Un premier bilan entre émotion et promesse pour Zinédine Zidane
Zinédine Zidane lors de la victoire de l’équipe de
France sur la Belgique, lundi, au Stade de France.
La première séquence de « ZZ » en équipe de France a été marquée par un vent de fraîcheur, un élan populaire et une réussite sportive.
7 Oct 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez
Clairefontaine, Izmit, Bruxelles, Saint-Denis… Les premiers pas de Zinédine Zidane dans son nouveau costume de patron des Bleus permettent d’y voir plus clair. L’état de grâce est là, la magie opère (stades pleins, audience TV en hausse) et les résultats (trois victoires contre la Turquie et la Belgique, à deux reprises, un nul face à l’italie) offrent une forme de quiétude appréciable pour l’encadrement dirigé par le champion du monde 1998. Tout n’a pas été parfait, loin de là, mais le cadre a été posé, les préceptes entrevus et la revue d’effectif (22 des 23 joueurs convoqués ont débuté un match) a permis d’en savoir plus sur les forces en présence. Bilan d’une première séquence réussie. Et projection sur un futur (très) proche.
Communication et règle de vie : Zidane pose son cadre
Au lendemain du succès renversant contre la Belgique (4-1), lundi, « ZZ » a réuni à Paris tout son staff pour un premier débriefing dès 9h30. Avec une idée simple : effectuer un bilan des quinze premiers jours de vie commune et se projeter déjà sur la suite, qui enverra les Bleus à Milan et à Bordeaux, contre l’italie et la Turquie, le 12 et le 15 novembre, pour clôturer le premier tour de la Ligue des nations (quarts de finale en mars 2027, Final Four en juin). «Je sais déjà qu’ils vont me manquer », a soufflé le nouveau maître des lieux, « frustré », à l’égard de ses joueurs, repartis vers leur club. S’il se refuse à employer le terme de rupture, par respect pour son prédécesseur, Zidane a débarqué en sélection avec des idées très précises et une ferme intention de les appliquer. Cela concerne tous les secteurs, du terrain aux coulisses.
Une communication maîtrisée (moins de points presse à Clairefontaine, aucune interview réalisée du staff et des joueurs, le « 20 Heures » de TF1 refusé par « ZZ »), un désir d’éviter les fuites sur la composition de ses équipes avec un message de discrétion adressé à sa troupe et la volonté de voir son groupe se concentrer sur les échéances à venir. La montée des marches à Clairefontaine est désormais interdite aux caméras et aux appareils photo, les vidéos «inside» de la FFF dans les chambres avec les internationaux sont proscrites. À côté de ça, le téléphone portable est accepté à table. Dans la vie des Bleus, la volonté assumée des nouveaux patrons est d’instaurer une vraie culture club. Sur le terrain et en dehors .
Confirmations et déceptions :
le jeu au coeur du projet
« Je suis animé par le jeu », répète sans cesse le sélectionneur. À l’entraînement, entouré de David Bettoni et de Fabien Barthez, doté d’un staff plus conséquent que celui de Didier Deschamps, Zidane insiste beaucoup sur la technique, la mobilité et le volume de jeu. N’hésitant pas à chausser ses crampons, dévoilant ainsi de sacrés restes du haut de ses 54 ans. Mise en place d’un 4-3-3, volonté de voir une sentinelle être la première rampe de lancement et d’un milieu de terrain au coeur de son projet. La révélation de Côme, Lucas Da Cunha, profil technique à souhait, a marqué des points. Eduardo Camavinga, rafraîchissant, a été sorti du formol après des mois de déceptions. Tandis que Rayan Cherki, utilisé dans une position plus basse qu’à Manchester City, a pris date. Zidane sait que la clé de sa réussite passe par ce secteur de jeu, au regard de la domination espagnole au dernier Mondial, et ne cache pas sa volonté de s’inspirer du Paris SG, référence mondiale depuis deux ans.
En attaque, il a osé décaler Kylian Mbappé à gauche pour mettre Ousmane Dembélé dans l’axe. Pour une réussite relative, tant le Ballon d’or s’est montré emprunté et poussif. Il faudra du temps. À côté du décevant Dembélé, Zidane peut compter sur l’artiste Michael Olise (4 buts, 2 passes décisives), meilleur joueur de la séquence et nouveau taulier de la sélection. Réjouissant, sans compter Désiré Doué ou le retour tant attendu de Kylian Mbappé. Au rayon des satisfactions, impossible de passer sous silence la belle forme de Mike Maignan et les révélations Jérémy Jacquet (Liverpool) et Leny Yoro (Manchester United). Les deux défenseurs de 20 ans ont confirmé que le secteur de la défense centrale a de belles années à venir, contrairement aux postes de latéraux, vraie faiblesse française. «C’est encourageant, et je suis très optimiste pour la suite», a conclu Zidane lundi soir.
Chantiers identifiés :
ce qu’il reste à construire
Si les préceptes de vie commune et de jeu ont été posés pendant quinze jours, la route est encore très longue pour cette équipe de France, pas encore qualifiée pour les quarts de finale de la Ligue des nations. « Tout n’a pas été parfait et c’est normal », admet le sélectionneur, qui a ciblé les axes de progression. « Il faut qu’on s’améliore sur la verticalité, la vitesse à mettre dans les 20, 30 derniers mètres, la présence dans la surface de réparation, énumère-t-il avec précision. Cela va venir, je suis fier de ce que les joueurs ont proposé.»
Le chantier du milieu existe avec les retours possibles d’éléments absents en septembre (Tchouaméni, Zaïreemery). Tout comme celui des latéraux, avec une hiérarchie incertaine à droite (Koundé, Kalulu) et poussive à gauche (Truffert, Diouf). Sans oublier la gestion d’ousmane Dembélé, décevant pendant deux semaines mais défendu par son coach. La question de la connexion et du positionnement avec Mbappé en novembre reviendra animer les débats. Avec une concurrence folle dans le secteur offensif. « L’état d’esprit est là, et je sors content de ce rassemblement», plante « ZZ », qui donne rendez-vous le mois prochain. C’est (presque) déjà demain.
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