, Goldman trouve que la chanteuse en fait parfois trop vocalement. Son grand apport est de lui enseigner que le chant n’est pas une compétition sportive, et qu’il faut oublier la technique pour viser l’émotion. « Chante comme si tu avais un bébé dans les bras », lance-t-il à la jeune femme de 26 ans, pas encore mère de famille. Goldman insiste aussi pour moderniser sa diction, et l’incite à arrêter de rouler les « r ». Bien plus qu’un simple auteur-compositeur, il fait office de coach. L’enjeu est de taille : consolider la carrière francophone d’une artiste déjà établie en langue anglaise.

L’album D’eux sort le 28 mars 1995, près d’un an après la première rencontre entre le Français et la Québécoise. Pour que tu m’aimes encore s’installe durablement à la première place du Top 50. Avec ses harmonies et sa mélodie typiquement goldmaniennes, le titre devient un standard moderne de la chanson française. Véritable phénomène commercial, l’album décrochera un record : celui du disque francophone le plus vendu de tous les temps, avec plus de 10 millions d’exemplaires écoulés dans le monde, dont quatre en France. Il reste 44 semaines dans le classement des meilleurs chiffres de vente. « Je pensais que l’album marcherait, mais pas qu’il devienne un tel phénomène », déclarera Jean-jacques Goldman. La collaboration ne s’arrêtera pas là, même si elle n’atteindra plus jamais les mêmes scores. Les albums S’il suffisait d’aimer et 1 fille et quatre types sortent respectivement en 1998 et en 2003. Les types en question sont Jean-jacques Goldman, bien sûr, qui partage le travail avec Erick Benzi, Gildas Arzel et Jacques Veneruso.

Il faudra attendre 2016 pour entendre une nouvelle chanson de Céline Dion signée Goldman. Ce sera Encore un soir, inspiré par la disparition du mentor de la star, René Angélil. En 2021, le confinement inspire Dansons à l’auteur-compositeur, mais les problèmes de santé de la chanteuse retardent la sortie du morceau de cinq ans. On ne sait pas encore si Céline Dion interprétera d’autres chansons de son ami de trente ans. Mais leur travail en commun aura engendré pas moins de 26 titres, dont bon nombre figurent encore au répertoire de la star.

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