Evenepoel envoie un signal


Remco Evenepoel, vainqueur devant Giulio Ciccone hier, 
peut mimer une longue-vue : les Mondiaux ont lieu les 20 et 27 septembre, à Montréal...

Le Belge de Red Bull-Bora-Hansgrohe s’est imposé au terme d’un sprint à deux devant Giulio Ciccone. Son mois de septembre est lancé.

«J’utilise cette semaine pour faire un pas vers l’avant»
   - REMCO EVENEPOEL 

12 Sep 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO

QUÉBEC (CAN) – « Terre ! » Dans une version moderne de Jacques Cartier découvrant ce qui deviendra la ville de Québec au bout de son deuxième voyage par-delà l’Atlantique, Remco Evenepoel, pour son second périple sur les Grands Prix au Canada après 2019, a sorti la longue-vue et a aperçu beaucoup de belles choses en perspective. La victoire, déjà, au sprint devant Giulio Ciccone, après avoir animé les derniers tours de circuit dans Québec. D’ autres projets d’exploration, surtout, au moment où le Brabançon de 26 ans lance un mois de septembre qui doit maintenant le conduire au Grand Prix de Montréal, demain, puis sur le contre-la-montre des Championnats du monde, le dimanche 20 septembre, et la course en ligne une semaine plus tard.

Le patron de la formation Red Bull-BORA-hansgrohe n’avait plus couru depuis son succès à la Clásica San Sebastián, le 1er août, et derrière la longue-vue qu’il a mimée hier en coupant la ligne sur les Plaines d’Abraham, il a aussi vu que ses jambes étaient déjà revenues. « J’ai pris quelques jours de repos après la Clasica et depuis, je me suis entraîné en altitude pendant trois semaines et demie, racontait-il mercredi. Je suis content de ma préparation. Le weekend qui arrive, c’est vraiment pour voir où j’en suis… »

Evenepoel l'a dit mais personne ne l’a vraiment cru, son tempérament de compétiteur et de gagneur s’accommodant assez mal de ce détachement à moindre ambition. D’ailleurs, dix minutes plus tard, son discours avait changé. « Dans chaque course, je vais viser le plus haut possible. C’est comme ça que j’aborde chacune de mes courses, je ne vais pas faire différemment maintenant. J’ai des ambitions, c’est clair. Je n’ai pas encore gagné ces deux courses, donc j’aimerais bien les avoir au palmarès » , éclairait-il à propos des deux seules courses World Tour du continent nord-américain.

Sa célébration sur la ligne et son souffle court le long de la rambarde disent beaucoup de sa rage. « Je suis heureux, expliquait Evenepoel. Je n’ai pas eu le sentiment que c’était mon meilleur jour sur le vélo en plus. Il y a encore une marge de progression. J’utilise cette semaine pour faire un pas vers l’avant. Mais c’était bon quand même, sinon je n’aurais pas gagné… »

Seixas, en jambes, s’est un peu fait piéger

Après avoir attaqué à 1,6 km de la ligne, il a réglé le sprint à deux face à Ciccone. Dans cet exercice, il est devenu injouable. À San Sebastián, il avait arrangé Richard Carapaz de cette manière, comme il avait remporté son duel face à Tadej Pogačar lors de la 16e étape du Tour de France au plateau de Solaison (Haute-Savoie) ou à l’Amstel Gold Race en avril face à Mattias Skjelmose.

De son côté, Paul Seixas, à l’attaque à plus de 40km de l’arrivée, s’est montré offensif et en jambes, avant de se faire un peu piéger lorsque Evenepoel a attaqué. Le Français de Decathlon CMA CGM (18e) s’est même fait une frayeur à l’arrivée, victime d’une vague, avant d’envoyer l’Espagnol Juan Ayuso à terre involontairement.

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