Surprise américaine à Montréal


PHOTO AFP - Le cycliste américain Brandon McNulty a franchi la ligne d’arrivée en solo, 
hier, à Montréal, étant couronné champion du monde de la course sur route 
devant des spectateurs qui ont voulu immortaliser le moment.

Brandon McNulty s’est imposé contre les favoris pour devenir champion du monde

28 Sep 2026 - Le Journal de Montréal
MYLÈNE RICHARD

L’Américain Brandon McNulty a surpris en larguant ses concurrents avec une trentaine de kilomètres à faire à la course sur route pour être sacré champion du monde, hier, sous les yeux d’une foule imposante et bruyante à Montréal.

« Je suis perdu, je suis sans mots. Jusqu’aux 100 derniers mètres, je n’y croyais même pas », a admis le timide athlète.

« J’ai fait des blagues à mon épouse. Je savais qu’il y avait quelque chose qui pouvait survenir, mais ça nécessitait un miracle », a-t-il ajouté.

Une heure plus tard, en conférence de presse, McNulty n’y croyait toujours pas.

« Je ne pensais pas que le maillot arcen-ciel était à ma portée, mais les astres étaient alignés », a laissé tomber celui qui a été bien soutenu par ses coéquipiers Quinn Simmons (4e) et Matteo Jorgenson (8e).

Épuisé, presque malade, les « jambes en nouilles », McNulty était sous le choc de l’avoir emporté face à des favoris tels qu’Isaac del Toro (5e), gagnant au Grand Prix cycliste de Montréal il y a deux semaines, Remco Evenepoel (12e), Paul Seixas (15e) ou Wout Van Aert (28e).

DE L’INSTINCT

Vainqueur en solo, McNulty a devancé de 13 secondes l’Australien Michael Matthews et le Néerlandais Mathieu van der Poel au terme d’une intense et spectaculaire épreuve de 273,4 km et au bout de plus de six heures d’efforts.

À l’avant-dernier tour du circuit du mont Royal, le cycliste de 28 ans s’est échappé.

« Ce n’était pas planifié. J’ai suivi mon instinct. Je savais par mes expériences antérieures à Montréal que lorsque les gars étaient un peu fatigués, il y avait une fenêtre. Les autres se regardent et hésitent. Ç’a fonctionné pour moi », a analysé le natif de Phoenix.

McNulty est ainsi devenu le troisième Américain à revêtir le maillot arc-en-ciel après Greg LeMond (1983, 1989) et Lance Armstrong (1993). Ce dernier a ensuite avoué s’être dopé pendant sa carrière.

POUR POGACAR

C’est d’ailleurs la deuxième fois que McNulty triomphe dans la métropole québécoise. L’an dernier, il avait remporté le GP de Montréal lorsque son coéquipier chez UAE Tadej Pogacar lui avait gentiment offert sa première place au fil d’arrivée.

En l’absence du Slovène aux Mondiaux, blessé, la porte était grande ouverte pour couronner un nouveau champion, Pogacar s’étant imposé en 2024 et 2025.

« J’espère qu’il a regardé la course et qu’il est fier », a souhaité son digne successeur.

UN ENDROIT SPÉCIAL

En attendant ses partisans scander « USA, USA, USA », le nouveau champion du monde de cycliste sur route avait l’impression d’être sur ses terres, hier.

« Montréal devient un endroit spécial d’année en année, et ce, depuis 2018. C’est mon circuit préféré », a affirmé McNulty.

« J’adore la ville aussi. Et les gens ont été extraordinaires [dimanche] », a-t-il continué.

Le médaillé d’argent, Michael Matthews a partagé les mêmes impressions, lui qui a obtenu son huitième podium dans la province.

« Québec, Montréal et le Canada ont été de bons pour moi au cours des dernières années. Mon expérience m’a grandement aidé afin de savoir où je pouvais récupérer sur le parcours [dimanche] », a relaté l’Australien de 36 ans.

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